Histoire de l'entreprise

Suivant Toute la collection

1899
Louis Renault (1877-1944) construit sa première « voiturette » et fonde le 25 juin, avec ses deux frères, Marcel et Fernand, l’entreprise familiale « Renault Frères », au 10 avenue du Cours à Billancourt.

1900
Pour promouvoir leur produit, Louis et Marcel utilisent leur passion commune : la course et remportent le Paris-Bordeaux. (L’année suivante, Marcel trouve la mort dans cette même épreuve.) Le premier logo présente dans un médaillon, les initiales gravées et entrelacées des frères Renault.

1906
Le symbole Renault change, c’est une voiture vue de face à l’intérieur d’un engrenage.

1914-1918
Pendant la guerre, les voitures Renault s’illustrent glorieusement avec les Taxi de la Marne.

1919
Renault, fort de sa popularité guerrière, change la voiture du logo pour un char d’assaut, représentatif de la force et du mouvement. Une fois sa réputation établie à Billancourt, Renault veut étendre sa clientèle. Il use timidement de la publicité par le moyen d’affiches présentant ses voitures de luxe.

1921
Renault sort la Torpédo Grand Sport. Sur les affiches publicitaires, la femme n’est qu’un objet décoratif, dont l’élégance est comparée à la beauté de la carrosserie.

1922
L’Entreprise familiale devient la « Société anonyme des Usines Renault ».. Renault a un grand concurrent : Citroën, qui développe beaucoup la communication. En plus des annonces et des dessins insérés en dernières pages de L’Illustration chaque mois de septembre avant l’ouverture du Salon, ces photographies sont publiées dans la rubrique « Belles Voitures », afin d’annoncer les dernières nouveautés. Ces publicités s’adressaient autant aux futurs acquéreurs d’automobiles qu’à ceux déjà propriétaires « Une femme élégante ne voudrait pas porter des toilettes qui datent de deux ou trois ans. Vous n’achetez pas davantage une carrosserie démodée... ». Pour conserver la surprise jusqu’au Salon, ces photographies étaient prises dans le plus grand secret, soit dans l’usine, soit en plein air dans des endroits les moins fréquentés, afin de ne pas provoquer d’attroupements autour de l’objet mythique, la voiture.

1923
Sur le nouvel emblème, le nom Renault apparaît au centre d’un motif décoratif rond en forme de grille ajourée.
Le grand dessinateur Falcucci réalise des affiches pour Renault.

1925
La 4 CV est présentée avec le nouveau logo : le losange, qui sera assimilé à la marque (on dit « la marque au losange »).
La première usine Renault est installée sur l’Ile Séguin.

1927
René Vincent illustre le modèle de prestige de la gamme Renault : la Reinstella.
La publicité ne sert pas seulement à vendre, mais aussi à faire rêver : les carrosseries s’allongent et les paysages défilent, où luxe, calme et volupté sont les concepts clés. En effet, les annonces Renault s’adressent à une certaine élite fortunée pouvant s’offrir des voyages en pays lointains, comme en Egypte, et des voitures luxueuses aux lignes raffinées. Les automobiles allant de plus en plus vite, le temps du regard accordé à l’affiche est de plus en plus court (30 secondes en 1925, 20 secondes en 1925 et 2 secondes en 1953), il faut donc être synthétique et explicite : le graphisme est épuré, seul le dessin de la voiture apparaît avec le nom de la marque à ses côtés. Les grands affichistes de l’époque : Cassandre, Charles Loupot, René Vincent subissent l’influence du cubisme, et insufflent à l’affiche sa construction architectonique et son abstraction géométrique. Afin d’attirer l’œil, les affiches sont très colorées.

1928
Coulon réalise une affiche pour les camions Renault.

1930
A cause de la crise et sous la pression de son neveu François Lehideux, Louis Renault repense la publicité paradisiaque et bucolique, et l’axe sur la vitesse et l’aventure (faisant appel à l’orgueil de l’homme) ainsi que le confort et le statut social (soit le snobisme). Les affiches mêlent subtilement le plaisir, la puissance et la possession.

