1715-1740

La robe de la fin du règne de Louis XIV, persiste sous diverses formes jusque sous Louis XVI comme grand habit, c’est-à-dire vêtement de cérémonie officielle. L’étiquette devenant moins stricte sous la Régence de Philippe d’Orléans, le choix des élégantes se porte pour leur quotidien sur la robe volante ou battante qui apparaît en ce début de XVIIIe siècle. Objet de scandale, en raison de son inspiration issue des tenues d’intérieurs portées dans l’intimité comme la robe de chambre, la robe volante connaît un véritable succès. Portée sur un panier circulaire, cette robe n’est qu’à demi fermée sur le devant laissant voir le corps à baleine. Elle se caractérise par des soieries à grands rapports de dessins, des manches dites en raquette et surtout par des plis dans le dos partant de l’encolure connus aujourd’hui sous le nom de « plis à la Watteau ». Les souliers possèdent un talon haut et très incliné en avant sous Louis XV, de cuir blanc pour les tenues courantes et en soie lorsqu’elles sont portées à la cour, avec des broderies sur l’empeigne.

La garde-robe masculine conserve du règne de Louis XIV, le justaucorps, la veste et la culotte qui prennent le nom d’habit à la française sous le règne de Louis XV. Durant la Régence, le justaucorps se modifie quelque peu par l’élargissement de ses basques par des plis multiples lui donnant une forme juponnée. Les manches ont de grands parements ouverts, arrondis ou droits. D’abord employées pour les vestes, les soieries façonnées à grand rapports de dessin sont progressivement remplacés par des décors brodés. Peu à peu, la perruque masculine perd de son ampleur, change de forme et se simplifie en postiche poudré noué parfois en catogan.

Repères

1715
Mort de Louis XIV

1715-1774
Règne de Louis XV

1715-1723
Régence du duc d’Orléans

1715
La cour quitte Versailles

1719
Création de la Compagnie des Indes

1720
Banqueroute de Law
Jean-Antoine Watteau peint L’enseigne de Gersaint destiné à son ami Edmé-François Gersaint propriétaire d’une galerie d’art

1721
Jean-Sébastien Bach compose les Concertos Brandebourgeois
Montesquieu écrit son roman épistolaire les Lettres persanes

1722
La cour se réinstalle à Versailles

1724
Le Mercure Galant, périodique mensuel relatant divers sujets dont les dernières modes vestimentaires, devient le Mercure de France dédié au Roi

1725
Louis XV épouse Marie Leczinska
Anne Danican Philidor créé « Le Concert spirituel » organisme produisant des séries de concerts publics

1726
Antonio Vivaldi compose Les Quatre saisons interprétées en 1728 au Concert Spirituel à Paris

1730
Marivaux présente sa pièce de théâtre en trois actes Le Jeu de l’amour et du hasard à l’Hôtel de Bourgogne à Paris

1731
Jean-François de Troy peint la Déclaration d’amour

1733
Georg Philipp Telemann compose les trois recueils de Musique de table

1735-1736
Le capitaine de Beaulieu rédige le Rapport sur la manière de fabriquer les toiles peintes dans l’Inde

1735
Jean-Philippe Rameau compose son premier opéra-ballet, Les Indes galantes

1737
Ouverture du Salon de peinture du Louvre

1739
François Boucher peint Le déjeuner

1740-1774

La robe volante disparaît faisant place à la robe à la française. Composée d’un manteau ouvert sur une pièce d’estomac et une jupe assortie, la robe à la française conserve de la mode précédente les « plis à la Watteau » dans le dos ainsi que le panier qui prend une forme ovale. Contrairement à la robe volante, le corsage durant cette période est ajusté sur le devant et sur les côtés. L’ornementation, rapportée tout autour de l’ouverture du manteau et sur la partie visible de la jupe, est faite de bouillonnés variés et de falbalas. Les manches sont dites « en pagode » auxquelles on fixe des engageantes amovibles de dentelle ou de mousseline de coton brodé.

Pour l’homme, l’habit à la française, composé de l’habit, du gilet et de la culotte, perd de son ampleur vers le milieu du XVIIIe siècle. Les pans de devant de l’habit, prennent une coupe oblique vers 1760 et les parements des manches diminuent et se ferment. Le gilet qui se substitue à la veste, se porte plus court que l’habit. A partir de 1745, la culotte passe par-dessus le bas et est ajustée au-dessous des genoux par des jarretières.

Repères

1740
Jean Siméon Chardin peint Le Bénédicité
Guillaume Coustou sculpte les Chevaux de Marly commandés par Louis XV pour le château de Marly

1741
Début de la guerre de Succession d’Autriche
Georg Friedrich Haendel compose l’oratorio Le Messie

1745-1764
La marquise de Pompadour, maîtresse de Louis XV, influence les arts et la mode

1746
François Boucher peint La Marchande de mode

1747
Carle Van Loo peint le Portrait de Marie Leczinska
Voltaire publie pour la première fois son conte philosophique Zadig

1748
Fin de la guerre de Succession d’Autriche
Montesquieu publie pour la première fois son essai De l’Esprit des lois
Les premières fouilles de la cité de Pompéi sont entreprises

1751
John Holker créé à Rouen une manufacture de velours et de drap de coton pour concurrencer Manchester

1751-1772
Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert publient l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers

1754-1762
Joseph Vernet peint la série Les Ports de France

1756
Début de la guerre de Sept Ans entre la France et l’Angleterre

1759
Fin de la prohibition des indiennes (l’interdiction de ces tissus avait été décrétée par Louvois en 1686)
François Boucher peint le Portrait de Madame de Pompadour

