1774-1789


La robe à la française qui subsiste tout au long du règne de Louis XVI, prend progressivement la place du grand habit lors des cérémonies officielles et devient alors une tenue d’apparat. La mode féminine a tendance en ce dernier quart du XVIIIe siècle à se simplifier. D’une part les femmes cèdent à l’anglomanie en adoptant la robe–redingote et la robe à l’anglaise apparue à la fin des années 1770. Cette dernière se caractérise par un corsage ajusté dans le dos et baleiné aux coutures. Les formes se diversifient très rapidement et l’on voit apparaître la robe à la polonaise, à la circassienne, à la turque, à la levantine… toutes influencées par un exotisme plus ou moins lointain. Mais l’une des modes les plus scandaleuses est initiée par la reine elle-même. A la recherche de confort et de simplicité, Marie-Antoinette adopte à partir de 1778 une robe chemise de coton blanc qui évoque les pièces de lingerie et se fait représenter dans cette tenue en 1783 par madame Vigée-Lebrun. Le tableau est alors vivement critiqué lors du salon de la même année. Cette fin de siècle voit aussi le développement des marchandes de mode dont l’un des personnages emblématique reste Rose Bertin qui fournissait certaines personnalités de la cour dont Marie-Antoinette. Les femmes complétaient leurs toilettes de coiffures plus extraordinaires les unes que les autres, comme les coiffures à la Belle Poule ou les Poufs au sentiment. Ces extravagances capillaires pouvant atteindre des hauteurs incroyables suscitèrent la verve des caricaturistes.

L’habit à la française, sous Louis XVI, garde sa structure traditionnelle mais prend un caractère plus cérémoniel dans le troisième quart du XVIIIe siècle. Il est alors plus ajusté et les pans de devant glissent vers l’arrière préfigurant l’habit dégagé. Le col est droit et commence à devenir de plus en plus haut. Le gilet adopte quant à lui une forme droite, et perd définitivement ses basques.

Repères


1774-1792
Règne de Louis XVI et de Marie-Antoinette

1774
Christoph Willibald Ritter von Gluck présente une version française de l’opéra Orfeo ed Euridice

1776
Création de la communauté des marchandes de modes, plumassières et fleuristes.
Joseph Siffred Duplessis peint le portrait de Louis XVI

1777-1783
La France prend part à la Guerre d’Indépendance des Etats Unis d’Amérique

1777
Lancement du Journal de Paris, premier quotidien français

1778
L’Espagne ferme son marché aux articles français d’habillement
Lancement de la Gallerie des Modes et Costumes français dessinés d’après nature

1781
Les couturières obtiennent le droit de fabriquer les corps baleinés et les paniers au même titre que les tailleurs
Louis-Sébastien Mercier fait paraître le début de son ouvrage Tableau de Paris

1782
Pierre Choderlos de Laclos publie son roman épistolaire Les liaisons dangereuses ou lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres

1783
Premier vol du ballon à air chaud des frères Montgolfier
André Gétry présente don opéra ballet en trois actes La Caravane du Caire
Louise Elisabeth Vigee Le Brun peint le Portrait de Marie-Antoinette dit « à la rose »

1784
Beaumarchais présente au théâtre de l’Odéon après plusieurs années de censure sa pièce en cinq actes La folle journée ou le mariage de Figaro. Ecrite en 1778, elle fait suite au Barbier de Séville ou la précaution inutile présentée en 1775

1785
Jacques-Louis David peint le Serment des Horaces

1786
Wolfgang Amadeus Mozart compose Les Noces de Figaro, opéra bouffe en quatre actes

1787
Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre publie son roman Paul et Virginie

Plan du site   Flux RSS   Contacts   ©   Crédits
Ministère de la Culture     Les Arts Décoratifs 107, rue de Rivoli 75001 Paris - tél. : 01 44 55 57 50