La garde-robe au XIX<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle

LES NOUVEAUTéS SOUS L’EMPIRE

Dès 1804, l’Empire reprend l’étiquette de l’Ancien Régime. La robe de ligne Empire est alors adoptée comme tenue officielle à la cour. Elle est l’héritière de la robe Directoire d’inspiration néoclassique, blanche et légère, réalisée en linon ou mousseline de coton. Cette ligne, adoptée par Joséphine lors du Sacre, se caractérise par un large décolleté carré, des manches ballon et une traîne fixée à la taille haute. Les formes des tenues de cour connaissent aussi un grand succès à la ville. Les châles cachemire apportés par les officiers de Bonaparte après la campagne d’Egypte deviennent indispensables pour compléter une tenue élégante. Une production française se développe grâce à la mécanique Jacquard. Dans le costume masculin, l’Empire apporte plusieurs nouveautés comme le carrick, manteau ample à pèlerines étagées, le chapeau haut et l’habit à basques larges.

LA PéRIODE ROMANTIQUE

La mode de l’époque est principalement influencée par le goût médiéval hérité en partie des romans de Walter Scott, le « Magicien du Nord », auteur de Waverley (1771-1832). La femme romantique cherche à obtenir une silhouette dite « en sablier » formée par les manches volumineuses, la jupe en cloche et la taille très ajustée, permise par le corset qui réapparaît peu avant 1830. Les robes sont coupées dans des tissus fins aux coloris clairs dont les motifs sont imprimés au rouleau ou délicatement brodés. Les jupes sont raccourcies au-dessus de la cheville et ornées de volants ou de motifs en relief. Les hommes sont aussi soucieux de leur silhouette et portent même des corsets pour affiner leur taille. La tenue est généralement composée d’un pantalon ajusté, d’une chemise, d’un gilet coloré et d’un habit ou d’une redingote. Elle est complétée d’un chapeau haut-de-forme et d’une cravate qui peut, elle aussi, apporter une touche de couleur dans ce costume sombre.

LES DANDYS

Les premières manifestations du dandysme remontent au XVIIIe siècle avec George Bryan Brummell (1778-1840). Alors que la mode était à la culotte, il portait pantalons, chemises de lin à cols très hauts et cravates, se distinguant par une sobriété exemplaire qui lui conféra le titre d’arbiter elegantiarum (arbitre des élégances) à la cour britannique. Au XIXe siècle, Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889) ressuscite le dandysme, à la tête d’une nouvelle génération qui voit dans l’élégance vestimentaire et la littérature, les moyens de fonder une « nouvelle aristocratie non plus de naissance, mais de l’esprit ». Glorifiés par les écrivains de l’époque, les dandys ont cependant été critiqués par leurs contemporains tant leur habit était original et éloigné de la sobriété de Brummell. Au milieu du siècle, celui que l’on appelle « dandy » porte de longs pantalons très ajustés, présente des épaules rembourrées et une taille haute qu’il associe à un collet raide, ce qui lui donne « l’air d’une guêpe ».

UNE ROBE POUR CHAQUE OCCASION

Vers 1860, les manuels de savoir-vivre, la presse féminine et l’agenda nouvellement créé ont contribué à la multiplication des tenues quotidiennes en fonction de circonstances particulières. Une élégante a alors besoin de cinq à six toilettes par jour : saut de lit, peignoir au réveil, costume tailleur pour les courses du matin, robe de visites l’après-midi, tea-gown pour l’intérieur. Les robes du soir, quant à elles, peuvent être robe de dîner ou d’opéra. L’émergence des loisirs et du tourisme crée également la nécessité de nouvelles tenues. En effet, les stations balnéaires très en vogue proposent de nombreuses animations nécessitant des toilettes particulières, telles que la robe de tennis, le costume de bain ou la saute-en-barque. La diversification des tenues est aussi favorisée par l’industrie, dans le but d’augmenter les ventes.