1760
Christophe-Philippe Oberkampf fonde la manufacture royale de toiles imprimées à Jouy-en-Josas

1761
Jean-Jacques Rousseau publie son roman épistolaire La Nouvelle Héloïse intitulé à l’origine Lettres de deux amans, habitans d’une petite ville au pied des Alpes

1762-1768
Jacques-Ange Gabriel construit à la demande de Louis XV et Madame de Pompadour le Petit Trianon à Versailles

1763
Fin de la guerre de Sept Ans. Le Traité de Paris entraîne le déclin maritime de la France. Il ne reste plus que cinq comptoirs en Inde

1764
Johann Joachim Winckelmann publie L’Histoire de l’art dans l’Antiquité contribuant à faire de l’archéologie une science

1765
Nicolas Joubert de l’Hiberderie publie Le Dessinateur pour les fabriques d’étoffes d’or, d’argent et de soie

1766
Jean-Honoré Fragonard peint Le Baiser à la dérobée

1768
Joseph Haydn joue la Symphonie n° 49 dite La Passion composée à l’occasion du Vendredi Saint et publiée à Paris en 1771

1769
François-Alexandre de Garsault publie L’Art du tailleur
Création de l’Académie royale de musique
James Watt invente la machine à vapeur, moteur thermique à combustion externe

1770
Charles-Germain de Saint-Aubin publie L’Art du brodeur
Mariage du dauphin Louis et de Marie-Antoinette

1772
Premier partage de la Pologne, au profit de l’Autriche, de la Prusse et de la Russie, influençant la mode avec la création de la Robe à la Polonaise

1773
Rose Bertin, marchande de modes, s’installe rue Saint-Honoré. Introduite à la cour par la duchesse de Chartres, elle conquiert rapidement la faveur de Marie-Antoinette

1774-1789

La robe à la française qui subsiste tout au long du règne de Louis XVI, prend progressivement la place du grand habit lors des cérémonies officielles et devient alors une tenue d’apparat. La mode féminine a tendance en ce dernier quart du XVIIIe siècle à se simplifier. D’une part les femmes cèdent à l’anglomanie en adoptant la robe–redingote et la robe à l’anglaise apparue à la fin des années 1770. Cette dernière se caractérise par un corsage ajusté dans le dos et baleiné aux coutures. Les formes se diversifient très rapidement et l’on voit apparaître la robe à la polonaise, à la circassienne, à la turque, à la levantine… toutes influencées par un exotisme plus ou moins lointain. Mais l’une des modes les plus scandaleuses est initiée par la reine elle-même. A la recherche de confort et de simplicité, Marie-Antoinette adopte à partir de 1778 une robe chemise de coton blanc qui évoque les pièces de lingerie et se fait représenter dans cette tenue en 1783 par madame Vigée-Lebrun. Le tableau est alors vivement critiqué lors du salon de la même année. Cette fin de siècle voit aussi le développement des marchandes de mode dont l’un des personnages emblématique reste Rose Bertin qui fournissait certaines personnalités de la cour dont Marie-Antoinette. Les femmes complétaient leurs toilettes de coiffures plus extraordinaires les unes que les autres, comme les coiffures à la Belle Poule ou les Poufs au sentiment. Ces extravagances capillaires pouvant atteindre des hauteurs incroyables suscitèrent la verve des caricaturistes.

L’habit à la française, sous Louis XVI, garde sa structure traditionnelle mais prend un caractère plus cérémoniel dans le troisième quart du XVIIIe siècle. Il est alors plus ajusté et les pans de devant glissent vers l’arrière préfigurant l’habit dégagé. Le col est droit et commence à devenir de plus en plus haut. Le gilet adopte quant à lui une forme droite, et perd définitivement ses basques.

Repères

1774-1792
Règne de Louis XVI et de Marie-Antoinette

1774
Christoph Willibald Ritter von Gluck présente une version française de l’opéra Orfeo ed Euridice

1776
Création de la communauté des marchandes de modes, plumassières et fleuristes.
Joseph Siffred Duplessis peint le portrait de Louis XVI

1777-1783
La France prend part à la Guerre d’Indépendance des Etats Unis d’Amérique

1777
Lancement du Journal de Paris, premier quotidien français

1778
L’Espagne ferme son marché aux articles français d’habillement
Lancement de la Gallerie des Modes et Costumes français dessinés d’après nature

1781
Les couturières obtiennent le droit de fabriquer les corps baleinés et les paniers au même titre que les tailleurs
Louis-Sébastien Mercier fait paraître le début de son ouvrage Tableau de Paris

1782
Pierre Choderlos de Laclos publie son roman épistolaire Les liaisons dangereuses ou lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres

1783
Premier vol du ballon à air chaud des frères Montgolfier
André Gétry présente don opéra ballet en trois actes La Caravane du Caire
Louise Elisabeth Vigee Le Brun peint le Portrait de Marie-Antoinette dit « à la rose »

1784
Beaumarchais présente au théâtre de l’Odéon après plusieurs années de censure sa pièce en cinq actes La folle journée ou le mariage de Figaro. Ecrite en 1778, elle fait suite au Barbier de Séville ou la précaution inutile présentée en 1775

1785
Jacques-Louis David peint le Serment des Horaces

1786
Wolfgang Amadeus Mozart compose Les Noces de Figaro, opéra bouffe en quatre actes

1787
Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre publie son roman Paul et Virginie

1789-1799

La Révolution française eut pour principale conséquence de supprimer les codes vestimentaires de l’Ancien Régime. Cette période voit aussi le développement d’une presse spécialisée en matière de mode.

