Présentoir Miss Dior, inspiré du «  Temple de l’amour  » au Petit Trianon de Versailles, 1950
© Philippe Schlienger

Admiratif du XVIIIe siècle, Christian Dior est souvent revenu sur cette époque qui lui rappelait son enfance. Les salons de la maison familiale de Granville et de l’appartement parisien occupé par les Dior étaient tous deux décorés dans un style néo-XVIIIe siècle. Lorsqu’il prend possession de l’hôtel particulier du 30, avenue Montaigne, Christian Dior fait appel à son ami architecte et décorateur Victor Grandpierre. Ensemble, ils conçoivent l’intérieur de style néo-classique que le couturier estime être l’écrin parfait pour ses collections, la toile de fond idéale pour ses robes.

Passée la façade néo-classique, les clientes sont plongées dans un univers d’élégante sobriété, composé de moulures blanches et de boiseries gris Trianon, de fauteuils à médaillon néo-Louis XVI et de cadres ornés de nœuds à la Fontanges : tout n’y est qu’harmonie et subtilité. Pour la boutique Colifichets du rez-de-chaussée, l’artiste Christian Bérard, ami et alter ego artistique de Dior, apporte son sens de la mise en scène précieuse mais sans prétention. La boutique est tapissée de toile de Jouy et aménagée à la manière des magasins de frivolités, avec des comptoirs, des fauteuils de style Louis XVI et un amas artistement disposé de cartons à chapeaux Dior. Cette atmosphère lumineuse et fraîche, hommage au siècle des Lumières, règne partout : dans les salons, dans les couloirs ou encore dans les salons d’essayage.

Élisabeth Louise Vigée Le Brun, Gabrielle Yolande Claude Martine de Polastron, duchesse de Polignac, 1782
Huile sur toile, Versailles, Musée National des Châteaux de Versailles et de Trianon
© RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

Christian Dior et ses successeurs citeront souvent dans des relectures contemporaines le style des tenues arborées par Marie-Antoinette au Petit Trianon. Pour mettre en scène les parfums Dior, Victor Grandpierre a recours à des citations similaires, notamment avec un présentoir inspiré du temple de l’Amour érigé au milieu du jardin anglais de la reine à Trianon. Christian Dior porte un regard tendre sur ces femmes d’avant la Révolution française, que l’on peut encore admirer dans les tableaux de Mme Vigée Le Brun, la portraitiste favorite de la souveraine.

Les Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris
tél. : +33 (0)1 44 55 57 50