1934
Renault remporte le Grand Prix de la Baule avec la Viva Grand Sport : la jeune femme avait teint son petit chien de la même couleur que la voiture, rouge. La femme est devenue un véritable agent de vente pour les voitures Renault.

1935
Renault sort des jouets ressemblants trait pour trait aux voitures réelles.

1936
Avec les premiers congés payés, les voitures s’adaptent et proposent de plus grandes ouvertures, pour un pique-nique par exemple. Pierre Fix-Masseau dessine une affiche pour les huiles Renault selon son concept :« faire simple, direct, pratiquer un langage universel ».

1938
Les mots-clés « la surpuissance, la sécurité, le confort » désignent simplement la Viva Cabriolet et la Viva Grand Sport.

1939-1945
Pendant la seconde guerre mondiale, Renault est mis en avant grâce à ses chars de la victoire. Malheureusement, les bombardements aériens détruisent la moitié des ateliers de Billancourt.

1945
L’état nationalise Renault et devient l’unique propriétaire de la « Régie Nationale des Usines Renault ». Le président Charles de Gaulle nomme Pierre Lefaucheux en tant que nouveau directeur général de la Régie Renault.

1946
Dans l’optique de l’exportation, Renault abandonne les noms tels que Dauphine, Floride... au profit de chiffres précédés du nom de l’entreprise. La première 4 CV quitte la chaîne de montage. Lors du Salon de l’automobile, un journaliste spécialiste la décrit en ces termes « Une sorte de crapaud à quatre roues, jaune vanille, et dont la tête était exactement semblable à la queue ». Les dessinateurs l’immortalisent en la surnommant « La puce », « Le hanneton », « Gonflé », « le crapaud », « La petite motte de beurre » à cause de sa couleur jaune. La 4CV se retrouve dans la rue et le succès est immédiat. D’une conception de luxe et de prestige, Renault passe à la première voiture populaire, utilitaire et économique vendue au plus grand nombre. La 4CV est la première voiture française a dépasser le million d’exemplaires.

1948
Les cinq premières places du classement à la course du Mont Ventoux sont remportées par des 4CV.

1949
La 4CV triomphe au Rallye de Monte-Carlo et en 1950-1951 aux 24 heures du Mans, en 1952 et 1953, la 4CV remporte encore de nombreuses victoires qui lui forgent un inestimable palmarès.

1952
La spacieuse 11CV : La Frégate est lancée.

1954
Une part du budget publicitaire est accordé aux enfants, important promoteur de vente. Un grand concours, organisé à l’occasion de la sortie de la 500 000e 4 CV, mobilise les petits français : des milliers de buvards avec l’effigie de la voiture sont distribués à la sortie des écoles, « 23 erreurs » doivent être découvertes.

1955
Pierre Dreyfus devient le président directeur général de Renault (jusqu’en 1976).

1956
Sur la piste du Cirque d’Hiver, lors du gala de l’Union des Artistes, Gina Lollobridgida présente au public la Dauphine encore couverte de boue du Rallye de Monte Carlo qu’elle venait de remporter. L’effet de surprise est réussit. La Dauphine est beaucoup vendue en Europe, et Renault veut le faire savoir aux français, aussi plusieurs annonces presses présentent la petite voiture de luxe dans différents pays, avec tous les clichés : « Brillantissima.. ! » en Italie (où un romain richement vêtu enfile ses gants), « Zuverlässig ! » en Allemagne et « Confortable, isn’t it ! » en Angleterre (deux gentlemen de la city avec chapeau melon, sacoche et parapluie conversent aimablement).

