

Né en 1942, il fonde en 1970 le groupe Grapus avec François Miehe et Gérard Paris-Clavel, rencontrés pendant le mouvement étudiant de Mai 1968. Alex Jordan et Jean-Paul Bachollet les rejoignent en 1976. Grapus affirme son intention de « changer la vie », développant dans une même dynamique recherche graphique et engagement politique. En 1990, le collectif décide de cesser ses activités. Pierre Bernard fonde alors l’Atelier de création graphique, avec Dirk Behage et Fokke Draaijer, et signe, entre autres, l’identité graphique du musée du Louvre et celle des Parcs nationaux de France. Aujourd’hui, il dirige l’Atelier de création graphique en répondant à des commandes dans les domaines de l’édition, de l’affiche, de la signalétique et des systèmes visuels d’identité, avec la conviction que le graphisme a une fonction culturelle d’utilité publique.
« À partir de 1968, on a essayé d’exprimer l’engagement des idées à travers les images : on a tenté de leur donner corps, de les inscrire dans une problématique de plaisir, de poésie et d’expression singulière. À nos yeux, il était très important qu’une expression repérable, belle, intéressante ou drôle, soit signée par notre commanditaire politique. Plus la relation entre la signature et l’expression était étroite, plus la communication était forte. Pendant ce temps, la tendance générale s’est inversée : l’expression s’est normalisée, elle est passée principalement par la photographie, puis par des règles d’apparition typographique et logotypique, et enfin par des slogans. »
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« Aujourd’hui, il y a de moins en moins d’affiches dites « sociales », mais les graphistes sont de plus en plus nombreux à faire des affiches dans le monde entier. Il y a des biennales partout, des gens qui s’intéressent aux problèmes sociaux, politiques, culturels, civiques, de santé. »
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« L’image fixe, celle qui se donne à voir sur les supports payants dans les villes, a été extrêmement dévalorisée ces trente dernières années, dans la mesure où nous sommes tenus d’emmagasiner un tas d’images contre lesquelles on se défend ; car si vous adhérez à toutes les images que vous voyez dans la journée, le résultat est terrible. (…) Nous essayons de faire le contraire en décongestionnant tout cela. »
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« Je me sens très éloigné de ce que fait une agence de pub, et d’une manière générale, pas seulement dans le domaine social. Mais il existe des campagnes émanant d’agences qui ne sont pas des coups, je pense par exemple à la dernière campagne de la Fondation Abbé Pierre (2007).
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« L’engagement social est assez partagé par la nouvelle génération de graphistes, mais en même temps ils sont démunis car il est très difficile d’être présents dans des lieux publics. On voit des initiatives se développer dans des secteurs moins publics du point de vue visuel, sur le web et dans les biennales. »
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La tension et la violence de certaines campagnes présentées ne destinent pas cette exposition au jeune public.
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