Moyen Âge / Renaissance

Le département Moyen Âge/Renaissance recouvre une période de quatre cents ans allant du XIIe au XVIe siècle. Cette collection est constituée de 3622 œuvres témoignant du décor, de l’art de vivre et de son évolution jusqu’à l’extrême fin de la Renaissance.

Le département Moyen Âge/Renaissance ne comptait que peu d’œuvres avant qu’Émile Peyre en 1904, l’année de sa mort, ne fasse de l’Union Centrale des Arts décoratifs son légataire universel. Issu d’une famille bourgeoise aisée que l’art intéressait peu, Peyre, architecte, décorateur, collectionneur, est un homme de son temps. Il s’inscrit dans le mouvement néo-gothique que les Anglais avaient initié au siècle précédent.

Comme Mérimée, Hugo, Lassus ou Viollet-Le-Duc, Peyre est sensible à l’art des cathédrales, à l‘opus Francigenum dont les boiseries, meubles, objets liturgiques, présentés aujourd’hui dans ce département, sont le reflet fidèle. Très casanier, son réseau est pourtant international.

À partir des années 1880, en pleine vogue néo-Renaissance, il fait l’acquisition de nombreux tableaux et cassone des XVe et XVI siècles italiens sur les conseils du grand érudit Bernard Berenson. Vers la fin de sa vie, il achète onze frises sculptées gigantesques provenant du château andalou de Vélez Blanco dont la "Vie d’Hercule" est actuellement présentée dans une salle qui retrace également, dans le mobilier et la tapisserie, une période en pleine mutation à l’aube de la Renaissance.

Frise du château de Vélez Blanco : « La naissance d’Hercule »
© Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Laurent Sully Jaulmes

D’autres ont contribué à l’enrichissement de ce département : Jules Maciet qui donna un ensemble exceptionnel de sculptures du gothique tardif allemand et des pièces de choix dans le domaine de la tapisserie ; Alexandre Louise Grandjean à qui nous devons une partie importante de notre collection d’émaux peints de Limoges ; Étienne Moreau-Nélaton qui légua une vingtaine de sculptures provenant de toute l’Europe ; Andrée Sablé qui fit le don exceptionnel d’un ensemble de vitraux de Dirk Crabeth réalisé à Leyde ; Arconati Visconti dont l’importante donation comprend un groupe de quatorze vitraux rythmant la grande fenêtre de la « chambre gothique », period room unique en son genre, présentant un ensemble mobilier homogène provenant du château de Rigault d’Oureille en Auvergne.

Par souci de cohérence, la collection Beaux-Arts, provenant principalement d’édifices religieux, est présentée séparément de celle des Arts décoratifs. Ainsi l’originalité de la collection permet à la fois de suivre l’histoire complexe du retable depuis le panneau unique jusqu’au polyptyque et le renouvellement des formes dans la sculpture du XIIIe au XVIe siècle ainsi que l’évolution du goût dans les intérieurs privés du règne de Charles VIII à celui d’Henri III.

XVIIe / XVIIIe siècles

Le département des XVIIe et XVIIIe siècles fut, dès les origines du musée des Arts décoratifs, un département conséquent regroupant des œuvres de nature encyclopédique. Fort aujourd’hui de près de 20 000 œuvres, celles-ci offrent un panorama quasi complet des arts décoratifs.

Céramique, boiseries, mobilier, peintures, sculptures, pièces d’orfèvrerie, bronzes d’applique, ferronneries, serrureries, médailles, objets en cuir, tapis, tapisseries, armes, pièces d’horlogerie, luminaires, instruments de musique, instruments scientifiques, objets de dinanderie et objets dits de vertu témoignent de l’inlassable création des artisans à une période charnière qui voit se creuser la distinction entre l’artiste et l’artisan.

Sa constitution doit beaucoup aux dons et legs nombreux que le musée reçut dans ses jeunes années complétés par une politique d’acquisition dynamique et pertinente conduite par les différents conservateurs qui se succédèrent à la tête du département. Les collections d’Émile Peyre (legs 1904), d’Alexandrine Grandjean (legs 1910) ou encore de Jules Maciet (legs 1911) fournirent quelques pièces majeures au département et favorisèrent le développement de secteurs comme celui de la boiserie ou de la porcelaine de Sèvres.

