Salons des Arts ménagers

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Affiche du salon des Arts ména­gers, 1961, Francis Bernard, Inv. 20750.1 © DR

1923 - 1939 : L’âge d’or du salon

1923
Premier « Salon des Appareils Ménagers » à l’initiative de Jules-Louis Breton (ancien sous-secrétaire d’Etat aux interventions pendant la guerre de 1914-1918 et ancien ministre de l’hygiène, de l’assistance et de la prévoyance sociales) créateur et premier directeur de l’Office national des recherches scientifiques et industrielles et des Inventions (ORNI, créé par la loi du 29 décembre 1922, supprimé par un décret-loi du 24 mai 1938, ancêtre du CNRS) qui finance le salon.

Le salon est créé pour « récompenser les inventeurs des meilleurs appareils ménagers », sous le contrôle de la Recherche scientifique et du Ministère de l’Instruction publique. Un concours récompense les meilleurs appareils par des prix importants, de plus de nombreuses médailles sont distribuées.

Ce salon qui a lieu du 18 octobre au 4 novembre, dans les baraquement de la Foire de Paris au Champs de Mars, remporte un grand succès : 200 exposants, 100 000 visiteurs sur une surface de 5 000 m2. L’affiche du Salon a été réalisée par M. Toussaint.

1924
IIe Salon des Appareils Ménagers
21 octobre - 9 novembre,
Champs de Mars

1925
Pas de Salon des Arts Ménagers cette année, mais le gouvernement prend la décision de rendre le salon annuel.

1926
Le salon s’installe au Grand Palais. Aux appareils ménagers viennent s’ajouter des produits et matériels nécessaires à l’installation et à l’organisation de la maison : désormais le salon sera nommé le « Salon des Arts Ménagers ». 328 exposants accueillent 145.600 visiteurs.

1927
Pour la première fois cette année, la revue mensuelle officielle du Salon, L’Art Ménager , est diffusée. Un concours est organisé auprès des lecteurs pour décerner « la plus jolie couverture ». Ce concours sera renouvelé chaque année. Des prix sont distribués à l’issue du concours de cuisine et de ménage pour couronner la meilleure ménagère.

1929
Les concours se multiplient : concours de « l’art ménager », de bébé, de la maison familiale. Plusieurs activités gravitent autour du Salon : des cours de cuisine, des concerts, des conférences sur le confort rural, l’ameublement et la décoration...

1930
La « Marie Mécanique », présente sur les affiches et inventée par Francis Bernard, symbolise « le remplacement de la domesticité défaillante par les appareils ménagers. » Elle deviendra la figure emblématique du Salon.

1932
510 exposants accueillent 269 000 visiteurs.

1933
La dénomination du Ministère de l’Instruction publique change au profit de Ministère de l’Education nationale et apparaît ainsi modifiée sur les affiches.

Le Salon accueille d’autres manifestations comme la Quinzaine du poisson, également annoncée par une affiche, cette année elle fut réalisée par Sandy Hook.

1934
Des architectes et des décorateurs se regroupèrent, en 1929, en une Union des Artistes Modernes (U.A.M.), pour d’affirmer leur conception de l’art décoratif (en réaction à certaines tendances tirant vers l’ornementation) : dépouillement et recherche de l’harmonie pure. En 1934, afin de mieux se faire connaître et comprendre, ils publient un manifeste et veulent participer au Salon.

Paul Breton annonce l’installation d’une Exposition de l’Habitation au sein même du Salon. Dès 1926, le Salon s’était engagé dans une voie de réflexion d’expérimentation pour une architecture nouvelle. Cette exposition est organisée avec la participation de la revue L’Architecture d’aujourd’hui. Le premier prix du concours de la maison individuelle (pour une famille composée des parents et de trois enfants) fut remporté par A. et E. Novello. Une maquette fut construite au rez-de-chaussée.

1935
780 exposants accueillent 410 000 visiteurs. Des concours sont organisés pour déterminer l’affiche du Salon.

1936
800 exposants accueillent 428 000 visiteurs.

Au salon de l’Habitation, de nouveaux matériaux et leurs différentes applications sont présentés (acier inoxydable, revêtement muraux en fibrociment...)

1937
1 050 exposants accueillent 487.000 visiteurs.

1938
1.064 exposants accueillent 535 000 visiteurs.

1939
1.200 exposants accueillent 608 000 visiteurs sur une surface de 35.000 m2.
Le salon de l’Habitation se fixe pour objectifs de :
- simplifier les travaux de la ménagère grâce à l’invention d’appareils, comme des machines à laver la vaisselle et le linge.
- présenter des produits et des matériaux nouveaux
- former (« éduquer ») les femmes à ces appareils

Le gaz (représenté par la Société du gaz de Paris) et l’électricité (à travers la présence de la Société pour le développement des applications de l’électricité (Ap.-El.) créée en 1922) supplantent le bois et doucement le charbon. Des économies de temps , d’énergie, d’argent tout en assurant l’efficacité et le confort peuvent être réalisées à travers de nouveaux appareils utilisant ces combustibles. Par l’entremise des effets de lumière et l’accumulation d’objets, la ménagère a la sensation et la possibilité d’avoir accès à toutes ces nouveautés qui révolutionnent sa vie quotidienne et son intérieur. Le Salon est l’occasion de faire le point sur toutes les nouveautés dans les arts ménagers et permettre aux marques de faire leur promotion directe et par voie d’affichage. De grandes marques sont ainsi mises en avant : Aspiron, Auer, Berger, Calor, De Dietrich, Electro-lux, Frigidaire, Hoover, Jex, Johnson, Spontex...

