Le département Moyen Âge/Renaissance recouvre une période de quatre cents ans allant du XIIe au XVIe siècle. Cette collection est constituée de 3622 œuvres témoignant du décor, de l’art de vivre et de son évolution jusqu’à l’extrême fin de la Renaissance.

Le département Moyen Âge/Renaissance ne comptait que peu d’œuvres avant qu’Émile Peyre en 1904, l’année de sa mort, ne fasse de l’Union Centrale des Arts décoratifs son légataire universel. Issu d’une famille bourgeoise aisée que l’art intéressait peu, Peyre, architecte, décorateur, collectionneur, est un homme de son temps. Il s’inscrit dans le mouvement néo-gothique que les Anglais avaient initié au siècle précédent.

Comme Mérimée, Hugo, Lassus ou Viollet-Le-Duc, Peyre est sensible à l’art des cathédrales, à l‘opus Francigenum dont les boiseries, meubles, objets liturgiques, présentés aujourd’hui dans ce département, sont le reflet fidèle. Très casanier, son réseau est pourtant international.

À partir des années 1880, en pleine vogue néo-Renaissance, il fait l’acquisition de nombreux tableaux et cassone des XVe et XVI siècles italiens sur les conseils du grand érudit Bernard Berenson. Vers la fin de sa vie, il achète onze frises sculptées gigantesques provenant du château andalou de Vélez Blanco dont la "Vie d’Hercule" est actuellement présentée dans une salle qui retrace également, dans le mobilier et la tapisserie, une période en pleine mutation à l’aube de la Renaissance.

Frise du château de Vélez Blanco : « La naissance d’Hercule »
© Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Laurent Sully Jaulmes

D’autres ont contribué à l’enrichissement de ce département : Jules Maciet qui donna un ensemble exceptionnel de sculptures du gothique tardif allemand et des pièces de choix dans le domaine de la tapisserie ; Alexandre Louise Grandjean à qui nous devons une partie importante de notre collection d’émaux peints de Limoges ; Étienne Moreau-Nélaton qui légua une vingtaine de sculptures provenant de toute l’Europe ; Andrée Sablé qui fit le don exceptionnel d’un ensemble de vitraux de Dirk Crabeth réalisé à Leyde ; Arconati Visconti dont l’importante donation comprend un groupe de quatorze vitraux rythmant la grande fenêtre de la « chambre gothique », period room unique en son genre, présentant un ensemble mobilier homogène provenant du château de Rigault d’Oureille en Auvergne.

Par souci de cohérence, la collection Beaux-Arts, provenant principalement d’édifices religieux, est présentée séparément de celle des Arts décoratifs. Ainsi l’originalité de la collection permet à la fois de suivre l’histoire complexe du retable depuis le panneau unique jusqu’au polyptyque et le renouvellement des formes dans la sculpture du XIIIe au XVIe siècle ainsi que l’évolution du goût dans les intérieurs privés du règne de Charles VIII à celui d’Henri III.

Les Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris
tél. : +33 (0)1 44 55 57 50