L’une des entrées du parc Monceau © Les Arts Décoratifs

Le parc Monceau

Le duc de Chartres, futur duc d’Orléans (1747-1793), achète en 1769 la terre de Monceau au lendemain de son mariage avec la princesse de Penthièvre et demande à Carmontelle d’y créer un lieu de plaisir et de rencontre adapté aux fêtes et aux spectacles. Louis Carrogis dit Carmontelle (1717-1806) ingénieur, topographe, écrivain, portraitiste et organisateur de fêtes crée un jardin pittoresque en juxtaposant des scènes qui donnent l’illusion de tous les temps et de tous les pays. Le spectateur contemplera la vue de dix-sept points parmi lesquels : un bois, des tombeaux, un moulin à eau en ruines, un moulin à vent hollandais, un temple en marbre blanc, un obélisque, un minaret, une pyramide égyptienne, une Naumachie. La Chine est partout présente, des constructions vivement colorées en témoignent : barrières, portiques, pavillons et jeu de bague (sorte de carrousel).
Le parc Monceau © Les Arts Décoratifs
Le parc Monceau © Les Arts Décoratifs

En 1783, l’écossais Thomas Blaikie (1751-1838) prend la direction du jardin et y fait de nombreux changements pour en simplifier le tracé et diversifier les plantations. En 1785, le ministre des finances Calonne décide d’entourer Paris d’une enceinte ponctuée de barrières d’octroi et charge Claude Nicolas Ledoux d’en concevoir le plan et les constructions. La barrière de Monceau prend la forme d’un petit temple rond entouré de colonnes où le prince se réserve un salon dans l’attique pour jouir de la vue sur le jardin.

Confisqué en 1793, comme les autres biens des Orléans, le jardin devient bien national. Sous la Restauration, il revient à la famille d’Orléans. En 1860, les terres sont achetées par la ville de Paris qui en vend, un an plus tard, la moitié aux banquiers Pereire engagés dans le lotissement de ce quartier.

Conformément à la volonté de l’empereur Napoléon III, le préfet Georges Eugène Haussmann (1809-1891) restructure la ville autour d’un ensemble de parcs et de bois dans une perspective hygiénique au profit de la population. On assiste alors à l’aménagement des bois de Boulogne et de Vincennes, et à la création du parc Montsouris et des Buttes Chaumont. Le parc Monceau est le seul lieu historique remodelé.

Sous la direction d’Adolphe Alphand (1817-1891), ingénieur des Ponts et Chaussées, responsable du service des promenades, le parc est aménagé sur 8,4 hectares et inauguré en 1861. Gabriel Davioud (1824-1881) est chargé des entrées monumentales avec leurs grandes grilles dorées. Une partie des anciennes fabriques est conservée et associée à de nouveaux éléments : la rivière et son pont, la cascade et la grotte. Le mouvement de l’eau évoque la modernité, le progrès et la santé. Dans la grotte les premières stalactites en ciment artificiel sont une invention de l’entrepreneur Combaz.

Ponctuant les pelouses vallonnées, les massifs abondamment fleuris, composés par le jardinier en chef de la ville Jean-Pierre Barillet-Deschamps, sont objet de curiosité pour les promeneurs et d’étonnement pour les botanistes. Cet espace public est le lieu de promenade de la grande bourgeoisie du quartier, qui s’y donne rendez-vous. Les familles Pereire, Rothschild, Cernuschi, Ménier, Camondo font élever des hôtels particuliers dont les jardins privés ouvrent sur le parc.

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