Aux XVIIe et XVIIIe siècles la France, dont le prestige est si important pour les arts, le mobilier, l’orfèvrerie et la céramique, produit quelques très beaux objets utilitaires en verre mais très peu de pièces somptueuses et décorées.

Au XVIIIe siècle, on goûtait parfois plusieurs vins au cours d’un même repas, mais l’idée de présenter sur la table une série de verres, chacun pour un usage approprié, se diffuse au début du XIXe siècle. Les modèles de services créés à l’époque de la Restauration sont, aujourd’hui encore, des classiques du goût bourgeois français.

Lorsque le continent adopte le verre anglais au plomb, les Français le colorent et obtiennent les cristaux opales plus connus sous le nom d’« Opalines », puis les « presse-papiers » qui fascineront un siècle plus tard l’écrivain Colette et la couturière Jeanne Lanvin.

Le verre fut la première industrie des colonies nord-américaines et l’Europe importe vers 1840 une nouvelle révolution technologique venue des Etats-Unis : il s’agit du verre pressé-moulé, qui permet une accélération des rythmes de production et un apprentissage réduit au maniement d’une machine. Du perfectionnement de ce principe naissent les procédés semi-automatiques puis automatiques de fabrication des objets creux.

Depuis le XVIIe siècle les glaces, c’est à dire les verres plats épais, à faces parallèles, utilisés pour les miroirs, sont obtenus par le coulage sur une plaque de métal suivi d’opérations de polissages, mais le verre à vitre ordinaire est toujours, au milieu du XIXe siècle, obtenu par soufflage d’un cylindre ouvert et aplati.

A la fin du XIXe siècle l’automatisation permet la fabrication en continu d’un ruban de verre plat et favorise ainsi la diffusion de l’architecture de métal et verre, puis de béton et verre.

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