L’Œil diapason (Revoir Giraud) / Table à dessein (Revoir Mallet-Stevens)

L’ŒIL DIAPASON (REVOIR GIRAUD)

L’Œil Diapason est un film conçu à partir de captations oculaires réalisées sur une œuvre de la collection du musée : La véranda de la Princesse Mathilde dans l’hôtel de la rue de Courcelles du peintre Sébastien-Charles Giraud (1864).

« La Véranda de la princesse Mathilde dans l’hôtel de la rue de Courcelles », Sébastien Charles Giraud (1819-1892)
Inv. 36323
© Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

À l’aide d’un eyetracker (un oculomètre en français), l’artiste a enregistré le parcours de son œil sur la toile, puis a demandé au compositeur Siegfried Canto de sonoriser ce parcours oculaire. Comme si l’œil, en regardant cette peinture, la redessinait musicalement. Comme si son mouvement était comparable à celui d’un chef d’orchestre. L’œil se pose ainsi sur les objets constituants de la toile et vient les faire résonner, les faire tinter. Un mélange de sons intérieurs (le ressenti du regardeur) et extérieurs (le musée, le laboratoire), de touches concrètes et de résonances électroacoustiques.

Une totale redécouverte de l’œuvre par le son. Une manière de la redonner à voir.

Ce film ‘manifeste’ composé de 3 parties où l’œil est tour à tour un crayon, un diapason et un instrument de musique, est une œuvre tournée vers le futur proche. Un futur où l’œil supplantera le tactile.

TABLE À DESSEIN (REVOIR MALLET-STEVENS)

Pour cette série de dessins expérimentaux, Michel Paysant a réalisé des captures oculométriques (eyetracking) en phase de « rêve éveillé » sur une œuvre de la collection du musée : le plateau de la table à dessin du bureau de Robert Mallet-Stevens (1886-1945).

Table à dessin de Robert Mallet-Stevens (1886-1945)

Le plateau de la table à dessin (en bois) apparaît ici comme un objet de mémoire. Un espace de projection d’idées. Elle devient par là devient table à dess(e)in.

Le processus de contemplation peut être comparable à celui des pierres de rêve (ou pierres à image). Le processus interroge la manière dont nous nous oublions en images mentales, en méditation, en cinéma intérieur lorsque nous dessinons, écrivons, conceptualisons, formalisons un projet devant notre table de travail.

Les dessins font apparaître des constellations de points qui correspondent à autant de points de fixation des yeux sur le support. Des constellations qui renvoient à une cartographie d’idées.

Le traitement de l’œuvre (minimaliste dans l’esprit de son créateur) est censé renforcer la dimension narrative et fictionnelle de cette « œuvre de rêve ».

Les Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris
tél. : +33 (0)1 44 55 57 50