Lendemain de fête, 1948
Société française des papiers peints SANITEX, dessinateurs : Léonore Fini et Jacques Hincelin, collection «  Édition d’art  », papier à pâte mécanique, impression au cylindre.
© Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

Le titre de l’exposition, « Faire le mur », fait référence aux différents usages permis par le papier peint qui participe à la construction et à l’ornementation d’une paroi murale. À travers plusieurs thématiques développées dans six salles dédiées à l’événement, techniques et époques se mêlent sans ordre chronologique. Des papiers anciens côtoient des pièces contemporaines afin d’illustrer les méthodes de production, les typologies et les formes se répètent, qui changent ou évoluent au rythme de l’histoire de l’art. Le papier peint n’est pas juste une surface couvrante. Il crée des univers nouveaux, des sensations ou encore des ambiances nécessitant des procédés de fabrication complexes. Les motifs, les rendus chromatiques et lumineux, transforment notre perception de l’espace, jusqu’à même laisser apparaitre des architectures fictives et des effets de trompe-l’œil. Ces différents types de papiers sont, certes, les témoignages d’une richesse créative, mais ils sont avant tout des acteurs iconiques dans l’histoire des styles et des tendances, reflétant ainsi le goût et les mœurs d’une époque.

La première salle, au titre évocateur « Anoblir le mur », renvoie à une expression utilisée par les spécialistes qui définissent « l’anoblissement » comme étant un procédé d’embellissement des tissus. Dans le cadre de l’exposition, ce terme est cette fois-ci appliqué au papier peint, afin d’insister sur la capacité de ce dernier à enjoliver les parois murales. Ces attributs de l’ornementation sont illustrés par des pièces maîtresses, telles que les impressions en arabesque du XVIIIe siècle réalisées par la célèbre manufacture Réveillon ou encore par des créations contemporaines du Studio Job et Timorous Beasties. En respectant les normes esthétiques établies, le papier peint est non seulement un objet décoratif, mais il est plus généralement le reflet d’une culture et d’un art de vivre.

Sans titre, 1905
Henri Sauvage, dessinateur et éditeur, papier teinté, impression au pochoir
© Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

La deuxième salle, « Imaginer le mur », met l’accent sur les genres artistiques inventés et réinterprétés au fil des siècles, avec des papiers peints tels que ceux d’André Groult, Émile-Jacques Ruhlmann, André Mare, René Fumeron et Léonor Fini. Ces œuvres évoquent certains savoir-faire traditionnels, mais également des approches novatrices offrant un nouveau souffle à la décoration d’intérieur.

Tout en répondant aux goûts et aux critères de beauté d’une époque, le papier peint a également la capacité de solliciter l’imagination, voire même d’altérer notre impression spatiale d’un lieu. « Déguiser le mur », est une salle qui rend hommage au trompe-l’œil à travers des créations des XVIIIe et XIXe siècles, comme celles des manufactures Desfossé & Karth, mais aussi Dufour & Leroy. Dentelles et draperies peintes donnent ainsi l’illusion d’un jeu de textures et de volumes qui transforment la planéité du mur. Dans cette même veine, « Raconter le mur » réunit des papiers peints qui renvoient à différents courants stylistiques de l’histoire de l’art. L’étrusque, le néo-classique, le néo-gothique ou encore l’orientalisme, sont des références essentielles pour des manufactures de renoms telles que Délicourt ou Desfossé & Karth, Lapeyre, Sanderson ou encore Zuber. Appliqués sur la paroi, ces ornementations et structures architecturales peintes créent des effets d’optique en ouvrant le mur vers des horizons pourtant factices. Ces recherches autour du dessin et du motif, vont également de pair avec des expérimentations dédiées aux matières et textures.

Porte trompe-l’œil MMM – Ligne 13, 2010
Éditeur : Maison Martin Margiela, intissé, impression numérique
© Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

Les deux dernières salles venant clôturer l’exposition ‒ « Inspirer le mur » et « Jouer le mur » ‒ réunissent des productions où le papier laisse place à d’autres matériaux. Le carton, le cuir, ou encore des substances métallisées, libèrent le mur des formes et des méthodes classiques. De nombreux créateurs participent au renouvellement des motifs, comme c’est le cas des éditeurs de Piero Fornasetti, Jean-Charles de Castelbajac et Christian Lacroix. Le papier peint n’est plus juste un ornement, il est une installation murale, jusqu’à même être une œuvre d’art à part entière.