Le concept de cour ayant disparu, les habits de cérémonie n’ont plus lieu d’être. Les femmes rejettent alors les paniers et le corps à baleines et cèdent totalement à l’anglomanie avec les robes-redingotes et les robes à l’anglaise. L’allure devient alors négligée alors que chaque élément de la garde-robe se voit baptisé d’une dénomination à caractère politique, comme le bonnet à la Bastille. Le seul moyen qu’ont les femmes fortunées pour se distinguer demeure le renouvellement rapide de la mode. Très vite, le modèle antique s’impose en politique comme en mode avec le port d’une robe-tunique blanche, en cotonnade, à manches courtes et à taille haute, portée avec un spencer ou de longues écharpes. Le groupe marginal des Merveilleuses arbore des toilettes extravagantes caractérisées par des robes tuniques beaucoup plus transparentes. Les femmes sont chaussées de petits souliers sans talons. Dès la fin du Directoire, elles se coupent les cheveux courts, «  à la Titus  », et portent des bonnets, des turbans ou des petits chapeaux.

L’habillement masculin, fixé depuis le début du siècle, ne se modifie plus que dans ses détails. On porte indifféremment l’habit étroit, l’habit dégagé, mais aussi, le frac (sorte de justaucorps léger). Le gilet coupé droit est souvent brodé et présente des décors à motifs végétaux ou figurés en relation avec l’actualité. La redingote, longue et étroite, est omniprésente. Les hommes portent des habits de couleurs vives, laissant souvent deviner leurs opinions politiques. Avec la chute de la monarchie en 1792 et l’avènement de la République, le vêtement intéresse les autorités pour sa portée idéologique. Le costume de sans-culotte caractérisé par le pantalon se diffuse, bien que le vêtement classique reste encore porté par les hommes importants, comme le fera Robespierre. Les élégants du Directoire, les Incroyables, comparses des Merveilleuses, affichent des tenues proches de la caricature. Le gilet, court et carré, est porté avec un habit uni. Le cou disparaît totalement sous une épaisse cravate tandis que les coiffures sont dites en « oreilles de chien ». Influence anglaise oblige, les hommes arborent de hautes bottes en ville.

Repères

1789
5 mai : Ouverture des états généraux à Versailles
14 juillet : Prise de la Bastille
17 juillet : Adoption de la cocarde tricolore par Louis XVI
4 août : Abolition des privilèges
26 août : déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
19 octobre : la famille royale réside désormais à paris, au Palais des Tuileries

1790
14 juillet : Fête de la Fédération à Paris
24 octobre : Adoption du drapeau tricolore

1791
21 juin : Arrestation de Louis XVI et de Marie-Antoinette à Varennes
Wolfgang Amadeus Mozart présente à Vienne son opéra en deux actes La Flûte enchantée

1792
10 août : Prise du palais des Tuileries, siège du pouvoir exécutif
Claude Joseph Rouget de Lisle compose Le chant de guerre pour l’armée du Rhin qui devient la même année La Marseillaise

1793
Jacques-Louis David propose pour le citoyen français un costume inspiré de l’antique, sans succès

1794
La Convention abolit l’esclavage

1795-1799
Période du Directoire

1795
Création de l’Institut de France
Création du Conservatoire national supérieur de musique

1796
Le général Bonaparte épouse Joséphine de Beauharnais

1797
L’impression au rouleau est adoptée à la manufacture de toiles imprimées d’Oberkampf

1797-1839
Jean-Baptiste Sellèque fait paraître l’une des premières revues de modes illustrées françaises, le Journal des Dames et des Modes

1798
Expédition d’Egypte
Le châle cachemire est mis à la mode par Joséphine Bonaparte et ses amies

1798
Joseph Haydn achève l’oratorio La Création

1799-1815

Alors que le Consulat voit un net assagissement de la mode à l’antique, la naissance de l’Empire fait renaître l’étiquette et le costume de cour sous une forme nouvelle, celle de la robe-tunique. Ces robes, longues à taille haute, sont dotées d’une petite traîne qu’elles perdent en 1806. Le décolleté devient alors carré et les étoffes employées ne sont plus exclusivement des tissus légers. En effet, sous l’Empire, Napoléon Ier entreprend de ranimer l’industrie lyonnaise en imposant à la cour les soieries et les velours qui prennent le pas, dès 1808, sur les linons et les mousselines. Les manches des robes, d’abord très courtes à petits ballons, puis arrêtées au coude et boutonnées, peuvent être aussi longues et froncées à la mameluck. Le corset apparaît en 1804, d’abord sous la forme d’une petite brassière en toile, puis plus allongé avec le corset à la Ninon. Rapporté de la campagne d’Egypte par les soldats français en 1798, le châle cachemire devient l’accessoire indispensable, et demeure à la mode durant la majeure partie du XIXe siècle.

Le costume masculin évolue peu et renonce aux extravagances du Directoire en perdant son aspect négligé. Quelques fantaisies se glissent néanmoins sur les gilets, dans le choix des coupes et des matières. On trouve aussi vers 1804, la mode des gilets superposés, jusqu’à quatre fois. L’habit dégagé est le plus porté. Il s’arrête au niveau de la taille, croise au niveau de la poitrine et se termine à l’arrière en deux longs pans. Le pantalon est soit collant, soit très large, mais toujours rentré dans les bottes, tandis qu’on commence à utiliser des bretelles pour le maintenir en place. Pour les hommes, le chapeau haut-de-forme fait son entrée dans les accessoires dévolus à la vie en extérieur.