1957
Une 4 CV au moteur bridé et à la taille des enfants permet aux petits anglais d’apprendre à conduire

1960
Le losange de la marque est légèrement modifié : c’est une plaquette émaillée jaune, noir et blanc, avec le nom de l’entreprise au centre. Savignac réalise une affiche usant de la métaphore des chevaux pour illustrer la 4CV : un cheval à roulette « 4 roues », un cheval-maison « 4 portes », le transport « 4 places » et le porte-monnaie « 4 472 NF ».

1961
Renault reçoit l’oscar de la publicité. Après avoir été la première voiture à dépasser le cap du million d’exemplaires, la 4CV n’est plus fabriquée et la Renault 4 est lancée.

1963
Pierre Dreyfus propose au directeur de l’Agence Publicis, Marcel Bleustein-Blanchet de prendre en charge la publicité de la Régie. Désormais, c’est Publicis qui s’occupe de sa communication.

1964
Renault est le premier constructeur automobile à utiliser les panneaux d’affichage Jean-Claude Decaux. Après s’être imposé en ville, il étend son réseau d’affichage aux zones périphériques des agglomérations.

1965
A travers la campagne de lancement de la R16, Renault se forge une image de la marque : la première photographie présente la maquette en moulage de la voiture (soit l’ébauche d’une grande œuvre), un sculpteur façonne sa ligne (soit l’artiste qui polit la forme), puis la voiture est vue à l’intérieur des souffleries (pour montrer les technologies avancées ayant permis sa fabrication). Le hayon et le retour à la traction avant sont les innovations majeures de la R16.

1968
La campagne R8, cette voiture de compétition, est basée sur l’ivresse de la vitesse et la sécurité. Nervosité et sportivité ont longtemps été les traits majeurs de l’image de Renault.

1969
La publicité pour la Renault 6 est axée sur le confort, l’espace et présente la voiture comme le modèle à suivre et suivit : « Pourquoi conduit-on mieux au volant d’une Renault 6 ? », « Demandez à votre dos ce qu’il en pense », « Vos bagages aussi vous conseillent la Renault 6 », « Certains disent que nous sommes copiés : ils ont raison ».

1970
A lui seul le slogan résume tout « Trois fois douze font trois voitures : la berline Renault 12, la break Renault 12,la Renault 12 Gordini. La route, le service, le sport. »

1972
En quête de notoriété, Renault étudie son symbole et confie le projet à Vasarely. La mention du nom de l’entreprise disparaît au profit d’un losange graphiquement épuré, devenu abstrait et plus perçu comme une œuvre d’art qu’un objet figuratif. Et finalement la popularité de la marque atteint plus de 90% (par rapport à 52% en 1970). Lancement de la Renault 5, la voiture « hors norme », simple et dépourvue d’agressivité. Dans la publicité dessinée, la R5 est personnalisée et féminisée : avec des yeux, un sourire, un langage : elle vit !

1976
Renault met en place un dispositif de coordination souple sur le plan international : le RING (Renault International Group) , afin d’établir des campagnes cohérentes en fonction des pays et sur un concept commun. La société fait connaître ces changements à travers une campagne d’affiches, à visée publique et interne, recentrant sur la marque et la société.
Renault propose la R14, la voiture familiale du bonheur paisible et naturel. Les parents et les enfants se trouvent dans un cadre agréable et tranquille : la plage et la prairie.
La Renault 12, à travers la publicité, est vue comme une star prise en gros plan sous les néons « 1976. La Renault 12 est en beauté », puis comme une supporter de tous les instants « Bravo les 12 ». La publicité pour la Renault 30TX présente la voiture comme un article fiable et précis de grand standing : « L’obéissance au doigt et à l’œil ». La Renault 5 Turbo participe aux rallyes et remporte plusieurs prix.

1977
Peugeot et Renault s’associent. Afin de remonter la notoriété de la Renault 14, Publicis associe le fruit (la poire) à la voiture pour lancer cette voiture impopulaire, en montrant les avantages d’une voiture compacte. Mais cet humour au deuxième degré ne fut pas compris en tant que tel et la campagne fut arrêtée dans son élan et réorienté en 1981 vers la « voiture pilote ».

