Présentés au cœur de la grande nef ainsi que dans ses galeries latérales, le design et l’artisanat coréens sont mis à l’honneur. Afin de montrer la diversité des métiers d’art issus de ce pays, ont été réunis une centaine d’artistes et plus de quatre cents œuvres, mêlant ainsi les héritiers des techniques anciennes à une jeune génération en quête de renouveau technologique.

La laque Ott-chil, la nacre Najeon, le papier Hanji, le bijou et le travail du métal rythment les premières étapes de cette exposition qui débute dans les galeries Rivoli. Des œuvres sujettes à de multiples réinterprétations stylistiques côtoient des pièces aux formes plus traditionnelles, classées pour certaines sous l’appellation de Patrimoine culturel immatériel. Les travaux de CHUNG Hae-cho, l’une des références incontestées pour la laque, sont installés avec ceux du jeune créateur LEE Kwang-ho qui offre pour sa part, une approche alternative de ce procédé. Ce regard novateur fait écho aux productions de LEE Young-soon et de KANG Sung-hee, tous deux spécialistes de l’art du tissage du Hanji, papier d’une grande résistance. L’orfèvrerie, domaine dans lequel les Coréens excellent particulièrement, est illustrée par les arts de la table à travers les productions de KIM Dong-hyun ou encore de KIM Hyeong-jun. Enfin, deux salles sont consacrées à la scène du bijou contemporain, très active en Corée, avec KWON Seul-gi et MOON Choon-sun, connus pour leurs approches expérimentales du plastique et de la silicone. A leurs côtés sont exposés KIM Hee-joo qui exploite des matières naturelles comme le cuir ou encore MIN Bog-ki et SIM Hyun-seok, fidèles quant à eux aux matériaux plus classiques, comme l’or et l’argent.

La nef est essentiellement dédiée au mobilier, au verre et à la porcelaine. Même si le design coréen reste peu diffusé, il est néanmoins présent sur la scène internationale, grâce aux foires prestigieuses telles que celles de Miami et Bâle. Ce regard vers l’étranger est évident chez les jeunes designers ‒ nés pour la plupart pendant les années 1980 ‒ qui mêlent à leur culture artistique d’origine, tout un répertoire formel nouveau, puisé au-delà des frontières coréennes. SONG Seung-yong, l’un des artistes les plus prolifiques de sa génération, laisse transparaitre l’impact de sa formation en France en créant des œuvres aux styles hybrides, comme sa chaise Object O. Dans une veine plus traditionnelle, les pièces de mobilier de BAI Se-hwa illustrent les techniques anciennes du cintrage du bois à la vapeur encore utilisées aujourd’hui.

La céramique fait aussi l’objet d’une attention particulière dans les salles longeant les Tuileries. Classées en trois grands thèmes, le céladon, le buncheong et la porcelaine blanche, sont des méthodes de production très appréciées et répandues en Corée. Le céladon, développé sous la dynastie Koryo (918-1392) est aujourd’hui réinterprété selon des formes simples et plus actuelles, avec notamment les œuvres de LEE Ga-jin. Certains potiers, tels que REE Soo-jong, se réapproprient également le procédé du buncheong, en ayant recours à une gestuelle très spontanée et libre. De même pour la porcelaine blanche de la période Joseon (1392-1910), avec les travaux de KWON Dae-sup, qui tend aussi vers cette tendance de renouveau, avec ses grandes jarres blanches aux formes simples et très épurées.

La fin de ce parcours initiatique se termine avec l’évocation d’une maison coréenne Hanok conçue autour du principe du vide, sans portes et avec très peu de meubles, afin de favoriser la mesure et l’harmonie. Une typologie de petites tables mobiles et légères, les soban, façonnées par YANG Byung-yong, sont installés afin d’illustrer la vie quotidienne au « ras du sol ». Le travail du bambou et des services de la cérémonie du thé complètent cette vision d’un art de vivre traditionnel.

2 COMMENTAIRES
  • Craft et Design
    7 novembre 2015 09:31, par Bouzom michèle

    Splendide exposition qui reflète un travail et une réflexion extraordinaires . A propos, qui est l’auteur des ravissants petits branchages argentés du rez-de-chaussée ? Ils sont entre les « Pissenlits » de Ko Hye-Jeong et les bols de Kim Young-I

  • Craft et Design
    25 octobre 2015 19:02, par deganis

    Bonjour je sors de l’exposition et elle m’a enchantée ! les œuvres présentées, la scénographie exceptionnelle, une exposition magique... Bravo à toute l’équipe, Anne

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