Repères

1799-1804
Période du Consulat

1799
Napoléon Bonaparte devient premier Consul

1800
Jacques-Louis David peint le Portrait de Mme Récamier
Ouverture du musée des Antiques au Louvre en présence de Napoléon

1801
François-André Boieldieu présente son opéra en un acte Le Calife de Bagdad

Vers 1801
Antoine-Jean-Baron Gros peint Le général Bonaparte au pont d’Arcole 17 novembre 1796

1801
La mécanique Jacquard du nom de son inventeur est présentée pour la première fois à Paris

1802
Vivant Denon publie son Voyage dans la Haute et la Basse Egypte

1803
Bonaparte interdit l’achat de marchandises anglaises

1803-1804
Ludwig van Beethoven compose la Symphonie n°3 en mi bémol majeur dite Héroïque

1804
Promulgation du Code Civil

1804
2 décembre : Sacre de Napoléon Ier

1804-1814
Premier Empire

1805-1813
Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine deviennent architectes du Louvre et du Carrousel

1805-1807
Jacques-Louis David peint Le Sacre de Napoléon

1805
Napoleon Ier devient roi d’Italie

1806
Jean-Arnaud Raymond et Jean-François-Thérèse Chalgrin construisent l’Arc de Triomphe
Blocus continental interdisant l’importation des produits anglais

1807
Ouverture du théâtre des Variétés à Paris
Occupation de l’Espagne par l’armée française

1810
Philippe de Girard invente la machine à filer le lin
Mariage de Napoléon et de Marie-Louise d’Autriche, et naissance de leur fils, le roi de Rome, en 1811
Promulgation du Code Pénal
Mme de Staël se voit interdire son ouvrage De l’Allemagne. Il faut attendre 1813 pour qu’il soit publié

1811-1841
François-René de Chateaubriand rédige son autobiographie Mémoires d’outre tombe

1811
David d’Angers obtient le prix de Rome avec La Mort d’Epaminondas

1812
Théodore Géricault obtient une médaille d’or avec son Officier de chasseurs à cheval
Campagne de Russie

1813-1842
Pierre-Alexandre Vignon réalise le Temple de la Gloire devenue aujourd’hui l’église de la Madeleine

1814
Jean-Auguste-Dominique Ingres peint La Grande Odalisque

1814
Le Sénat proclame la déchéance de Napoléon Ier et fait appel à Louis XVIII

1815-1830

A partir de 1815, on entre dans une période de transition où peu à peu les formes droites des robes prennent de l’ampleur et la taille s’abaisse. A partir de 1821-1822, les transformations des toilettes sont influencées par le retour du goût baroque et l’intérêt pour le néo-gothique. La mode pré-romantique se traduit par un costume féminin dont la taille redescend peu à peu vers sa place naturelle. Les jupes s’évasent et raccourcissent, le dos du corsage s’élargit progressivement, le décolleté s’agrandit, accentuant l’effet d’épaules tombantes, les manches prennent du volume et sont agrémentées de crevés et bouillonnés imitant ainsi les parures de la Renaissance. La vogue des manches « à gigot » est lancée par la duchesse de Berry.

La mode féminine est aux colifichets, comme le fichu canezou, petit corsage en mousseline porté sur la robe.

Les années 1820 voient la garde-robe masculine conserver du premier Empire le gilet, la cravate entourant le cou ainsi que l’habit à la française. L’habit dégagé est à la mode, tout comme la redingote dont la jupe, sous la taille un peu rehaussée, prend la même silhouette conique que celle des femmes. Le pantalon, tantôt collant, tantôt large, est d’une couleur différente, généralement plus claire, que le reste de la tenue. Vers 1825, la taille, à l’instar des femmes, retrouve sa place naturelle alors que les hanches s’arrondissent, tout comme le buste, grâce au port d’un corset. L’homme ne sort pas sans sa canne et son chapeau-claque ou son haut-de-forme.

Repères

1815
18 juin : Bataille de Waterloo. Seconde abdication de Napoléon qui est emprisonné à Sainte-Hélène où il meurt en 1821

1815-1824
Règne de Louis XVIII

1815-1830
Succès des passages parisiens, sortes de galeries commerciales surmontées de toits de verre

1816
Gioachino Rossini présente à Rome son opéra bouffe en deux actes Le Barbier de Séville

1817
Les premiers métiers à tulle sont importés en fraude d’Angleterre et installés à Calais
Développement du style troubadour

1818
Eli Whitney invente la machine à filer
Caspard David Friedrich peint Voyageur au-dessus de la mer de nuage
Arrivée du "King cotton" américain sur le marché européen

1819
Théodore Géricault présente au salon Le Radeau de la Méduse qui obtient un grand succès
Franz Schubert compose le Quintette en la majeur dit « La Truite »

1822
Jean-François Champollion décrypte les hiéroglyphes égyptiens de la pierre de Rosette

1823
Ludwig van Beethoven compose la 9e symphonie en ré mineur
Eugène Delacroix peint Les Massacres de Scio

1824
Ouverture de La Belle Jardinière, premier magasin de confection de série

1824-1830
Règne de Charles X

1825
Fondation du journal Le Globe, qui sera l’un des principaux défenseurs du romantisme français

1826
Félix Mendelssohn compose Le Songe d’une nuit d’été

1827
Le Romantisme triomphe au salon de 1827-1828
Inauguration de la première ligne de chemin de fer en France
Création de la Société industrielle de Mulhouse qui soutient et diffuse les progrès de l’industrie du coton

1827-1829
Ouverture du grand magasin Les Trois Quartiers

1829
La maison Lefébure, fabricant de dentelles de qualité, s’installe à Bayeux
Victor Hugo écrit son recueil de poèmes Les Orientales

