Les Arts Décoratifs présentent Madeleine Vionnet, puriste de la Mode, première rétrospective parisienne rendant hommage à l’une des plus grandes couturières françaises du XXe siècle à travers cent trente modèles de 1912 à 1939 conservés aux Arts Décoratifs. Pionnière dans la maîtrise de la coupe en biais et de l’art du drapé, elle a su mettre son génie au service des femmes et de leur bien-être. Madeleine Vionnet a permis une véritable transformation de la silhouette et de l’esthétique, marquant ainsi l’évolution de l’émancipation du corps féminin. Figure phare de la haute-couture de l’entre-deux guerres, Madeleine Vionnet est considérée comme « le couturier des couturiers ».
C’est en 1912 qu’elle ouvre sa propre maison de couture, au 222 rue de Rivoli, mais la Grande guerre la contraint de la fermer en 1914. Dès sa réouverture en 1918, elle impose sa modernité et connaît le succès. En 1923, sa maison de couture se trouvant à l’étroit, elle aménage un hôtel particulier, situé au 50 Avenue Montaigne. Elle confie au décorateur Georges de Feure l’aménagement de ses salons dans le style Art déco, faisant de ce lieu un véritable temple de la mode à la conquête d’une clientèle internationale des plus raffinées. L’organisation de la maison de couture fait preuve d’un réel esprit d’avant-garde. En femme engagée, Madeleine Vionnet dirige sa maison de couture comme une entreprise moderne emprunte d’un esprit social peu courant pour l’époque. Soucieuse du bien-être de ses employées, la nouvelle installation offre différents services sanitaires et sociaux : une cantine, un cabinet médical et dentaire gratuits pour le personnel et leur famille ainsi qu’une crèche. Enfin, elle accorde des congés payés et des congés de maternité plus avantageux que ne l’imposent les lois sociales de l’époque.
En visionnaire éclairée, elle soutient « l’Association pour la défense des Arts Plastiques et Appliqués » dont l’objectif principal est de protéger les intérêts de l’industrie de la Haute Couture en s’opposant à la contre-façon. Elle ferme sa maison de couture en 1939 lorsque la guerre éclate, elle est alors âgée de 63 ans.
En 1952, Madeleine Vionnet fait une donation exceptionnelle à l’Union Française des Arts du Costume qui rassemble 122 robes, 750 toiles patrons, 75 albums photographiques de copyrights, des livres de comptes et des ouvrages issus de sa bibliothèque personnelle. Par cette démarche, elle fut la première couturière à avoir conscience de la nécessité de conservation de son patrimoine relevant de l’intérêt collectif, ce fonds est désormais conservé par Les Arts Décoratifs.
L’exposition retrace de façon chronologique, la carrière exceptionnelle de Madeleine Vionnet de 1912 à 1939. Le premier étage, dont les modèles datent des années 1910 aux années 1920, met l’accent sur les caractéristiques propres aux créations de la couturière que sont : la structure et le décor du vêtement. Technicienne hors pair, elle pousse le raffinement à l’extrême pour atteindre une pureté absolue des lignes, grâce à une parfaite maîtrise des propriétés intrinsèques du textile, de la coupe du vêtement et de son placement sur le corps. Elle puise son inspiration à la source des civilisations. Fascinée par la Grèce antique, elle tente de réinventer le drapé libre en réduisant les coutures et les attaches. Avec le biais, qu’elle systématise et généralise à l’ensemble de la robe, le tissu s’échappe et flotte, moulant ainsi souplement le corps des femmes sans le contraindre ou s’enroule en drapé.
C’est à cette époque aussi qu’elle oriente ses recherches autour des formes géométriques que sont le carré et le rectangle, qu’elle expérimente sur une poupée de bois de taille réduite qui lui permet d’agencer plus aisément ces formes avant de faire confectionner le modèle en grandeur nature. Perméable aux idées modernistes de son époque, Madeleine Vionnet modifie ainsi la conception traditionnelle du vêtement. Ses préoccupations intellectuelles l’apparentent à celles des peintres puristes, Amédée Ozenfant ou Le Corbusier qui refusent toute anecdote pour ne garder que l’essence des formes géométriques aux vertus plus architecturales que picturales.
Le décor vient agrémenter la structure des pièces avec des motifs floraux – telle la rose qu’elle affectionne tout particulièrement - brodés, coupés, tressés ou incisés sur des matières comme le tulle, la laine mais aussi la fourrure. Elle utilise une gamme de couleurs réduites : le rouge, le jaune et chaque collection comporte systématiquement des modèles en blanc et en noir. En 1929, maniant à la perfection le carré et le rectangle, Madeleine Vionnet introduit le cercle permettant à la robe d’être plus près du corps.
