Le verre vénitien était, à cause de sa transparence, comparé au cristal de roche. Le verre que les bohêmiens mettent au point peut également, mais d’une façon différente, être comparé à ce minéral ; il en a le poids et la dureté ; se travaillant plus difficilement à chaud que celui de Venise, il s’adapte par contre très bien au décor à froid tel que la gravure à la roue.

Cette dernière technique, bien que connue sous l’antiquité, est au début du XVIIe siècle réservée au travail des pierres dures et semi-précieuses. On attribue à Caspar Lehmann (1570-1622) l‘idée d’avoir utilisé ce savoir avec le verre, d’abord en plaque puis sur des gobelets. De Prague, la technique se diffuse dans l’ensemble des pays germaniques où elle est un remarquable outil dans l’épanouissement du style Baroque.

Pendant le Moyen-Age, les déboisements réalisés par les verriers pour la chauffe des fours étaient bénéfiques puisque ouvrant les forêts à l’agriculture et aux communications. Par contre au XVIIe siècle, l’Angleterre désirant conserver l’usage du bois pour la construction navale et utiliser ses ressources en charbon, exige l’emploi de ce combustible.

Diverses adaptations sont alors nécessaires pour réussir à obtenir un verre aussi beau qu’auparavant. En augmentant les proportions d’oxyde de plomb on invente un verre lourd d’une très grande pureté et d’un éclat encore jamais atteint, celui qu’on appelle aujourd’hui, suivant des normes strictes, cristal. Son faire-valoir idéal est la taille dont une des formes les plus classiques est dite « pointe de diamant ».

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