La technique du verre soufflé qui engendre une production massive est originaire de la zone Syro-Palestinienne. Elle apparaît peu de temps avant la naissance du Christ et, grâce au réseau politique et commercial d’échanges et de migrations de l’Empire Romain, se diffuse très rapidement.

Cette technique, qui consiste à transformer, par soufflage, une masse de verre en fusion en bulle puis en forme creuse quelconque, a l’avantage de la rapidité d’exécution. L’idée de souffler cette « bulle » dans des moules ouvrants permet l’obtention et la reproduction d’une infinité de formes. Si le moule est sculpté en bas-relief, un décor est obtenu simultanément à la forme.

Rapidité et production à grande échelle n’excluent pas l’utilisation du soufflage pour la réalisation de pièces extrêmement précieuses et rares comme les verres à plusieurs couches gravés de scènes figuratives dont le plus fameux est le vase Barberini-Portland du British Museum.

La remarquable maîtrise de la taille et les progrès dans la chimie des couleurs sont illustrées par d’autres tours de force dont la fabrication semble localisée près de riches métropoles comme Rome ou Alexandrie. Des ateliers de fabrication plus courante ont essaimé de l’Orient à l’Occident et se sont parfois perpétués après la chute de l’Empire Romain.

La richesse et la variété des verreries du Moyen-Age sont redécouvertes par les archéologues depuis plus de vingt ans, mais l’époque médiévale restera toujours marquée par le génie des hommes du verre plat et la splendeur de leurs vitraux. Alors que l’Occident illumine ses cathédrales de couleurs transparentes, en Orient les lampes de mosquée en verre émaillé rendent également gloire à la lumière divine.

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