La grande diversité de ses collections favorise ainsi plusieurs approches : celle de la série qui dans une technique donnée permet d’apprécier une évolution tant technique qu’esthétique ; celle de l’ensemble offrant au regard un dialogue entre les œuvres recréant ainsi une atmosphère, une vision d’un certain art de vivre.

Actuellement environ 1500 œuvres sont exposées dans les galeries selon une progression chronologique bâtie essentiellement sur une thématique ornementale entrecoupée de quelques period-rooms, choix destiné à mettre en avant la notion du beau dans l’utile. Ponctuant le parcours, quelques présentations s’autorisent un parti pris plus didactique pour faire découvrir soit une technique soit une évolution des formes.

XIXe siècle

Le département XIXe compte un peu plus de 9 200 œuvres dont plus de 800 sont exposées dans 13 salles alternant des évocations d’intérieurs, des period rooms et des présentations en vitrines. Le musée présente ainsi un panorama complet et homogène des arts décoratifs de 1800 à 1889.

Les collections illustrent les débats animés sur les relations entre art et industrie qui traversent tout le siècle et sont à l’origine de la création du musée des Arts décoratifs. Constitué à partir d’achats menés aux expositions universelles et à celles organisées par l’Union centrale des Arts Décoratifs (UCAD), mais aussi à partir de très nombreux dons d’artistes et d’industriels de la période, le Département XIXe reflète l’ambition pédagogique de l’UCAD qui souhaite éduquer les artistes en leur présentant les chefs-d’œuvre des arts industriels.

Parmi les 450 pièces de mobilier se distinguent des ensembles complets de grande qualité d’époque Empire et Restauration, du mobilier royal déposé par le Mobilier national, la salle à manger de Charles Gillot dessinée par Eugène Grasset, des meubles exceptionnels provenant des expositions des produits de l’industrie et des expositions universelles.

Les collections sont aussi riches de plus 2 200 céramiques : des porcelaines issues des manufactures de Sèvres, de Paris et de Limoges, mais des céramiques d’artistes indépendants.

Le fonds d’orfèvrerie, composé de plus de 950 pièces, comprend des ensembles monographiques remarquables, notamment de la maison Odiot et de Christofle, tel que le monumental surtout des Cents couverts de Napoléon III.

Enfin, les beaux-arts sont aussi bien représentés au département XIXe qui compte plus de 300 peintures, essentiellement des portraits et des vues d’intérieurs, ainsi qu’un important fonds de quelques 500 sculptures.

Art nouveau / Art déco

La collection du département Art nouveau / Art déco du musée des Arts décoratifs comprend un ensemble de plus de 6 667 œuvres parmi lesquelles figurent les plus grands acteurs des différents courants artistiques de ces deux périodes fondamentales des arts décoratifs du vingtième siècle en France. Chacune comprend l’ensemble des créations d’arts décoratifs allant du mobilier aux arts de la table mais aussi, et c’est moins connu, la sculpture, la peinture et le vitrail.

La qualité et la singularité de la collection repose essentiellement sur l’histoire de sa constitution, laquelle, jusqu’en 1925, se compose principalement d’acquisitions faites directement auprès des artistes lors des salons ou des expositions universelles. Elle s’est ensuite constamment étoffée et enrichie par des donations et des acquisitions réalisées grâce au généreux mécénat de nombreux contributeurs ou à la suite d’expositions organisées par l’institution.

Pour la période Art nouveau (1890-1910), elle comprend ainsi la reconstitution de l’aménagement intérieur du pavillon réalisé par Georges Hoentschel pour le pavillon de l’Union Centrale des Arts décoratifs à l’exposition de 1900 à Paris mais également plusieurs ensembles conçus par Hector Guimard, Émile Gallé, Louis Majorelle, Alexandre Charpentier, Jean Dampt, ainsi que des œuvres de Georges de Feure, Eugène Gaillard ou Édouard Colonna provenant de la galerie L’Art nouveau de Siegfried Bing.