1978
La Renault 16 fait sa publicité : de petits hommes verts, des extraterrestres découvrent, analysent et étudient la Renault 16 sous tous les angles : son aspect extérieur, son large coffre, ses grands sièges confortables et son tableau de bord avec le sigle Renault.

1979
Renault veut charmer sa clientèle et axe sa publicité pour la Renault 20 TS sur la puissance et la vitesse, rendues possible grâce aux performances techniques.

1980
Renault est le leader sur le marché automobile français avec plus de 40% de pénétration. Il remporte de nombreux prix : prix de l’Affiche, la Palme d’or des films publicitaires à Cannes.
Le constructeur automobile fait appel à des cinéastes reconnus : William Klein, Antonioni, Sergio Leone, Marco Ferreri, Claude Chabrol ou Edouard Molinaro.
Klein met en scène la R4 dans des décors irréalistes.
Renault décline ses modèles de la R5 à la R5 Turbo : 13 versions de la voiture.
La Renault Espace veut atteindre plusieurs cibles : la famille aisée, des jeunes modernes, un PDG en voyage... « Un espace modulable en fonction des envies de chacun, où il fait bon vivre, où l’on peut bouger, s’isoler, travailler, jouer... ».
Des affiches conçues sur le même modèle rappellent les performances en F1 et la gamme de camions.

1981
Le film réalisé par Sergio Leone, dans lequel la R18 Diesel « se déchaîne » au sens propre comme au sens figuré, obtient le grand prix « Stratégies ».

1982
Dans tous les pays, la publicité s’adresse aux jeunes couples, européens, modernes et populaires. La stratégie commune adoptée est l’anthropomorphisme et le surnom donné à la voiture-star : les pays anglo-saxons renomme la Renault 9 « Macadam Star », « Auto revelazione » en Italie, « Der Clou » en Allemagne et Suisse où elle est perçue comme le signe des temps modernes. Chaque campagne est axée sur la précision, l’économie et le confort. Renault remporte quatre grands prix de F1.

1983
Alain Prost ajoute trois victoires au Palmarès de F1 de Renault. Lancement d’une nouvelle Renault aux Etats-Unis, « L’Alliance » nom symbolisant l’alliance entre la Régie et American Motors. Et pour mieux faire accepter la voiture par les américains, elle est construite dans les usines américaines de Kenoska.

1984
Le film lançant la R25 est axé sur une dualité : l’aventure et la tranquillité, le célibataire et la famille. Une chouette surveille les alentours, du volcan en ébullition, d’où jaillit une voiture « La Renault 25. Espèce en voie d’apparition ». Puis elle est présentée comme une voiture joignant l’agréable à l’utile « Avec l’aérodynamisme apparaît la beauté », « Avec la vitesse apparaît la sérénité », et ayant un moteur silencieux « Chut ! Voici la nouvelle Renault 25 ».
Renault exploite les performances sportives de la marque en F1, pour valoriser son savoir-faire technique sur sa gamme de véhicules utilitaires et de loisirs. La publicité accorde un côté humain, un caractère à la Renault 11 : elle est méchante, insolente, provoquante. Puis s’appuyant sur cette base sauvage, la Renault 11 Turbo est présentée comme une voiture de Formule 1.
La R5 fait ses adieux et cède la place à la Supercinq.

1985
Renault est nationalisée. Le nouveau PDG est Raymond H. Lévy. La publicité pour la R9, dite « La cible », utilise les gros plans : on montre la voiture par facettes, on la devine plus qu’on ne la voit. Puis elle est nommée « la certitude ».

1986
Une campagne destinée à rehausser l’image de la marque, rétablir la confiance du public et motiver l’entreprise de l’intérieur s’affiche par « Renault. Déterminés. »
« Roulez à l’extraordinaire », le film de Jean Becker, tourné aux Etats-Unis, met en scène une R9 et une R11, qui réussissent à freiner et arrêter un camion ayant perdu tout contrôle, juste avant le précipice. La publicité est reprise pour l’affichage.

