« Jean-Baptiste-Claude Odiot (1763-1850). La construction d’un empire d’argent et de vermeil »

Par Audrey Gay-Mazuel

Extrait du catalogue.

De prestigieuses commandes sous l’Empire

Salière double «  Adonis  », Atelier de Jean-Baptiste-Claude Odiot, vers 1819
Plume et encre grise, lavis ocre sur papier
© Photo Les Arts Décoratifs, Paris

En octobre 1801, Odiot est chargé avec le joaillier Marie-Étienne Nitot d’exécuter l’épée consulaire de Bonaparte. Cette épée est par la suite utilisée lors de la cérémonie du sacre du 2 décembre 1804. La carrière de Jean-Baptiste-Claude Odiot est officiellement consacrée avec le succès qu’il rencontre à l’Exposition des produits de l’industrie de l’an X (1802), à laquelle participent pour la première fois des orfèvres. Le jury lui décerne, conjointement avec son confrère Henry Auguste, une médaille d’or : « L’élégance, la variété des formes, leur ensemble, le choix et la variété des ornemens, tout dans les vases du C.en [citoyen] Odiot a été dirigé et exécuté par le goût le plus pur et le plus délicat.1 » (…)

Salière double «  Adonis  », Jean-Baptiste-Claude Odiot, vers 1819
Laiton doré par Christofle en 1907-1908
© Photo Les Arts Décoratifs, Paris / Jean Tholance

En 1810, à la demande du préfet de la Seine, Nicolas Frochot, Odiot réalise, avec le bronzier Pierre-Philippe Thomire, la toilette offerte à Marie-Louise par la Ville de Paris, à l’occasion de son mariage avec Napoléon. Ce somptueux mobilier en vermeil et en lapis-lazuli, exécuté d’après les dessins de Pierre-Paul Prud’hon, comprenait une grande psyché, une table de toilette avec deux candélabres, des vases, des coffres à bijoux, un fauteuil, un tabouret de pied et deux athéniennes. Fondu sur ordre de Marie-Louise en 1836 pour financer la lutte contre l’épidémie de choléra qui frappe la ville de Parme où elle vit alors, l’ensemble est connu grâce aux deux dessins de présentation à grandeur de la psyché et de la table signés d’Adrien-Louis-Marie Cavelier, ainsi que par le recueil de gravures édité par Pierron. L’année suivante, en 1811, il réalise avec Thomire, sur les dessins de Prud’hon, le berceau du roi de Rome offert par la Ville de Paris pour la naissance de l’héritier impérial. (…)

Au service d’une riche clientèle française et européenne

Les deux livres-journaux couvrant la période du 2 novembre 1814 au 16 décembre 1819 révèlent l’ampleur de la clientèle de Jean-Baptiste-Claude Odiot, qui ne cesse de s’accroître sous la Restauration. L’orfèvre s’assure des clients réguliers parmi les grandes familles françaises et européennes. Les registres renferment les noms des personnalités politiques et mondaines les plus en vue de la période. Ces riches clients apparaissent, sur plusieurs années, pour commander des grands services de table, mais aussi parfois plus simplement pour faire redorer ou réparer des pièces.

1Exposition publique des produits de l’industrie française. Procès-verbal des opérations du jury, Paris, Imprimerie de la République, vendémiaire an XI [1802], p. 65.

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