TEXTILES ET INDUSTRIE

Grâce à la révolution industrielle, des avancées techniques permettent la production en série et la démocratisation de modèles bon marché par le biais de la confection. La mécanique Jacquard est perfectionnée en 1801 et la machine à coudre est inventée en 1830 par Barthélémy Thimmonier (1793-1857). Alors qu’au XVIIIe siècle, les vêtements étaient réalisés sur mesure et à la main, leur élaboration est à présent partiellement mécanisée, notamment en ce qui concerne la dentelle et la broderie, ce qui permet une production plus rapide et à moindre coût. De nouveaux colorants artificiels permettent aux femmes d’arborer des tenues aux coloris tapageurs. Les progrès en matière de métallurgie engendrent, quant à eux, la création en 1828 de l’œillet métallique qui permet de serrer davantage le corset sans déchirer le tissu. Un an plus tard, le cambrion en métal, placé sous la semelle, facilite le retour du talon. En 1858, les cerceaux métalliques des crinolines Thomson libèrent les jambes des multiples jupons portés auparavant.

LA TOURNURE DANS LES ANNéES 1870-1880

Vers 1870, la tournure remplace la crinoline. Cette demi-cage baleinée accentue la cambrure des reins en rejetant l’ampleur de la jupe à l’arrière. Le volume de la tournure évolue jusqu’en 1890, elle peut soutenir un pouf, prendre la forme d’une queue d’écrevisse ou être portée sous la robe à la polonaise, de nouveau en vogue à cette période. Les modes changent rapidement : la tournure disparaît vers 1880, lorsque la silhouette devient filiforme avec la robe « princesse ». La chevelure élevée en gros chignon au-dessus de la tête contribue à cette allure longiligne. Les tenues féminines nécessitent de grandes quantités de tissu et, pour suivre à moindre coût les modes nouvelles, les femmes reprennent des robes défraîchies afin de créer d’autres toilettes.

LES ANNéES 1880-1890

Qu’il s’agisse de la mode masculine ou de la mode féminine, la tendance générale de la fin du siècle est à la simplification. La jupe à plis verticaux concurrence la jupe drapée de la décennie précédente et le costume « tailleur » connaît un succès grandissant. Il s’agit d’un ensemble peu ornementé composé d’un corsage-veste très ajusté à petites basques et d’une double jupe. Le corset impose toutefois toujours une ligne sinueuse et cambrée accentuée par les cols montants et les chapeaux plus volumineux. Les vêtements de dessus comme les visites, les pardessus ou les mantelets sont d’une grande variété. Le costume masculin évolue peu mais se simplifie aussi : l’habit à basques est maintenant réservé à la tenue de soirée et seule la cravate peut donner une touche de fantaisie à la tenue. Il faut toutefois noter l’importance des accessoires : un élégant ne peut sortir sans son chapeau haut-de-forme, sa montre à gousset, ses boutons de manchettes et son épingle à cravate.

JAPONISME ET ART NOUVEAU

Le Japonisme, favorisé par l’ouverture forcée du Japon en 1853, a une influence considérable sur les artistes occidentaux. Introduits en France par l’intermédiaire des estampes, les motifs japonais témoignent d’une sensibilité différente. Eaux ruisselantes, fleurs et hirondelles viennent couvrir les textiles, les éventails et les bijoux. Le kimono devient à la mode en Occident. Il est porté par les femmes lors des bals costumés ou comme tenue d’intérieur. Les thèmes développés par le Japonisme trouvent aussi un écho dans l’Art nouveau, avec la recherche des lignes courbes et des formes naturalistes. Ces deux mouvements s’opposent aux excès de l’industrialisation et à la production en série, favorisant l’artisanat et l’objet unique. Ils permettent de voir la mode d’une façon différente, proposant des vêtements en accord avec la décoration intérieure, à la fois pratiques et esthétiques.

ET LA HAUTE COUTURE APPARAÎT…

Charles Frederick Worth considéré comme l’inventeur de la haute couture ouvre en 1858 un établissement proposant ses propres créations. Pour la première fois, les modèles ne sont pas commandés au préalable par les clientes mais sortent tout droit de l’imagination de Worth. Les élégantes peuvent même admirer les tenues sur des « sosies », des jeunes filles choisies en fonction de la morphologie des clientes. Elles voient l’allure du vêtement terminé et s’assurent qu’il répond bien à leurs attentes avant de l’acheter. Le succès du couturier fut immense. Paul Poiret, ancien apprenti de Worth, ouvre sa maison de couture en 1904 et se distingue tant par ses créations inspirées par l’Orient que par son désir de repenser l’habit féminin. D’autres couturiers, comme Madeleine Vionnet ou Jacques Doucet, influencent à leur tour la mode de leur temps et ouvrent la voie aux grands couturiers d’aujourd’hui.

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