1988
Sur les affiches, la nouvelle voiture, la Clio rouge est traversée par un trait blanc lumineux, assimilé à la force vitale, « Elle en met plein la vie ».

1989
« Nouvelle Renault 21, ce n’est pas le même voyage » par rapport à l’avion ou au bateau, la voiture propose l’espace, le confort et la rapidité.

1990
L’état s’associe à un partenaire privé Volvo.
Une série d’affiches présente implicitement la Clio comme une « Matière vivante » : un œuf, une silhouette sur le départ d’un sprint, une bouche, tous de couleur rouge et fait de métal, traversés par la lumière blanche (la vie).
Pour relancer les ventes, les constructeurs sortent une série « spéciale » limitée en partenariat avec une autre marque connue et à la mode destinée à attirer l’attention du public : Supercinq NRJ, Supercinq Tiga, Supercinq Coup de cœur.

1991
Sept Grand Prix de F1 sont remportés par Williams-Renault.

1992
Style Marque modifie le logo, qui devient un losange en volume. Le siège social est déplacé Quai du Point du Jour. Williams-Renault décroche dix Grands Prix sur seize.

1993
Marque le début de la série de films pour la Clio : « Elle a tout d’une grande ». En Chine, à Moscou (chez les hauts dirigeants), en Italie (chez les maffiosi), la Clio vole la vedette et le prestige aux grosses voitures. La publicité est reprise pour l’affiche : « Clio, mais que reste-t-il aux grandes ? ».
Renault lance la Twingo, la voiture anti-dépressive, réalisée parle designer par Patrick Le Quément, la typographie fut trouvée par l’agence Antartique, « à vous d’inventer la vie qui va avec ». Publicis revient à un style de campagne employé précédemment pour le Renault 5 : la publicité dessinée et personnifiée. Les affiches sont épurées, comme les lignes de cette petite voiture, le fond est blanc, seule la voiture se détache par sa couleur « Twingo n’est pas du genre à broyer du noir », « Twingo n’a pas une conception trop carrée de l’existence »... « Twingo est là ! essayez-la. Venez vous faire une autre idée de l’automobile ».

1994
Trois ans de suite Renault est champion du Monde en Formule1 avec Alain Prost, qui à cette occasion descend les Champs Elysées au volant de la Williams-Renault.

1995
L’artiste Kiraz réalise plusieurs affiches dessinées pour la série spéciale « Clio Chipie », où tous les stratagèmes sont mis en place pour avoir une Clio « Offrez-moi une Clio Chipie et je vous suivrai jusqu’au bout du monde »...
Série limitée Twingo Kenzo « soignez la morosité par les plantes, il y a des fleurs dans la Twingo Kenzo. Conduisez assis dans les fleurs ». Fort de sa victoire en F1, Renault explique sa logique de construction en fonction du public visé.

1996
Renault inaugure son site internet et a choisi la F1, nettement plus noble que la berline familiale pour incarner ses valeurs de battant qui fonce " (Eric Pasquier responsable du projet en ligne). www.renaultF1.com
Le site se présente comme une vitrine de la marque et de la Formule1 en général. Aujourd’hui, 50% des Renault sont vendues à l’exportation. Dans l’optique de l’exportation, Renault abandonne les noms tels que Dauphine, Floride... au profit de chiffres précédés du nom de l’entreprise.

Les grands tournants publicitaires de Renault sont 1965 (lancement de la R16), 1972 (lancement de la R5 et modification du logo par Vasarely) et 1985 (remplacement de la R5 par la Supercinq). Jusque dans les années 70, le constructeur automobile affiche son association avec la société d’exploitation pétrolière « Les Renault sont lubrifiée par Elf », puis « Renault préconise Elf ».