1829-1848
Frédéric Chopin compose ses Valses

1830-1845

La taille étranglée des robes est encadrée entre des manches très larges et resserrées aux poignets, tandis que la jupe s’évase en cloche pour laisser voir les chevilles. Pendant la journée, le cou se voile de colifichets, guimpes, canezous, écharpes, qui connaissent un immense succès. A partir de 1835, la jupe s’allonge alors que les manches voient leur ampleur descendre autour du coude pour finalement s’ajuster aux poignets. Les garnitures sont peu nombreuses en dehors des colifichets, toujours portés en abondance. Le Moyen Âge sert dorénavant de référence bien que vers 1840, ce soit le XVIIIe siècle qui suscite l’admiration. Ainsi, le corsage s’allonge et dessine une pointe sur le devant de la jupe, alors que les manches redeviennent tantôt étroites, tantôt bouillonnées. Le châle cachemire connaît une nouvelle vogue en 1840 au point qu’il remplace parfois les manteaux. La coiffure de prédilection est une capote baleinée, en étoffe, qui s’évase autour du visage pour le jour, alors que le soir, les femmes arborent de hautes coiffures dites à la girafe.

Les lignes de la silhouette masculine s’épurent et les vêtements s’ajustent. Les pantalons sont étroits et bien tendus, la cravate est moins haute et le col de la chemise est rabattu par dessus. Une recherche de fantaisie perdure dans la couleur ou le décor des gilets. Pour les hommes, le haut-de-forme s’élargit vers 1840 et se pose sur des cheveux partagés par une raie, en deux masses bouclées à hauteur des oreilles.

Repères

1830
Barthélemy Thimonnier invente la première machine à coudre

1830-1848
Règne de Louis-Philippe. Monarchie de Juillet

1830
Hector Berlioz compose La Symphonie fantastique
Victor Hugo présente à la Comédie française sa pièce en cinq actes Hernani. Bataille entre classiques et romantiques
Stendhal écrit son roman Le Rouge et le noir
Eugène Delacroix débute son tableau La Liberté guidant le peuple

1831
Révolte des canuts lyonnais (ouvriers de la soie) contre l’adoption de la mécanique Jacquard
Vincenzo Bellini compose son opéra en deux actes La Somnambule
Victor Hugo écrit son roman Notre-Dame de Paris

1832
La « perrotine » permet l’impression des tissus à la planche en plusieurs couleurs simultanément
Jean-Auguste-Dominique Ingres peint le Portrait de Monsieur Bertin

1833-1922
Le Journal des Demoiselles publié en plusieurs éditions, devient une des revues de mode les plus diffusées du XIXe siècle

1833
Parution du roman d’Honoré de Balzac Eugénie Grandet

1834
Alfred de Musset écrit ses pièces de théâtre Lorenzaccio et On ne badine pas avec l’amour

1835
Théophile Gautier publie son roman Mademoiselle de Maupin

1836
Installation sur la place de la Concorde de l’obélisque de Louxor donné par Méhémet Ali, vice-roi d’Egypte

1839
Rapport de François Arago sur le Daguerréotype donnant naissance officiellement à la photographie

1840
Eugène Viollet-le-Duc commence les travaux de restauration de Vézelay et de la Saint-Chapelle à Paris

Vers 1840
L’application du système Jacquard au métier à tulle permet la fabrication de la dentelle mécanique

1842
William Turner peint Vapeur dans une tempête de neige

1844
Alexandre Dumas publie sous forme de feuilleton dans le journal Le Siècle son roman Les Trois mousquetaires

1845-1868

Le goût pour le XVIIIe siècle caractérise la majeure partie du Second Empire. Son expression la plus singulière demeure la crinoline de 1845 à 1868, qui serait une interprétation des paniers. Cette dernière doit son nom à l’étoffe tramée de crin dans laquelle elle est réalisée avant qu’en 1856, Auguste Person ne l’arme de cerceaux métalliques reliés les uns aux autres par des cordons dans la crinoline-cage. Généralement ronde, la crinoline atteint son diamètre maximum vers 1858 avant de projeter sa masse vers l’arrière à partir de 1861. Dès 1867, combattue par Worth, elle redevient un modeste tronc de cône dit crinoline empire. Quant aux robes, elles sont dites, à partir de 1845, à transformation, c’est-à-dire qu’elles sont constituées d’au moins deux corsages que l’on peut changer selon les occasions. Le premier peut être porté le jour, le second, pour le soir, se distingue par ses épaules laissées découvertes. On apprécie l’adjonction de volants superposés, de garnitures et les effets de matières, notamment avec la naissance du style dit tapissier. Les teintures, conséquences des progrès de la chimie, sont quant à elles de plus en plus criardes.
Les bottines se dotent à nouveau d’un petit talon vers 1840, en cuir noir, elles sont portées le jour. Les petites ombrelles sont les accessoires les plus prisés lors des promenades en ville.

L’habit masculin ne se modifie pas avant 1847, jusqu’à ce que la redingote raccourcisse et la jaquette apparaisse. L’habit est encore clair pour le jour, beaucoup moins ajusté qu’auparavant, bien qu’une évolution vers l’austérité et la raideur s’affirme à partir de 1860. Le noir, considéré de rigueur pour le soir, s’impose également en ville, en même temps qu’apparaissent plastrons et cols amidonnés. Cet habit est complété par des bottines à boutons pour le jour et des escarpins pour le soir. Le port de moustaches ou de favoris est quasi général.