La période Art déco (1910-1936), collection nationale unique, comprend plusieurs pièces de créateurs dont l’œuvre est rare, à l’image de Clément Mère et Paul Iribe mais surtout des ensembles uniques comme celui de l’appartement privé de la couturière Jeanne Lanvin conçu par Albert Armand Rateau (1925) (Donation Louis de Polignac), ou le bureau de l’Ambassade Française conçu par Pierre Chareau pour l’Exposition internationale des arts décoratifs modernes et industriels de Paris en 1925, tous deux reconstitués dans nos salles permanentes.

De l’Exposition de 1925, le département présente également le fabuleux chiffonnier anthropomorphe d’André Groult conçu pour la chambre de Madame dans L’Ambassade Française, pavillon de la Société des Artistes Décorateurs.

L’institution s’est illustrée depuis sa création par sa proximité avec les créateurs contemporains dont elle accueille les expositions, ainsi pour le salon de la Société des Artistes Décorateurs mais aussi les premières expositions de l’Union des Artistes Modernes dès 1930. Proximité qui lui a permis de tisser des liens privilégiés qui ont favorisé la donation d’œuvres par les artistes ou leurs ayants droits comme ce fut le cas pour la donation de Robert Mallet-Stevens provenant de son hôtel particulier parisien (1927) ainsi que l’ensemble unique de meubles provenant de la collection du grand couturier, mécène et collectionneur, Jacques Doucet (œuvres de Pierre Legrain, Marcel Coard, Jean-Charles Moreux…).

En outre, le département possède des ensembles plus rares comme celui conçu par Jean-Michel Frank pour François Mauriac ainsi que le mobilier personnel de Sonia Delaunay (1924) ou encore un vitrail de Sophie Tauber-Arp provenant du restaurant de l’Aubette à Strasbourg.

Moderne / Contemporain

Faisant suite au département Art nouveau/Art déco, le département moderne et contemporain débute avec l’exposition internationale des arts et techniques de 1937 jusqu’à la période actuelle. Ses collections se déploient sur cinq niveaux dans le pavillon de Marsan. Très diverses, elles regroupent des pièces uniques autant que des objets fabriqués en série dans les domaines du mobilier, luminaire, céramique, verre, orfèvrerie .... Ouvertes à la scène internationale et aux dernières recherches en matière de design, elles permettent d’appréhender la pluralité des savoir faire dans l’artisanat autant que les différentes approches du design le plus contemporain.

Pour chaque décennie, la collection est le reflet des tendances les plus diverses du moment. Dans les années trente et quarante, le modernisme de René Herbst y croise le classicisme d’André Arbus et, dans les périodes les plus contemporaines, le minimalisme de Konstantin Grcic rencontre l’exubérance des frères Campana. Largement ouvert sur la production internationale, la collection fait la part belle aux acteurs incontournables du design, de Arne Jacobsen à Ron Arad, en passant par Joe Colombo avec les pièces majeures de leur travail. Les créateurs français (Jean Royère, Jean Prouvé, Charlotte Perriand, Roger Tallon, Ronan et Erwan Bouroullec…) constituent bien sûr un point fort de la collection.

Des créateurs plus atypiques permettent également d’appréhender la très riche variété des expressions de ces soixante dernières années : de l’onirisme de Janine Janet à la fantaisie cultivée de Garouste et Bonetti. Les collections contemporaines en particulier couvrent des champs très variés : projets expérimentaux, design fonctionnaliste de grande série, mais également pièces uniques réalisées artisanalement. A l’heure de l’internationalisation, nombre de centres sont ainsi représentés : du phénomène néerlandais des années 2000 aux grandes figures japonaises actuelles, en passant par l’émergence d’une scène française particulièrement dynamique.

La collection est parfois le reflet des grandes expositions qui ont marqué l’histoire du musée. Ainsi en 1968, l’exposition Les assises du siège contemporain a permis d’enrichir la collection de nombre de sièges aujourd’hui iconiques. De même, l’exposition À table de 1970, puis La céramique française, sources et courants de 1981 ont permis de faire rentrer au musée la production en série dans le domaine des arts de la table ainsi que de nombreuses pièces uniques en céramique.