5 COMMENTAIRES
  • Enfin les Papiers peints à l’honneur !
    18 mai 17:03, par Ariane Marquet de Vasselot

    Bravo pour ce parcours aussi poétique qu’érudit qui nous permet, enfin, de découvrir les merveilleuses collections du musée ! A renouveler !

  • La plus importante collection au monde !
    13 mai 19:32, par Marie-Françoise

    Dois-je dire que j’ai été la seule parmi les autres visiteurs à essayer de lire les cartels tout à l’heure... Les cercles sont peut-être graphiquement adéquats, mais on aimerait pouvoir savoir ce qu’on a devant les yeux, non ? Les grands intervalles blancs entre les lignes de vignettes sont certainement indispensables, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer que les reproductions auraient pu être plus grandes. Alors, nous aurions pu nous livrer à la comparaison-confrontation préconisée et ne pas avoir l’impression d’être piégés par un concept !

  • En réponse aux remarques...
    22 mars 18:14, par Véronique de la Hougue

    1) Ce n’est pas une exposition sur l’historique de l’usage du papier peint à travers les siècles mais une présentation subjective d’une sélection de papiers peints conservés au musée. Aucun musée au monde n’a jamais monté à notre connaissance une exposition de ce genre : c’est tout simplement irréalisable à mon avis, surtout sur 300 m2.

    « Il n’y a pas non plus d’explications claires et simples des techniques de fabrication du papier peint » Effectivement. Les techniques sont juste mentionnées sur les fiches de salles. Il existe quelques ouvrages ultra spécialisés sur le sujet dont mon livre : Le papier peint, Véronique de Bruignac, Massin - collection Arts et techniques, 1995, en vente à la Librairie du 107 rue de Rivoli.

    2) Les fiches mobiles en carton sont illisibles :
    • « caractères trop petits compte tenu du peu de lumière dans les salles (cf. conservation). » C’est vrai mais il est possible de trouver des endroits plus éclairés pour lire les fiches de salles.
    • « échantillons reproduits en forme ronde mal adaptée pour retrouver les motifs. Ils sont d’ailleurs indéchiffrables car trop petits. » : Je m’inscris en faux. Nous avons testé d’autres formes et formats. Les cercles sont apparus comme la meilleure solution.

    • « pas de numéro reliant l’échantillon sur la fiche et le papier peint en présentation in situ. J’ai entendu autour de moi de nombreux visiteurs regrettant ces manques et renonçant au bout de la visite d’une salle à utiliser ces fiches. » : L’absence de numéro est un parti-pris afin que le visiteur ait une vue d’ensemble et que la confrontation et la comparaison entre les papiers peints d’époques variées puissent fonctionner. La présence de numéro casse immédiatement cet effet recherché.

    En un mot, cette exposition demande un long temps de visite. Des visites-conférences sont proposées pour tous ceux qui désirent approfondir le sujet.

    Bien cordialement. Véronique de la Hougue, commissaire de l’exposition

  • Papiers peints splendides mais visite décevante
    3 mars 12:42, par Marielle de Gaulmyn

    Je voudrais signaler l’aspect peu lisible de cette exposition. 1) Histoire du Papier peint : Il n’y a pas de panneaux d’introduction rappelant l’historique de l’usage du papier peint à travers les siècles. il n’y a pas non plus d’explications claires et simples des techniques de fabrication du papier peint. 2) Les fiches mobiles en carton sont illisibles :
    • caractères trop petits compte tenu du peu de lumière dans les salles (cf. conservation).
    • échantillons reproduits en forme ronde mal adaptée pour retrouver les motifs. Ils sont d’ailleurs indéchiffrables car trop petits.
    • pas de numéro reliant l’échantillon sur la fiche et le papier peint en présentation in situ. J’ai entendu autour de moi de nombreux visiteurs regrettant ces manques et renonçant au bout de la visite d’une salle à utiliser ces fiches. Conclusion : Papiers peints splendides mais exposition décevante.

  • Papiers peints : qu’elle exposition médiocre !
    7 février 20:02, par Maxime

    Aucune explication claire, des cartels illisibles. Pas d’histoire des techniques d’impression. ....quel désastre !

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