Repères

1846
George Sand publie son roman La Mare au diable

1847
Honoré de Balzac publie son roman Splendeurs et misères des courtisanes

1848
Février : chute de Louis-Philippe et proclamation de la Seconde République. Louis-Napoléon Bonaparte est élu président
Karl Marx et Friedrich Engels publient l’essai politico-philosophique Le Manifeste du Parti communiste
Richard Wagner commence la composition de son cycle L’Anneau de Nibelung composé de quatre opéras, L’Or du Rhin, la Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des Dieux

1849
Walter Hunt invente l’épingle de sûreté

1850
La « suffragiste » américaine Amélia Bloomer lance la mode du pantalon bouffant porté sous une robe raccourcie à hauteur du genou. Ce « bloomer », au succès très limité, sera adopté par les cyclistes de la fin du siècle
Franz Liszt compose ses trois nocturnes Rêves d’amour

1851
2 décembre : Coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte
Ouverture du Théâtre-Lyrique à Paris
Création du Journal des frères Goncourt
Première Exposition universelle à Londres

1852
Ouverture du Bon Marché, suivie de celle des Grands Magasins du Louvre en 1855 et du Bazar de l’Hôtel de Ville en 1856

1852-1870
Second Empire. Louis-Napoléon Bonaparte devient Napoléon III

1852
Johannes Brahms compose la première de ses 21 Danses hongroises

1853
Napoléon III épouse Eugénie de Montijo
Le baron Haussmann lance son programme de travaux d’urbanisme dans la capitale
Giuseppe Verdi compose son opéra en trois actes La Traviata
Victor Hugo publie à Bruxelles son recueil satirique contre Napoléon III Les Châtiments

1854
Ouverture du studio photographique de Nadar
Gustave Courbet peint Bonjour, Monsieur Courbet

1855
Jacques Offenbach ouvre le théâtre des Bouffes-Parisiens
Exposition universelle à Paris, dont la machine à coudre est un véritable succès

1856
Découverte des colorants à l’aniline qui inaugure l’ère des teintures chimiques
Gustave Flaubert écrit son roman Madame Bovary, mœurs de province

1857
Charles Baudelaire publie son recueil de poèmes Les Fleurs du mal
Jean-François Millet peint L’Angelus

1858
Charles-Frédéric Worth ouvre sa maison au 7, rue de la Paix à Paris
La comtesse de Ségur publie son roman pour enfant Les Petites Filles modèles

Vers 1860
Diffusion de la machine à coudre, qui accélère l’essor de la confection

1860-1937
Parution de La Mode illustrée, Journal de la famille

1860
Traité de libre-échange avec l’Angleterre

1860-1875
Charles Garnier construit l’Opéra de Paris

1861-1865
Guerre de Sécession aux Etats-Unis

1861
Théophile Gautier publie sous forme de feuilleton son roman Le Capitaine Fracasse

1862
« Famine » du coton en Europe, liée à la guerre de Sécession
Jules Verne écrit son premier roman Cinq semaines en ballon

1863
Edouard Manet peint Le Déjeuner sur l’herbeet Olympia

Vers 1865
Caroline Reboux devient la modiste attitrée de la cour impériale

1865
Ouverture des magasins du Printemps

1865
Claude Monet peint Le Déjeuner sur l’herbe

1866
Ouverture des Magasins Réunis
Jacques Offenbach présente son opéra-bouffe La Vie parisienne
Alphonse Daudet écrit son recueil de nouvelles Les Lettres de mon moulin

1867
Johann Strauss joue Le Beau Danube bleu lors de l’Exposition universelle de Paris
Karl Marx publie le premier tome du Capital

1868-1889

Le changement de régime politique n’affecte en rien le costume féminin qui perpétue son goût pour le XVIIIe siècle et le style tapissier. La crinoline cède la place à la tournure, omniprésente durant toute la période. Cette dernière prend vers 1869 l’aspect d’une armature métallique faite de demi-cerceaux. Soutenues par la tournure, les robes forment, derrière, un pouf, qui peut être un drapé. Pour sortir, on porte le jour une visite. Ce petit manteau léger emprisonne tout le haut des bras restera, malgré ses contraintes, en vogue jusqu’en 1890. Ces éléments peuvent être réalisés à partir de châles cachemire, dont on commence à se départir. De 1874 à 1876, le pouf tend à disparaître mais la tournure subsiste sous l’aspect d’une queue d’écrevisse. La robe, au corsage ajusté, se dote, elle, d’une petite traîne. De 1877 à 1881, la silhouette devient filiforme, allant même parfois jusqu’à l’abandon de la tournure. Cependant, cette dernière reprend l’offensive, cambrant les reins à angle droit et enflant à tel point qu’on la nomme strapontin, du fait de son système rétractable lorsque que la femme s’assoit. L’intégralité de la période se caractérise par l’emploi d’étoffes riches et très ornées. En 1885, le tailleur anglais Redfern invente le costume-tailleur pour femme. Les bottines noires demeurent de mise en ville et prennent un aspect décolleté pour le soir.

Sous prétexte de correction, les costumes masculins se font de plus en plus sombres et rigides. Avant 1880, jaquette et redingote sont courtes. Après 1880, tous les vêtements se boutonnent très haut sur la poitrine ; le pantalon reste, quand à lui, collant et les lignes s’étriquent. Le jour, le complet-veston s’impose. A partir de 1873, la cravate de ville, jusque-là noire, peut prendre des tons variés.

