Après sa faillite en 1778, Jean-Louis Prieur se réfugie dans l’Enclos du Temple sous la protection du comte d’Artois afin d’échapper à ses créanciers et à la juridiction royale. Son activité d’ornemaniste devient alors prédominante comme l’attestent les nombreux fonds de dessins et gravures aujourd’hui conservés. Elle lui permet sans doute de faire face à la perte de sa clientèle et au déclin de son atelier de fondeur ciseleur.

Les montants d’ornements pour parcloses

Montant d’ornements, Paris, avant 1784
Papier vergé  ; plume, encre noire, aquarelle sépia et bleue
Collection Kraemer
© Les Arts Décoratifs, Paris / Jean Tholance

Dessinés par Prieur et gravés par Fay, sept Cahiers de sujets arabesques numérotés de X à XVI sont édités par Mondhare et Jean après 1784. Dans les années 1770-1780, le genre arabesque est à la mode et donne naissance à de nombreux recueils à l’usage des artistes qui y puisent des modèles. Formés de figures chimériques et motifs ornementaux naturalistes, disposés en miroir de part et d’autre d’un axe vertical, ces compositions étaient destinées à être peintes sur des panneaux de boiseries. Leur caractère léger et aimable convenait à des pièces intimes comme le boudoir. Provenant de la collection Kraemer, deux montants d’ornements vers 1784 figurent des motifs d’inspiration antique tels les cassolettes fumantes ou l’aigle impérial, associés à des enfants potelés et guirlandes de fleurs. Combinées en de nombreuses variantes, ces compositions au style aisément reconnaissable dégagent une certaine joie de vivre, marque de l’œuvre de Prieur.

Les Suites de Vases

Modèle de vase en bronze, Paris, vers 1780-1790
Papier vergé  ; plume, encre noire, aquarelle sépia, crayon graphite
Inv. 3412
© Les Arts Décoratifs, Paris

En 1783, paraissent trois Suites de Vases dessinées et gravées par l’artiste, qui sont dédiées au chevalier de Crussol, bailli de l’Enclos du Temple. Ces estampes permettent d’authentifier deux dessins de vases. Celui orné de cariatides, figures à la mode inspirées par les sculptures canéphores du temple de l’Érechtheion à Athènes, a été gravé dans la 1re Suite. Le vase à têtes de satyres en mascarons et décor de type bachique a été publié dans la seconde. En outre, le modèle aux anses en forme de faunesses a sans doute été gravé par Fay pour le XIe Cahier de Vases, édité par Jean après 1792. Enfin, quatre projets à décor arabesque font une large place aux enfants potelés, si caractéristiques du style de Jean-Louis Prieur. La gravure de celui aux anses en forme de tritons enfants figure dans le Ve Cahier de Vases, dessiné par Prieur et gravé par Fay, qui a été publié chez Mondhare et Jean entre 1784 et 1792.

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