Vase « de la Renaissance »

Claude-Aimé Chenavard (1798-1838)
France, vers 1830
Bronze doré et pierres de couleur
Dépôt du Mobilier national, 2005
Inv. MOB NAT GML 10520
© Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

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Ce vase monumental est un hommage à la Renaissance. Deux épisodes du début du XVIe siècle mettant en scène un artiste et son roi se déploient sur sa pense : d’un côté, Jean Goujon dévoile à Henri II et à Diane de Poitiers le groupe de Diane et du cerf qu’il vient de terminer ; de l’autre, Léonard de Vinci peint, en présence de François Ier, la Joconde. Les motifs décoratifs foisonnants, les satyres, les pierres dures, ou encore le triple portrait sont autant d’éléments qui rappellent le vocabulaire ornemental de la Renaissance.

La manufacture de Sèvres avait passé commande à l’ornemaniste Claude-Aimé Chenavard d’un vase à l’esthétique nouvelle, en rupture avec le néoclassicisme traditionnel. Chenavard présente alors un projet de style Renaissance au Salon de 1831, qui fait aussitôt sensation. Alexandre Brongniart, directeur de la manufacture, pense d’abord à Antoine-Louis Barye, mais se tourne finalement vers le sculpteur Antonin Moine pour le réaliser. Jean-Marie-Ferdinand Régnier, assisté de plusieurs artistes de Sèvres, travaille près de six mois à l’exécution du vase. La pâte porcelaine, déjà très précieuse, est colorée, dorée et ornée de pierres factices. Ce premier vase en porcelaine polychrome est conservé au château de Fontainebleau. Il rencontre un tel succès à l’exposition des Manufactures royales de 1832 que Brongniart décide d’en fabriquer une réplique, aujourd’hui au musée du Louvre, en porcelaine bleue et blanche. L’exemplaire du musée des Arts décoratifs est, quant à lui, exécuté en bronze doré.

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