Arts graphiques

Les quelque 150 000 dessins du département des Arts graphiques : unica, albums ou carnets, s’imposent comme un ensemble chronologique (XVI-XXIe siècles), esthétiquement homogène (Écoles française et européennes) et formellement pluriel (dans ses supports : vélin ou papier vergés comme ses techniques : pierre noire, sanguine, aquarelle, lavis, plume ou pastel).

Créé en 1974, le « Cabinet des Dessins » fabrique, dès les années 1880, son identité artistique. Aux sources de sa collection, des donations légendaires (celles du marquis de Chennevières, de l’iconique Jules Maciet, du mécène de Rodin, Maurice Fenaille ou du collectionneur banquier David David-Weill) ; le succès de ventes fondatrices (celle du décorateur et ébéniste Mombro, avec l’entrée fameuse de dessins de Boulle en 1885, celle encore de l’achat Hippolyte Destailleur en 1893-1896, avec ses dessins de Claude III Audran ; ou le volontarisme audacieux et prescripteur d’acquisitions réalisées dans l’atelier même des créateurs : l’achat des dessins à la craie de Carrier-Belleuse en 1868 fait date.

Hybride entre Beaux-Arts et Arts décoratifs, le Cabinet des Dessins se propose donc comme le miroir des collections du Louvre, conservant des master pieces ou « chefs d’œuvre » : y brillent les noms de Watteau, Fragonard, Boucher ou Degas. Mais il se singularise aussi par la qualité de corpus d’exception : l’important fonds du paysagiste Achille Duchêne ; un autre autour des Arts du Spectacle (les gouaches de Léon Bakst pour les ballets russes de Diaghilev font référence) ; un autre encore, sans doute inégalé, les 1000 Katagami, fragiles découpes d’un Japonisme environnemental.

Enfin, sept domaines signent la collection graphique des Arts décoratifs : le dessin d’ornement, d’architecture, de tissus, d’orfèvrerie et de joaillerie, de mobilier, de mode, enfin, celui « documentant l’art de vivre à la française » (sic). Les noms d’ Androuet du Cerceau, Meissonier, Pineau, Delafosse, Grasset, Mallet-Stevens, Terry, Sonia Delaunay, Royère, Fouquet, Arbus ou Elsa Schiaparelli donnent le ton.

Bijoux

Le musée des Arts décoratifs possède le plus important ensemble de bijoux des collections nationales françaises. Constitué de plus de quatre mille pièces allant de l’Antiquité à nos jours, il présente tous les types de bijoux, du diadème à la bague en passant par la boucle de ceinture.

Depuis 1878, la collection s’est enrichie par des achats auprès de marchands, de collectionneurs ou de créateurs et grâce à de nombreux dons et legs. Offerts, portés ou transmis en héritage, ces bijoux sont le témoignage d’amateurs passionnés et de ceux qui ont voulu préserver des marques d’amour ou d’attachement familial.

La bijouterie, qui est le travail de l’or (les autres matières viennent en complément), est particulièrement bien représentée au sein de la collection. La joaillerie, qui est la mise en valeur des pierres précieuses ou fines sur une monture en métal, est illustrée par des pièces rares des XVIIe et XVIIIe siècles. Les pièces du XIXe siècle, en raison de la propension de chaque génération à réutiliser les pierres sur des montures remises au goût du jour, relèvent plus de la bijouterie que de la joaillerie.

À la fin du XIXe siècle, le musée complète ses collections de bijoux anciens auprès de marchands tels que Michel, Schutz et Mannheim. Grâce à ce dernier, le musée se porte acquéreur en 1883 de bijoux étrangers (bijoux indiens et bijoux populaires italiens) lors de la vente Castellani, grand bijoutier italien et marchand d’antiquités. L’orfèvre Boin-Taburet se prend de passion pour les bijoux du XVIIIe siècle qui sont alors voués à la destruction et qu’il s’attache à préserver. Dans les années 1890, des collectionneurs vendent ou donnent au musée un ensemble important de bijoux du XVIIIe siècle que viendra compléter en 1916 le don de la marquise Arconati-Visconti.

