En 1900, le mot « cintre », inspiré du terme architectural qui caractérise les constructions en arc de cercle et influencé par l’emploi du mot en couture, apparaît pour la première fois dans le « Nouveau Larousse Illustré » pour définir « un support léger destiné à recevoir un vêtement ». L’Académie Française n’agrée officiellement le terme qu’en 1932, tandis que celui -ci entre doucement dans le langage courant et les catalogues de vente. Auparavant, on parle de « porte - vêtements », un mot largement décliné suivant ce qu’on y suspend : p o rte-manteau, porte-pantalon, porte - corsage, porte-jupe, porte-complet, porte-tailleur, porte-lingerie, etc. Même variété dans les formes qui évoluent selon la mode du moment et le type de vêtement à ranger, manteau à grand col, veste à épaulette, cape ou corsage échancré…Les tenues professionnelles, militaires et ecclésiastiques ont leurs supports appropriés , on en invente même qui se plient pour le voyage. Artisans et fabricants jouent avec le fil de fer, les essences et les couleurs du bois, b rut, poli, verni, tourné, découpé, puis avec les toutes nouvelles matières plastiques, chacun mettant son ingéniosité, sa dextérité et son sens de l’esthétique au service de ce banal objet.
A partir des années 50, la garde – robe se simplifie, le cintre se fait plus synthétique mais n’en perd pas pour autant sa diversité. La multiplication de matières, la créativité et l’audace des designers contemporains pallient largement cette restriction. Autour de cet accessoire du quotidien, ils se livrent à leur tour à d’étonnants exercices de style, le traitant comme un élément indissociable de la mode, qui s’affiche et qu’on regarde enfin. Ils prennent ainsi le relais de ceux qui, au début du siècle, ont offert tout leur talent à cet humble objet, témoin de leur vie et de leur époque…
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