Au second étage, le visiteur découvre les créations des années 30, présentées année par année. Au centre de l’ensemble du parcours, des vitrines thématiques explorent le travail de la couturière en soulignant certaines particularités telles les franges, l’introduction du cercle, l’étiquette comportant sa griffe.
La collaboration avec des décorateurs ou dessinateurs tels Georges de Feure ou Thayaht est également révélée dans le parcours.
Afin de pouvoir exposer cette sélection de modèles, Les Arts Décoratifs ont entrepris, depuis 2007, une vaste opération de restauration entièrement soutenue par Natixis, dans le cadre de sa politique de Mécénat Patrimoines d’hier, Trésors d’avenir. Depuis 2003, Natixis s’engage auprès des plus grandes institutions culturelles pour rendre accessible au plus grand nombre les œuvres du patrimoine national, en faciliter l’analyse scientifique et la restauration. C’est dans cette démarche que Natixis a précédemment mené des projets tels que l’acquisition de la Jeune Fille à la gerbe de Camille Claudel aux côtés du musée Rodin, l’étude des célèbres Globes de Coronelli avec le C2RMF et la BnF, la restauration des tapisseries manquantes de la Tenture d’Artémise pour la Manufacture des Gobelins ou bien encore l’exposition Babylone avec le musée du Louvre.
Andrée Putman, signe la scénographie de cette exposition. Figure incontournable de la scène internationale du design contemporain, elle a contribué à faire connaître dans les années 80 les architectes et créateurs contemporains de Madeleine Vionnet : Jean Michel Frank, Eileen Gray, Pierre Chareau, Robert Mallet Stevens dont elle a réédité les objets les plus emblématiques.
Le catalogue de l’exposition met en parallèle les chefs-d’œuvre de la collection des Arts Décoratifs, photographiés par Patrick Gries, avec le regard des plus grands photographes de mode des années 1920-1930 et de précieux documents d’archive. Les textes retracent le parcours de Madeleine Vionnet, analysent la spécificité de ses créations et étudient sa relation avec les artistes décorateurs de l’époque.
D’accord avec la plupart des commentaires précédents, je suis très heureux d’avoir pu découvrir cette exposition sur votre site.
Bonjour,
Est ce que Madeleine Vionnet a un site internet où l’on peut visionner ses créations ? ps : la fonctionnalité de pouvoir télécharger les articles en pdf est vraiment un grand plus ! Fredj de kit xenon
Je ne connaissais pas Madeleine VIONNET, une conférencière exceptionnelle, véritablement passionnée par la haute couture, nous a expliqué l’architecture des robes de la maison Vionnet exposées au musée de la Mode, ce qu’était le biais inventé par la créatrice, ses sources d’inspiration. Cette conférencière nous a conseillé entre autre la lecture du livre « La chair de la robe » de Madeleine Chapsal, fille de Marcelle CHAUMONT, une grande créatrice elle aussi. Un régal pour découvrir de l’intérieur l’époque Vionnet et l’industrie de la Mode. Merci merci à cette conférencière sans qui l’exposition ne se serait adressée qu’à des initiés.
Je souhaiterais que l’on n’oublie pas ma grand-tante Marcelle Chaumont (1891-1990), première d’atelier de Madeleine Vionnet, qui a également travaillé avec Jeanne Lanvin et a crée sa propre maison. Le fameux drapé Vionnet lui doit beaucoup. Les deux femmes étaient d’ailleurs très proches, et sa fille, l’écrivain Madeleine Chapsal, est la filleule de Madeleine Vionnet.
Je n`ecrie pas trés bien en Français, j`ai vue a la télé cette femme incroyablement futuriste, un genie de la couture, d`un bon gout ! Un modernisme mervelheus ! je suis vrémente trés surprise !! Il y auraut t`ill une possibilité de venir a Rio de Janeiro au Brésil ?
mERCI !
Mylena
Madeleine Vionnet était la cousine germaine de ma grand mère. elle venait tous les ans dans notre famille, boire du lait frais ,manger une tartine de beurre ;une vraie puriste.......... Elle m’hébergeais (Square Antoine Arnault) chaque fois que je me rendais à Paris ,c’était alors une très vieille dame toujours intêressée par le monde de la couture , j’ai croisé, Jacques Griffe, et Balenciaga..............
Une exposition très bien documentée qui met en valeur le génie de Madeleine Vionnet. Tout le monde s’y retrouve : les spécialistes de la mode, mais aussi ceux qui sont épris d’esthétisme et de rêve. La femme se retrouve à travers les créations de Madeleine Vionnet. Tout un univers est recrée. Il mérite qu’on s’y attarde.
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Découvrez Madeleine Vionnet, puriste de la mode, le catalogue
Les Arts Décoratifs 107, rue de Rivoli 75001 Paris
- tél. : 01 44 55 57 50