Dès 1878, des pièces contemporaines entrent dans les collections comme « la parure égyptienne » d’Émile Philippe présentée à l’Exposition universelle. Pendant plus d’un siècle, de nombreux achats sont réalisés par le musée auprès des artistes eux-mêmes alors que certains font des dons pour sauvegarder leur travail. Le chaîniste du second Empire, Auguste Lion, offre au musée les six cent quarante-huit modèles de chaînes qu’il avait créés, dont le fameux bracelet Impératrice.

Jean Eugène Chevalier-Hill, mécène des père et fils Wièse, donne en 1924 la collection de bijoux de ces artistes qui appartenait à son épouse. C’est ainsi qu’entre au Musée des Arts Décoratifs le fonds le plus important de ce bijoutier historiciste de la seconde moitié du XIXe siècle. Édouard Monod-Herzen, en 1948, et Jean Després, en 1977, offrent au musée une sélection importante de leur travail.

Récemment, des expositions consacrées aux bijoutiers ont permis d’enrichir les collections de façon significative, faisant entrer des œuvres de Fouquet, René Lalique, Jean Schlumberger, Henri Gargat, Gilles Jonneman, Torun, Jacques Gautier et Line Vautrin. Une politique d’acquisition internationale, notamment par l’intermédiaire du Fonds national d’art contemporain, permet aujourd’hui aux créateurs les plus novateurs de trouver ici une juste reconnaissance de leur œuvre.

Jouets

1613 poupées, 559 accessoires de poupées, 79 maisons de poupées et cuisine, 132 dînettes, 2423 animaux, 778 automobiles, 166 avions et hélicoptères, 225 trains, 145 bateaux, voiliers et sous-marins, 236 jeux de construction, 131 jeux de société, 35 consoles de jeux vidéos : ce sont au total douze mille jouets qui constituent la collection du musée des Arts décoratifs.

En 1975, le département des jouets du musée des Arts décoratifs est créé par François Mathey, alors directeur des musées de l’Union centrale des Arts décoratifs.

Si quelques pièces sont antérieures à la Révolution française (jeux d’échecs et jeux de cavagnole), la collection se compose principalement d’acquisitions réalisées entre le milieu du XIXe siècle et l’époque contemporaine. Les jouets les plus anciens sont essentiellement de fabrication française et allemande (l’Allemagne était le premier producteur à la veille de la première guerre mondiale). Après la deuxième guerre mondiale, le marché économique s’est ouvert aux importations américaines et japonaises, et, de nos jours, les principaux fabricants de jouets sont en Chine, ce pays assurant 90% de la production mondiale.

Figurines soldats de la guerre 14-18, dessiné par JOB, France, 1916
Bois découpé peint
© Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

La première acquisition de la collection est un ensemble de mobilier du XIXe siècle. Il s’inscrit idéalement dans les collections du musée dont l’objectif est de retracer l’histoire de l’art de vivre du Moyen Âge à aujourd’hui. Mais très vite la collection ira au-delà de la seule représentation des goûts domestiques français.

Reflet de la vie quotidienne en miniature, le jouet témoigne de l’évolution d’une société. Elle se fait l’écho des découvertes scientifiques et des grands moments de l’Histoire. Le jouet est bien plus que l’illustration des pratiques ludiques d’une époque : il représente le monde. En réunissant une collection de jouets qui raconte plus d’un siècle de l’histoire des hommes, le musée des Arts décoratifs offre un regard unique sur l’évolution de notre société.

Information

Les œuvres des collections de Jouets ne peuvent, compte tenu de leur fragilité, être exposées en permanence. Elles sont présentées lors d’expositions temporaires.

ENTRE DEUX EXPOSITIONS, LES COLLECTIONS DE JOUETS
NE SONT PAS PRÉSENTÉES AU PUBLIC.