Repères

1869
Ouverture de la Samaritaine

Vers 1869
Les premiers métiers à broder mécaniques, importés en fraude de Suisse, sont installés en Picardie dans la région de Saint-Quentin

1869
Inauguration du canal de Suez
Gustave Flaubert écrit L’éducation sentimentale
Pierre-Auguste Renoir peint La Grenouillère

1870-1871
Guerre franco-prussienne, à l’issue de laquelle la France perd l’Alsace et la Lorraine

1870
4 septembre : déchéance de l’Empire et proclamation de la IIIe République
Léo Delibes compose la musique du ballet Coppélia joué à l’Opéra de Paris

1871
18 mars : Commune de Paris, dont le soulèvement est réprimé en mai
Arthur Rimbaud écrit le poème Le Bateau ivre
Giuseppe Verdi compose son opéra en quatre actes Aïda

A partir de 1871
Emile Zola publie la série des Rougon-Macquart

1872
Georges Bizet compose la musique de scène L’Arlésienne composé pour le drame en trois actes d’Alphonse Daudet
Edgar Degas peint Le Foyer de la danse à l’opéra de la rue Le Peletier

1873
Claude Monet peint Impression soleil levant
Amédée Bollée invente le premier véhicule à vapeur « L’Obéissante » considérée comme l’ancêtre de l’automobile

1874
Le magasin du Printemps publie les premières pages de catalogue de vente illustrées
Première exposition impressionniste dans l’ancienne galerie du photographe Nadar
Jules-Amédée Barbey d’Aurévilly publie son recueil de six nouvelles Les Diaboliques

1875
Georges Bizet écrit son opéra comique en quatre actes Carmen

1876
Pierre-Auguste Renoir peint Le Moulin de la Galette
Paul Abadie débute la construction du Sacré-Cœur de Montmartre

1877
Piotr Ilitch Tchaïkovski compose la musique du ballet Le Lac des cygnes présenté pour la première fois à Moscou
Camille Saint-Saëns compose son opéra Samson et Dalila

1879
Paul Cézanne peint Le Golfe de Marseille vu de l’Estaque

1880-1967
L’Art et la Mode, revue d’élégance mondaine, reproduit la première photographie de mode en 1880

1880
Auguste Rodin réalise le modelage du Penseur

1881
John Redfern, créateur anglais du tailleur féminin, ouvre une succursale à Paris
Loi Jules Ferry sur l’enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire

1882
Théodore Ballu et Edouard Desperthes construisent l’Hôtel de Ville de Paris

1883
Invention de la dentelle chimique en Allemagne et en Suisse
Guy de Maupassant écrit son roman Une Vie

1883
Emile Zola écrit un roman qui s’inspire des grands magasins parisiens Au Bonheur des dames

1884
Claude Debussy obtient le prix de Rome avec la cantate L’Enfant prodigue
Edouard Delamare Deboutteville et Léon Malandin inventent la première voiture à moteur à combustion interne à pétrole

1885
Début de Mistinguett au Trianon Concert

1886
Georges Seurat termine son tableau Un Dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte
César Franck compose sa Sonate pour violon et piano en la majeur
Ouverture des Magasins de Louvre
Ouverture à Montmartre du cabaret des Assassins, devenant plus tard Le Lapin agile

1887
Gustave Fauré termine la composition de son Requiem en ré mineur
Alexandre Borodine commence à composer son opéra en quatre actes Prince Igor. L’œuvre sera achevée en 1890 par Nikolaï Rimski-Korsakov
Henri de Toulouse-Lautrec peint Au Moulin de la Galetteainsi que La Goulue et Valentin le désossé

1888
Paul Gauguin peint La Vision du sermon
Paul Sérusier peint Le Talisman
Vincent Van Gogh peint Les Tournesols

1889-1907

Les robes du début de la Belle Epoque se caractérisent encore par une taille marquée alors que la tournure disparaît. De 1893 à 1897, la jupe ronde forme une cloche, répondant à d’imposantes manches gigot. En 1898, la ligne sinueuse contemporaine de l’art nouveau, tord le corps féminin en S, jusqu’à ce que le buste se redresse progressivement à partir de 1906. Le corset impose une cambrure drastique alors que la silhouette exige le port d’un aplatisseur de poitrine et d’une petite tournure.

En ville comme en voyage, le complet trois pièces, composé d’un gilet, d’un pantalon étroit et d’un veston paraît incontournable. La tenue de soirée se compose d’un habit noir avec un gilet blanc, alors qu’est porté pour la première fois le smoking. Ce dernier aurait été lancé par le prince de Galles, futur Edouard VII, alors arbitre des élégances.
L’homme ne saurait sortir sans canne, sans son haut de forme ou son chapeau melon. Il arbore également des chaussures basses dotées de boutons.

Repères

1889
Inauguration de la Tour Eiffel lors de l’Exposition universelle

Vers 1890
Découverte de la soie artificielle à base de nitro-cellulose

1890
Erik Satie compose Les Gnossiennes
Triomphe du French Cancan au Moulin Rouge

1891-1938
La Mode pratique est la première revue à utiliser la reproduction directe de photographies de mode

1891
Jeanne Paquin fonde sa maison de couture rue de la Paix

1892
Piotr Ilitch Tchaïkovski compose la musique du ballet Casse Noisette
Paul Cézanne commence la série des Joueurs de cartes

1893
Antonin Dvorak compose la Symphonie n°9 dite du Nouveau Monde
Samuel Bing organise une exposition d’estampes d’Utamaro et d’Hiroshige chez Durand-Ruel
Rédaction du premier manuscrit de Noa Noa par Paul Gauguin

1894
Premier procès de l’affaire Dreyfus
Jules Renard écrit son roman Poil de Carotte

1895
Paul Valéry écrit Introduction à la méthode de Léonard de Vinci
Première exposition internationale d’art à Venise
Edvard Munch peint Le Cri
Ouverture des Galeries Lafayette
Les sœurs Callot fondent leur maison de couture rue Taitbout
Mort du couturier Charles-Frédéric Worth. La maison Worth est désormais dirigée par les deux fils du fondateur
Fondation de l’Automobile Club de France
Invention du premier appareil cinématographique par les frères Lumière. Tournage du premier film, La Sortie de l’usine Lumière à Lyon
La société française de production cinématographique L. Gaumont et Compagnie est créée par Léon Gaumont

