L’ensemble réuni par le comte Moïse de Camondo est presque exclusivement consacré aux arts décoratifs français de la seconde moitié du XVIIIe siècle et était destiné, selon ses propres termes, à « la reconstitution d’une demeure artistique du XVIIIe siècle ».

Des boiseries anciennes servent d’écrins aux créations des ébénistes et menuisiers, fournisseurs du Garde-Meuble royal. Peu nombreux, les meubles de la période rocaille, tels la paire d’encoignures en laque rehaussé de bronzes dorés de BVRB, sont d’une exceptionnelle qualité. Abondant et varié, le mobilier de la période Transition et du règne de Louis XVI réuni avec beaucoup de rigueur se caractérise par son élégante simplicité : petit bureau à cylindre par Jean-François Œben ; rares exemples de meubles ornés de plaques de porcelaine à la mode à partir des années 1760, estampillés de Martin Carlin ou RVLC ; table chiffonnière en auge par Jean-Henri Riesener livrée en 1788 pour le cabinet intérieur de la reine Marie-Antoinette au château de Saint-Cloud. Les œuvres des menuisiers sont souvent de provenance royale, tel le paravent livré en 1785 par Jean-Baptiste Boulard pour le salon des jeux de Louis XVI à Versailles.

Indispensable complément de l’ameublement, pendules et cartels, baromètres, lustres et bras de lumière, vases montés en bronze doré, animent de leur éclat les panneaux de boiseries et le mobilier. Certaines œuvres sont également de provenance royale, à l’instar de la paire de vases couverts en bois pétrifié, montés en bronze doré et ciselé, provenant des collections de la reine Marie-Antoinette à Versailles.

Un ensemble prestigieux de tapis et tapisseries exécutées par les manufactures royales des Gobelins, de Beauvais et d’Aubusson, décore murs et parquets.

Deux fleurons des arts de la table sont particulièrement spectaculaires : les pièces en argent du service Orloff, commandé en 1770 par l’impératrice Catherine II de Russie à l’orfèvre parisien Roettiers, et les services « Buffon » en porcelaine de Sèvres à décor d’oiseaux, réalisés à partir des années 1780 d’après des planches de l’Histoire naturelle des oiseaux du comte de Buffon.

Les peintures et sculptures reflètent la sensibilité du collectionneur. Outre des portraits par Elisabeth Vigée-Lebrun et François-Hubert Drouais, la collection comprend des vues de Venise par Francesco Guardi, des paysages d’Hubert Robert ainsi qu’une exceptionnelle série d’esquisses peintes par Jean-Baptiste Oudry pour les cartons de la tenture des chasses de Louis XV.

Jusqu’à sa mort en 1935, le comte Moïse de Camondo a poursuivi ses acquisitions avec un souci de perfection et d’harmonie, s’attachant notamment à compléter des séries ou à réunir des paires de meubles et objets d’art.

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