Papiers peints

Quelques 400.000 œuvres : papiers peints à motifs répétitifs, bordures et frises, camées ou attiques, dominos, papiers chinois, papiers peints à la main, papiers panoramiques et décors sont conservées au département des papiers peints du musée des Arts décoratifs, créé en 1967 au moment de l’exposition Trois siècles de papier peint.

Ces papiers peints permettent de dresser un tableau de ce monde bien particulier relevant à la fois de l’artisanat et de l’industrie, de narrer l’histoire d’un métier en plein renouveau, d’évoquer les plus grands créateurs et designers investis dans la décoration intérieure et témoignent des liens étroits qui ont toujours existés entre Les Arts décoratifs et la profession.

Les premières acquisitions datent de 1864, à une époque où le papier peint est réputé répondre autant aux besoins de la société que les articles d’alimentation et d’habillement.

À l’issue de l’exposition Décoration de papier en 1882, puis, à la faveur d’achats et plus encore de donations, des collections de manufactures renommées comme Dufour & Leroy, I. Leroy, Réveillon - Jacquemart & Bénard, Turquetil, Zuber… et de dessinateurs tels Victor Poterlet, Édouard Muller et bien d’autres encore, sont offertes à l’Union centrale des Arts décoratifs.

Chasse au cerf, tableau des Grandes chasses, manufacture Étienne Délicourt, Antoine Dury (dessinateur), 1851
Inv. 29809 A
© Les Arts Décoratifs / photo : Jean Tholance

Le département des papiers peints achète quelques 800 documents des manufactures Réveillon - Jacquemart & Bénard et plusieurs milliers de modèles provenant des archives graphiques des sociétés Leroy - Desfossé & Karth, en 1982. Il suit avec constance l’actualité de la profession, sélectionne des témoignages de la production des fabricants et éditeurs de papiers peints.

Grâce à cette politique d’acquisition, le département des papiers peints possède un très riche répertoire d’œuvres de premier plan conçues par des artistes-créateurs majeurs et les principales manufactures tant françaises qu’étrangères, depuis le XVIIe siècle jusqu’à nos jours.

Verre

La collection du musée des arts décoratifs comporte plus de 5000 objets en verre représentatifs des productions utilitaires, décoratives et artistiques du XIVe siècle à l’actualité la plus récente. De très nombreuses technologies de fabrication et de décoration sont représentées et la gamme des typologies est très étendue.

Les premières entrées significatives datent de l’exposition universelle de 1878, et cet ensemble, le plus important des collections publiques françaises sur une période aussi longue, a été doté en 1982 d’un département spécialisé ainsi que d’un centre de recherche et de documentation unique en son genre en Europe.

De 1878 à 1914, le musée achète des modèles originaux de verres orientaux, chinois ou islamiques, quelques verreries européennes préindustrielles et surtout des créations contemporaines représentatives des nouvelles générations d’artistes et des principales manufactures françaises, mais aussi européennes et américaines. Emile Gallé, François-Eugène Rousseau et ses collaborateurs, Philippe Joseph Brocard, Henry Cros et Albert Dammouse, aux côtés de René Lalique, Baccarat, Lobmeyr, Salviati et Tiffany forment le cœur de cette première collection.

Ce noyau des chefs-d’œuvre historicistes et Art nouveau est régulièrement complété par des dons des créateurs et de leurs familles, par exemple pour Daum, François Décorchemont ou Saint Louis, et par les membres des réseaux liés à l’histoire de l’UCAD et du musée.

À partir de 1902, avec l’entrée de la collection de Patrice Salin, membre fondateur de l’UCAD, ce sont des collections entières, généralistes ou spécialisées (par exemple, d’opalines, de verres de Nevers, de flacons, de verres gravés ou autour d’un artiste comme Maurice Marinot) qui, sous forme de dons ou de legs, donnent à cet ensemble une richesse et une variété sans équivalent en France.

Depuis le début des années 1980, une politique d’acquisition active a été remise en place, après des décennies de sommeil, pour compléter les fonds historiques et pour suivre et rassembler à nouveau une collection représentative de l’actualité verrière française et internationale dans les domaines aujourd’hui entrelacés de l’artisanat, de l’art et du design.