Plusieurs articles sont diffusés dans le catalogue officiel du Salon, notamment L’organisation des travaux ménagers par Paulette Bernège (1926). Quelques manifestations s’inspirent du succès du Salon, comme l’Exposition du feu.

1940 à 1947 Interruption à cause de la guerre.

1948 - 1964 : La recherche d’un nouvel art d’habiter

Le Salon d’après-guerre est dominé par la reconstruction, le réaménagement de bâtiments anciens, soit la recherche d’un nouvel art d’habiter. De nouveau matériaux et leurs utilisations sont mis en avant, comme des constructions métalliques légères ou le plastique.

Le gaz et l’électricité connaissent leurs heures de gloire en tant qu’énergie et inspirateurs de nouveaux appareils. Aspirateurs, chaudières, cocottes-minutes, éviers, fers à repasser, machines à laver le linge, machines à laver la vaisselle, radiateurs, réfrigérateurs, sèches cheveux et robots multifonctions se perfectionnent sans cesse. L’hygiène, la qualité de vie, le confort et le loisir sont les concepts clés ayant marqué le Salon.

Devant l’énorme succès du Salon des Arts Ménagers de Paris, plusieurs autres manifestations se sont créées à l’image du Salon, à Marseilles et Toulouse. A Toulouse, la Ire Quinzaine des Arts Ménagers ouvre sous le patronage Salon des Arts Ménagers en 1948 du 27 novembre au 6 décembre.

1948
Le Salon comptabilise 795.113 entrées. Le XVIIe Salon était prévu du 1er au 18 février 1940, mais la guerre ayant été déclarée le 3 septembre 1939, la manifestation fut annulée. Le concours de la meilleurs ménagère est réinstitué mais sous le nom de la Fée du Logis. Il est organisé par l’Union National des Caisses d’Allocations Familiales (U.N.C.A.F.).

1949
De nouvelles sections sont créées, tels que la Femme et l’Enfant, le Logis et la Gastronomie. Le Salon comptabilise 951 139 entrées.

1950 Le salon de l’Habitation réapparaît, mais organisée avec le concours du ministère de la reconstruction et de l’urbanisme.

1951
Création de l’Union fédérale de la consommation pour avertir et conseiller les utilisateurs. L’association française de normalisation (A.F.N.O.R. créée en 1926 et la marque N.F. en 1938) fait ses débuts de normalisation du matériel ménager.

Deux groupements français de promotion du design se créent : l’Institut d’esthétique industrielle et Formes utiles (créé en 1949 par l’U.A.M.). Ce dernier organise, dans le cadre du Salon, une exposition d’objets sélectionnés en fonction de certains critères : objets usuels, courants, artisanaux, industriels, d’un prix raisonnable, de qualité et de formes agréables (jusqu’en 1983 plus de 3 000 objets auront été sélectionnés).

1960
En plus des appareils ménagers, des espaces entiers sont installés, comme la cuisine, la salle-de-bain et le salon, afin de montrer des exemples d’aménagement agréable et utile. Les concours se multiplient : la Fée du Logis, le concours de la Société d’encouragement à l’art et à l’industrie qui récompense essentiellement l’ameublement et les métiers d’art. Le Salon attire toutes sortes de manifestations : l’exposition de peinture l’Atre, autrement dit les arts ménagers vus par les artistes.

Pendant la manifestation, plusieurs titres seront publiés par les éditions du Salon des Arts Ménagers, entre autres : Le blanchissage domestique par Paulette Bernège (1950), L’art d’autrefois dans la demeure d’aujourd’hui par Maurice Loyer (1954), Les cours ménagers par Marie-Louise Cordillot (1954), Notre maison et ses problèmes par Jacqueline Pecquet, avocate à la cour (1956)... et d’autres ouvrages.

1961-1983 : Le salon comme carrefour de la consommation

1961
Le salon inaugure le nouveau Centre National de Industries et des Techniques de la Défense (CNIT), le sigle du site apparaît sur les affiches.

1973
Affiche du 50e anniversaire du Salon des Arts Ménagers, 1973, par Francis Bernard

1976
Désormais c’est le Secrétaire d’Etat aux universités qui contrôle le salon.

1983
Le Salon est supprimé et le personnel du commissariat général est licencié collectivement le 31 décembre. Il est remplacé par le Salon de l’équipement domestique et appelé PROMODO. Ce salon est organisé par et pour les professionnels et a lieu au Parc des Expositions de Villepinte. (A partir de 1993, ce salon a lieu chaque année impaire, afin de permettre une alternance avec le Salon du Meuble de Cologne.). De nouveau matériaux et leurs utilisations sont mis en avant, comme des constructions métalliques légères ou le plastique.

Bibliographie

ROUAUD (Jacques) - 60 ans d’arts ménagers, tome 1 : 1923-1939 le confort. Paris, Syros alternatives, 1989
ROUAUD (Jacques) - 60 ans d’art ménagers, tome 1 : 1948-1983 la consommation. Paris, Syros alternatives, 1993
L’art ménager de 1923 à 1940. Musée national des arts et traditions populaires, Cassette vidéo de 8mn, novembre 1991

Extraits de la revue de presse
Catalogue officiel du salon des Appareils ménagers, 1923
Catalogue officiel du salon des Arts ménagers, 1926
Catalogue officiel du salon des Arts ménagers, 1927
AMG n°44. 15 décembre 1934
Publimondial n°14. 3e année, 1er trimestre 1949
Bulletin d’informations du service de propagande gazière n°33. avril 1949
Carton d’invitation officiel au Salon des Arts Ménagers de 1955
Catalogue officiel du salon des Arts ménagers, 1965
Institut d’Histoire du temps présent, décembre 1986

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