À travers une vingtaine d’artistes et plus de deux cents œuvres, affiches sérigraphiées, livres et magazines, révèlent le dynamisme, la diversité et la singularité de cette jeune génération.

Intimement liée à l’histoire du pays, celle du graphisme coréen est relativement récente. L’émergence de cette pratique artistique est en effet ponctuée par des moments marquants, tels que la proclamation d’indépendance en 1945 ou encore les Jeux olympiques de Séoul en 1988, qui contribuent au développement d’un milieu propice à la créativité, encore aujourd’hui en plein essor. Si cet art ne dispose d’aucune tradition à proprement dite, il intègre rapidement les codes et les spécificités culturelles locales. En proposant un langage visuel moderne et libre, il est le reflet d’une quête de renouveau, actuellement omniprésente en Corée.

Ce volet s’ouvre sur un espace dédié à AHN Sang-soo, reconnu comme le père de la discipline. Créateur influent auprès des artistes émergents, il est le premier à avoir fait de l’alphabet hangul son sujet principal. Inspiré par la poésie du mouvement Dada et par le poète moderniste YI Sang, AHN Sang-soo s’est affranchi des règles normatives de la typographie, en jouant avec la géométrie et l’échelle des lettres, tout en brouillant parfois les codes de la linguistique. À travers son travail, l’exposition évoque ainsi l’engouement commun des graphistes pour la typographie et plus particulièrement pour cet alphabet, inventé au XVe siècle. Le Hangul, initialement créé comme alternative au chinois, alors dominant et réservé aux personnes lettrées, est aujourd’hui devenu une référence culturelle et identitaire primordiale : souvent transmis par les femmes, à sa création, il est aujourd’hui la langue maternelle.

Le public est également invité à découvrir le travail de PARK Kum-jun, fondateur du studio 601 Bisang. Ses ouvrages exposés pour l’occasion, révèlent son attention accordée aux qualités formelles du livre en faisant usage de matériaux traditionnels, tel que le papier hanji, fabriqué à la main. PARK Kum-jun, participe également à l’expansion du milieu littéraire, avec notamment la création en 2001 de Paju Book City, ville où se sont implantées plus de cinquante maisons d’édition, bibliothèques et librairies.

La jeune génération est aussi représentée par l’atelier Practice, le studio Therewhere, ainsi que par les graphistes KIM Bo-huy, Chris Roe ou encore PARK Yeoun-joo. Leurs productions sont à la fois synonymes d’un attachement profond à la tradition et aux fondements des mœurs coréennes, mais sont aussi symptomatiques d’une volonté d’ouverture vers le monde occidental. Depuis quelques années, de nombreux ateliers ont été créés par ces artistes émergents en quête d’indépendance et de liberté créatrice. En élargissant les champs de leur activité, les designers graphiques coréens se positionnent comme des acteurs centraux de la scène artistique, en participant pleinement à son émergence. Parmi eux, KIM Do-hyung, et KIM Na, viennent clôturer le parcours de l’exposition.

Les Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris
tél. : +33 (0)1 44 55 57 50