1997
Juin : Christian Contzen, directeur général de Renault Sport, annonce que le constructeur mettra fin à son engagement en formule 1 à l’issue de la saison 1997.
Septembre : Renault sort une série limitée de Twingo baptisée Elite, du nom de la célèbre agence de mannequins. Les équipes de Publicis ont confié la réalisation de la publicité à Julien Séri.
Octobre : la campagne de Publicis pour le lancement de la Kangoo met l’accent sur la simplicité du dernier véhicule : les codes de la campagne empruntent beaucoup au monde de l’enfance : Sur les affiches au vert printemps éclatant, la Kangoo est représentée en pâte à modeler jaune. Les textes, à prendre au second degré, délivrent, des messages sur sa facilité d’entretien, ou sur son grand espace habitable.
Ajoutons que le spot joue sur le registre de la reconnaissance de la voiture par un enfant. La voiture véhicule l’image du kangourou maternel et protecteur. Le film réalisé par Gilles Bauwens est empreint d’une touche de poésie qui fait mouche : sur un bac du marais poitevin, un enfant identifie les objets illustrés sur les pages d’un livre que lui montre son père. Et quand vient la représentation d’une voiture, le garçon s’entête joyeusement à dire « Kangoo ».

1998
Renault fête son 100e anniversaire.
Mars : Lancement de la nouvelle Clio : La campagne de Publicis met notamment en scène le petit véhicule regrettant que l’autoroute se termine. Les publicitaires ont commenté la scène d’un « SNIF » significatif. Cette banale affiche pour un engin à moteur a conduit un travailleur social anti-drogue du Cher à déposer plainte contre le constructeur automobile, qu’il accuse d’avoir glissé dans sa réclame un « message subliminal » en faveur de la cocaïne : le « SNIF » serait en réalité une invitation à sniffer ; le panneau indicateur ressemblerait à un dessin simplifié de deux rails de cocaïne ; quant à l’autoroute, elle reprendrait une expression bien connue des toxicomanes pour qui « se faire une autoroute » signifie « prendre beaucoup de poudre »…
Le 20 juin, Renault lance l’offre triple « 1,2,3 Renault » contenant non seulement une voiture neuve, mais l’assurance tous risques qui va avec, l’entretient et une garantie de 3 ans, le tout à crédit, (à moins de 1000 F par mois pour une Clio par exemple). Le groupe a mis au point l’offre avec la Diac, et Publicis-Etoile. Michèle Laroque, à la fois actrice et réalisatrice du film, prend le parti d’une scène de ménage entre une femme et …sa voiture, une superbe décapotable. Le spot s’inspire du 7e art pour filmer une scène de rupture en trois temps, à l’image de l’offre promotionnelle.

1999
Renault et Publicis fêtent leurs 36 ans de collaboration même si la marque a d’autres partenaires dans d’autres pays tels l’Espagne et l’Argentine.
Pour promouvoir ses journées Portes ouvertes, du 16 au 20 septembre, Renault et Publicis Etoile ont demandé au cinéaste Jean-Pierre Jeunet de réaliser un film sur les évolutions de l’automobile en 2000. Le réalisateur a signé un film, produit par Wam, qui mêle des créations d’images et des trucages pour évoquer l’an 2000 imaginaire et l’an 2000 tel que Renault l’a construit. Diffusé depuis le 10 septembre, ce spot est relayé en presse et en radio.

2000
Septembre : L’agence média Carat, fondée par Gilbert Gross, décroche le budget d’achat d’espace de Renault estimé en Europe à 4,5 milliards de francs. Publicis conserve néanmoins toute la publicité conseil de Renault comme les activités média, marketing et évènementielle.
29 septembre : Diffusion de la campagne pour l’Avantime. La scène s’ouvre sur Jean-Paul Gaultier à l’ouvrage : Premiers coûts de crayon d’un nouveau modèle. Du papier on passe à l’atelier, à l’essayage, puis au défilé. Fin du défilé, le mannequin retourne à la vraie vie, et tombe en arrêt devant une nouvelle voiture. L’auto subit alors le traitement inverse de la robe de Gaultier. Du produit finit, on remonte à l’origine, le coût de crayon qui a commencé à la faire exister. Le film est un hommage appuyé au design et à la création.
Parallèlement à la sortie de l’Avantime, Renault rebaptise et revoit toute l’architecture de son « Espace Renault » qui est inauguré le 8 novembre. A la fin de l’année, Renault remplace sa signature « Les voitures à vivre » par « Créateur d’automobiles ». Le motif de ce changement : Ce « concept lancé à l’époque du cocooning ne correspond[ait] plus tout à fait aux tendances de l’époque, où l’esprit d’initiative et de conquête a repris le dessus », explique François Hinfray, directeur commercial de Renault. La nouvelle signature de Renault sera présente dans le monde entier.