1896
Première représentation de la pièce de théâtre en cinq actes d’Alfred Jarry Ubu Roi
Alice Guy réalise la premier film de fiction La Fée aux choux
Inauguration du premier cinéma à Lyon

1897
Pierre Loti écrit Ramuntcho
André Gide écrit Les Nourritures terrestres
Première représentation au théâtre de la Porte Saint-Martin de la pièce de théâtre en cinq actes d’Edmond Rostand Cyrano de Bergerac

1898
Jacques Doucet reprend la maison de lingerie et de confection de son père située rue de la Paix
Création de la société des Grands Bazars et Nouvelles Galeries réunis qui implante des magasins en province
Le manifeste d’Émile Zola, J’accuse, relance l’affaire Dreyfus qui aboutit à la grâce du condamné en 1899. Dreyfus sera réhabilité en 1906
Premier Salon de l’automobile
Création de l’Aéro-club de France

1898-1900
Fulgence Bienvenüe et Edmond Huet construisent le métro parisien dont le décor est réalisé par Hector Guimard

1899-1903
Paul Poiret fait ses débuts chez Jacques Doucet et travaille ensuite quelques mois chez Worth

1899-1900
Sigmund Freud écrit L’Interprétation des rêves

1900
Exposition universelle à Paris. Vingt maisons de haute couture occupent un pavillon entier
Sarah Bernhardt interprète L’Aiglon, pièce de théâtre d’Edmond Rostand
Victor Laloux réalise la gare d’Orsay
Construction du Grand Palais à l’occasion de l’Exposition universelle
Colette écrit le roman Claudine à l’école

1901-1956
Fémina est la première revue de mode moderne. Le prix littéraire du même nom est crée en 1905

1902
Georges Méliès réalise le premier film de science-fiction Le Voyage dans la Lune

1903
Paul Poiret fonde sa première maison de couture rue Auber
Les frères Wright réalisent un vol de quelques mètres à Kitty Hawk aux USA avec le premier avion à moteur le Flyer

1904
Importante exposition de dentelles anciennes au palais Galliéra à Paris : la dentelle devient un artisanat d’art
Giacomo Puccini présente son opéra en trois actes Madame Butterfly à la Scala de Milan

1905
Révolution en Russie
Première manifestation des peintres Fauves

1906
Eugène Lauste dépose le premier brevet de film sonore
Georges Méliès réalise le film Les Quat’Cents Farces du diable

1907-1914

A partir de 1907, Paul Poiret lance la ligne colonne, à taille haute et à jupe droite, et remplace le corset par une ceinture en gros grain incrustée dans la jupe de la robe. De 1911 à 1914, ce même couturier initie la ligne dite tonneau, teintée d’exotisme et se caractérisant par des hanches larges. On notera également l’emploi sporadique et contesté de la jupe-culotte, elle aussi initiée par Poiret.
Les chapeaux prennent une ampleur considérable à partir de 1907, chargés de fleurs et de plumes, ils seront même interdits dans certains lieux comme les théâtres. L’accessoire indispensable de jour est l’ombrelle alors que le soir, les dames ne sauraient sortir sans éventail.

Durant les années 1907-1914, le costume masculin ne connaît pas de modifications et reste semblable à celui de la période précédente.

Repères

1907
Pablo Picasso achève Les Demoiselles d’Avignon, tableau acheté par Jacques Doucet
Auguste Lumière invente la photographie en couleurs
Emile Cohl réalise le premier film d’animation Fantasmagorie
Serge de Diaghilev fonde les Ballets russes

1908
Georges Braque peint L’Estaque. Début du cubisme
Henri Lavedan écrit le scénario du film L’assassinat du duc de Guise, film muet sur une musique de Camille Saint-Saëns

1909
Jeanne Lanvin fonde sa maison de couture, après avoir débuté comme modiste
Paul Poiret s’installe rue d’Antin. C’est le premier couturier à quitter le quartier de la rue de la Paix
Première saison des Ballets russes au Châtelet à Paris
Henri Matisse peint La Danse

1910
Gabrielle Chanel s’installe comme modiste rue Cambon et ouvre une boutique à Deauville en 1913
Premières usines de fabrication de viscose ; ces fibres artificielles cellulosiques concurrencent la soie naturelle

1910
Publication du roman de Gaston Leroux Le Fantôme de l’Opéra

1911
Paul Poiret créé les Ateliers Martine destinés à l’édition d’objets d’art décoratif. Il fonde aussi Rosine, la première maison de cosmétiques et de parfums de couturier
Henri Desfontaines et André Calmettes réalisent le film Madame Sans-Gêne interprétée par Réjane
Ouverture du Gaumont Palace dans le XVIIIe arrondissement de Paris, plus grande salle de cinéma au monde

1912
Wassily Kandinsky écrit son essai Du spirituel dans l’art et réalise les premières peintures abstraites

1913
Représentation au théâtre des Champs Elysées du Sacre du printemps sur une musique d’Igor Stravinsky, chorégraphiée par Vaslav Nijinsky et interprété par les Ballets russes de Serge de Diaghilev
Louis Pergaud publie son roman La Guerre des boutons
Guillaume Apollinaire publie son recueil de poèmes Alcools
Marcel Duchamp réalise la première œuvre de Ready-made Roue de bicyclette

1913-1927
Marcel Proust débute la rédaction de son roman A la recherche du temps perdu

Les Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris
tél. : +33 (0)1 44 55 57 50