Si l’Europe y domine, France, Italie et Pays-Bas en tête, les États-Unis, le Japon et l’Australie ont ouvert la collection à une dimension globale avec des œuvres majeures.

Mode / textile

À sa création, le musée des Arts décoratifs possédait une importante collection textile (soieries, broderies, dentelles, toiles imprimées) qui ne cessera de s’enrichir. Parallèlement, l’Union française des arts du costume (UFAC), créée par les professionnels du secteur sous l’impulsion de François Boucher en 1948, allait constituer sous la houlette d’Yvonne Deslandres un des ensembles les plus prestigieux au monde.

Estimée aujourd’hui à plus de 60 200 œuvres, cette collection, aujourd’hui présidée par Pierre Bergé, est composée de costumes, accessoires, textiles mais également d’un important fonds de photographies et d’art graphique. En 1981, un accord scelle l’alliance de ces deux collections, permettant l’ouverture du musée des arts de la Mode en 1986.

Rebaptisée musée de la Mode et du Textile en 1997 puis intégré au musée des Arts décoratifs pour en devenir l’un de ses principaux départements, la collection est aujourd’hui riche de plus de 152 800 œuvres comprenant costumes, accessoires et textiles du IIIe siècle à nos jours. Les noms des plus grands créateurs y sont réunis, de Paul Poiret à Popy Moreni, de Madeleine Vionnet à Christian Lacroix, de Christian Dior à Yves Saint Laurent.

Avec plus de 1 500 m2 consacrés à la mode et au textile, Les Arts Décoratifs disposent du plus grand espace d’exposition consacré à ce domaine dans le monde : deux expositions par an en moyenne y sont présentées.

Les œuvres des collections Mode et textile ne peuvent, compte tenu de leur fragilité, être exposées en permanence. Elles sont présentées lors d’expositions temporaires.

ENTRE DEUX EXPOSITIONS, LES COLLECTIONS MODE ET AU TEXTILE
NE SONT PAS PRÉSENTÉES AU PUBLIC.

Publicité / design graphique

Art de l’éphémère par excellence, la publicité est le lieu où se croisent et s’interpénètrent les tendances artistiques et les courants sociologiques d’une société. C’est de ce renouvellement permanent, mais aussi de sa dimension historique, créative et socioculturelle, que témoigne ce département.

En ouvrant en 1978, rue de Paradis le musée de l’Affiche, l’Union centrale des Arts décoratifs (UCAD) confirmait sa vocation d’explorer toutes les voies des arts décoratifs, y compris les plus quotidiennes, les plus banalisées, les plus largement partagées, et faisait œuvre de précurseur.

De retour rue de Rivoli en 1990, Les Arts Décoratifs disposent de salles d’exposition aménagées par Jean Nouvel.

Les premières affiches sont entrées dans les collections au début du XXe siècle, tout d’abord conservées à la Bibliothèque. Un département Affiches est créé en 1972 par Geneviève Picon puis, un musée de l’Affiche est officiellement créé en 1978. Installé rue de Paradis en 1981, il devient musée de la Publicité, avant de rouvrir en 1999 au 107 rue de Rivoli, dans des galeries aménagées de Jean Nouvel.

Outre le fonds d’affiches (50 000 affiches anciennes du XVIIIe siècle à la Seconde Guerre mondiale et 50 000 affiches contemporaines de 1950 à aujourd’hui), les collections se sont enrichies de films publicitaires (plus de 20 000 films, français ou étrangers, des années 1930 à aujourd’hui), d’annonces presse (plus de 30 000), de spots radio, d’objets promotionnels…

Devenu un département du musée des Arts décoratifs, les collections sont présentées à l’occasion d’expositions temporaires.

Information

Les œuvres des collections Publicité / graphisme ne peuvent, compte tenu de leur fragilité, être exposées en permanence. Elles sont présentées lors d’expositions temporaires.

ENTRE DEUX EXPOSITIONS, LES COLLECTIONS PUBLICITÉ ET GRAPHISME
NE SONT PAS PRÉSENTÉES AU PUBLIC.

Les Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris
tél. : +33 (0)1 44 55 57 50