2001
La Renault Mégane est élue meilleure voiture de sa catégorie au classement Euro NCAP. Le film publicitaire ne développe pas l’idée de la menace de l’accident mais, en amont, celle del’angoisse : Il entraîne le téléspectateur en rase forêt dans le halo de phares qui chasse l’obscurité sur son passage. Le marquage au sol défile en continue, scandé par le bruit régulier d’un hoquet, celui du conducteur dont la pâle figure se détache de la nuit noire. Soudain, une chouette aux ailes déployées surgit dans la lumière des phares. Apparition quasi onirique, mais non moins effrayante. Avec une pointe d ‘étonnement, l’automobiliste poursuit son chemin. Le hoquet persiste : la Mégane apparaît donc comme un rempart contre la peur.

2002
Les vice-présidents et directeurs de la création de Publicis Conseil débauchent Hervé Plumet, quarante ans, directeur de création chez Louis XIV DDB, pour reprendre en main le budget Renault.
Renault et PlayStation associent leurs noms pour l’édition d’une série limitée de Clio : Publicis souhaite renouveler le langage publicitaire du secteur automobile qui met systématiquement en avant la sécurité, les options, le confort, les émotions…La nouvelle campagne choisit de toucher les jeunes ; mais afin de marier l’univers des adeptes de jeux vidéos et celui plus traditionnel des plus âgés, le film met en scène un jeune conducteur qui, durant la conduite de la voiture, note et remarque chaque rond, chaque carré, le moindre triangle ou toutes les croix (formes des boutons de la manette PlayStation) qu’il croise. Le message : Conduire une Clio PlayStation et s’adonner au suspense et à la frénésie du jeu virtuel, c’est du pareil au même.

2003
Transformé en galerie d’art éphémère (entrée libre), l’Atelier Renault accueille du 18 janvier au 2 mars 2003, l’un des artistes majeurs de la collection d’Art Moderne Renault : Vasarely.

Bibliographie

Culture pub - Saga Renault, Enquête : Habillage de chaîne TV. n°64, 07/04/91
Culture pub - Saga Renault 4, Enquête : Europe à table. n°17, 13/01/90
Cauzard (Daniel), Perret (Jean), Ronin (Yves) - Le livre des marques. Paris, Du May, Prodimarque, Style marque, 1993 (p 150-151)
Demey (Evelyne) - Une marque en haut de l’affiche : 90 années de publicités Renault, Paris, 2e ed Mad-cap Publications.
Rouffiac (François) - « 3. Renault 5 (1972). Agence : Publicis », Stratégies, n°188, mai 1979.

Extraits de la revue de presse
Sélection 1955
Sélection 1959
Sélection 1960
Touring. Avril 1978
La 4 CV au Salon de l’auto 1946. Paris, La documentation française, coll.
Les médias et l’événement, 1987
BàT n°142. février 1992
Plaquette de présentation de la Fondation de l’Automobile Marius Berliet. 1988
Marie Claire. Octobre 1995
Le Nouvel Observateur. 23-29 mars 1995

Plan du site   Flux RSS   Contacts   ©   Crédits
Ministère de la Culture     Les Arts Décoratifs 107, rue de Rivoli 75001 Paris - tél. : 01 44 55 57 50