La reconstruction, problème majeur de l’après-guerre, s’est accompagné de la nécessité de concevoir un mobilier accessible à tous, susceptible de s’adapter à des espaces exigus, et respectueux de priorités comme l’hygiène, le rangement et la polyvalence des espaces de vie. La pénurie de matériaux d’importation conduit aussi certains créateurs à se tourner vers l’emploi de bois indigènes, le rotin , la paille ou le cuir naturel. Ces nécessités, loin de tarir l’imagination des créateurs, la stimulent au contraire, et c’est avec une grande liberté qu’ils utilisent les nouveaux matériaux qui se sont multipliés et diversifiés depuis la guerre.

L’action de l’Union des artistes modernes est à cet égard significative : en 1949 a lieu ce qui peut être considéré comme sa dernière véritable exposition, mais elle suscite une association nouvelle, regroupant artistes, artisans et industries, intitulée « Formes utiles ». C’est l’architecte André Hermant qui en précise ainsi le sens : « Sont utiles, et belles, les formes qui manifestent l’accord entre les exigences de la matière et les aspirations de l’esprit. » Six expositions thématiques seront ainsi proposées de 1951 à 1957, année où Formes Utiles devient une association indépendante de l’UAM, laquelle sera dissoute l’année suivante.

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