1715
Apparition de la robe volante, portée sur un panier circulaire, à demi-fermée devant, avec des plis dans le dos partant de l’encolure, des manches en raquette, et pour seul ornement le dessin du tissu. Le justaucorps, élargi par des plis multiples, prend une forme juponnée. Les manches ont de grands paravents ouverts, arrondis ou droits. La veste, de forme droite encore devant, peut avoir un dessin tissé à disposition. La perruque perd de son ampleur et change de forme.

1735
La robe à la française supplante la robe volante, et se porte aussi sur un panier, qui prend une forme ovale. Elle se compose d’un manteau ouvert sur la pièce d’estomac ou sur une échelle de rubans, et d’une jupe assortie. L’habit à la française perd de son ampleur et son décor brodé tend à se limiter à de fausses boutonnières. Les pans de devant prennent une coupe oblique vers 1760. La veste se porte plus courte que le justaucorps. La culotte est ajustée au-dessous des genoux par des jarretières.

1795
Abandon des paniers et des corps à baleines ; adoption de la silhouette « à l’antique », à taille haute ; goût pour les cotonnades blanches. La mode « à l’antique » du Directoire s’assagît ; les robes conservent leur taille haute, avec des manches ballon coulissées : goût pour les mousselines blanches brodées de motifs « au naturel ». L’Impératrice Joséphine habillée par Leroy, est admirée et copiée pour son élégance.


1812
La mode préromantique se traduit par des robes aux manches agrémentées de crevés et de bouillonnés, pour imiter les costumes de la Renaissance. La taille redescend à sa place anatomique. La jupe s’évase, avec au bas des bourrelets, des volants et des bouillonnés.

1830
La mode romantique consacre la « taille de guêpe » prise dans un corset, qui met en valeur des manches volumineuses aux formes variées et une jupe en cloche ; les hommes portent plusieurs gilets superposés et cintrés, avec une cravate nouée sous le menton ; les enfants sont habillés sur le modèle des adultes.

1845
La mode est aux robes en deux parties, formées d’un corsage et d’une jupe garnie de volants superposés, soutenue par une crinoline-jupon ronde et toile tramée de crin ; un corset court met en valeur les épaules.


1856
Triomphe de la crinoline-cage à cerceaux métalliques, ovoïde et rejetée en arrière, qui atteint son envergure maximale vers 1865. À la même époque, le « costume court » se répand pour les tenues d’extérieur, mis à la mode par l’impératrice Eugénie après son excursion à la mer de Glace en 1860.

1877
La tournure est quasi abandonnée et la silhouette devient longiligne. Le complet masculin composé d’un veston, d’un gilet et d’un pantalon de même tissu, se répand vers 1875.

1898
Silhouette en S, proche des sinuosités de l’Art nouveau. Le complet noir masculin composé de trois pièces de même tissu devient d’usage courant. Le costume marin est la tenue enfantine la plus répandue.


1907
Collection de robes de Paul Poiret inspirées par la mode du Directoire. Ces robes sont montées sur une petite ceinture baleinée, ce qui vaut au couturier la réputation d’avoir « libéré la femme du corset » ; cette ligne droite triomphe en 1910.

1914
Pendant la guerre, la femme continue d’alléger sa garde-robe ; le corset est supprimé et la jupe raccourcie au-dessus de la cheville. Les formes sont droites et mieux adaptées à une vie plus active.

1920
Le vêtement féminin se simplifie. Les formes sont droites, éloignées du corps. La robe est courte, portée avec des bas de soie de couleur chair. L’emploi des fibres artificielles se développe dans la lingerie qui voit apparaître le soutien-gorge aplatisseur pour les femmes et le caleçon court pour les hommes.


1930
Le vêtement féminin est souple et fluide. Le pyjama de plage se diffuse largement pour le jour, comme pour le soir, introduisant le pantalon dans la garde-robe féminine. Pour l’homme, le vêtement de ville se compose d’un complet-veston et d’un pardessus. Pour le soir, le port du smoking se généralise. Robes à smocks, culottes de golf, pull-overs tricotés à la main sont, aux côtés du costume marin, les principaux éléments de la garde-robe enfantine.

1940
La silhouette est massive : la carrure s’élargit, les jupes raccourcissent mais la taille reste très marquée. Les accessoires, chapeaux et turbans confectionnés à la maison, chaussures à semelles compensées, sacs en bandoulière – viennent renouveler une garde-robe restreinte par la pénurie des matières premières.

1950
L’élégance féminine, de nouveau très codifiée, est marquée par le triomphe de la robe de cocktail. La démocratisation des vacances fait naître un nouveau type de vêtement, le « sportswear ».


1960
La jeunesse issue du « Baby-boom » impose son image, ses goûts et son mode de vie : la mixité, le rock & roll, les loisirs et la vie en bandes. Les structures de production de la mode connaissent une profonde mutation. La haute-couture est concurrencée par les stylistes qui favorisent un rapide essor du prêt-à-porter. De l’ultra court au « maxi », la mode s’affole et connaît toutes les longueurs.

1970
À la faveur de la mode unisexe, le pantalon s’impose en toutes circonstances. « Pattes d’eph », taille basse, ou de coupe plus classique, il adopte – comme le reste de la garde-robe – des coloris vifs et des imprimés voyants. La mode masculine qui délaisse pour un temps son habituelle discrétion, se décline en couleurs et matières synthétiques.

1980
Sous le signe de l’excès, couturiers et créateurs surenchérissent dans la création de panoplies clinquantes. L’opulence des défilés spectacles et le culte du corps sont cependant remis en cause par l’arrivée sur scène des créateurs japonais qui imposent le noir et la déstructuration. Il n’existe plus alors une mode mais des looks.

1990
La spiritualité new age rejoint le culte de l’essentiel. Le minimalisme est le maître mot en matière de coupe et la recherche décorative se réfugie souvent dans les demi-tons et textures. Au-delà des formes, la création de mode est aussi affaire de concept, notamment chez les créateurs de l’école belge. Une vague de créateurs anglo-saxons contre la sobriété ambiante par des collections spectaculaires.


2000 - 2016
Les grands groupes du luxe se consolident et les maisons de couture ou de prêt-à-porter doivent souligner leurs codes identitaires et leurs marques. La logomania fait de l’accessoire griffé le véhicule idéal de la création. Le stylisme photographique des magazines diffracte les silhouettes des défilés en multiples sous-parties habilement associées. Le rôle de directeur artistique supplante d’ailleurs celui de créateur. La tendance vintage acquière une grande visibilité dans les cérémonies red carpet ; une nouvelle génération d’habilleurs et de chausseurs ressuscite la tradition de la parure.

Christian Dior par Raf Simons, Robe du soir courte, Haute couture, automne-hiver 2014-2015, modèle 3, damas de soie broché, brodé de fil, de perles et de strass / Valentino par Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli, Robe du soir longue, Haute couture, automne-hiver 2015-2016, modèle 46, chevreau doré brodé de cordonnet et de perles appliqué sur tulle / Rick Owens, Ensemble, Gilet et robe, Prêt-à-porter, printemps-été 2016, toiles de Nylon et de coton enduites de polyu-réthane, métallisées argent. Collection Mode et Textile © DR
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