Agami de Cayenne : assiette plate du ser­vice « à fond poin­tillé vert, oiseaux Buffon et têtes anti­ques », Manufacture de Sèvres, vers 1784. Inv. CAM 293.094 © Les Arts Décoratifs

Faites chanter les oiseaux du Cabinet de Porcelaine avec l'application « Camondo AR » !

Dans le cabinet de porcelaine au musée Nissim de Camondo, grâce à la réalité augmentée et à une application spécifique développée par ARimagine, les oiseaux ornant le service Buffon chantent pour les visiteurs possédant un smartphone. [1]

L’application

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Camondo AR vous permet de vivre une expérience immersive sur votre smartphone, au musée Nissim de Camondo.

Dans le Cabinet des Porcelaines du musée, grâce à la réalité augmentée mise en place par Arimagine, les oiseaux ornant le service Buffon chantent pour vous directement sur votre smartphone !

Pour utiliser l’application en réalité augmentée, c’est simple :
- Téléchargez l’application sur Googleplay ou l’Apple Store
et installez-la.
- Rendez-vous dans le Cabinet de Porcelaine du musée Nissim de Camondo.
- Scannez à l’aide de l’application Camondo AR les 15 assiettes augmentées du service Buffon.
- Appréciez l’expérience. Les oiseaux chantent pour vous !

Pour vivre l’expérience de chez vous, sélectionnez l’une des 15 assiettes augmentées du service Buffon présentée dans ce texte ou la colonne de droite et scannez simplement l’image centrale figurant l’oiseau !

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788)

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Ara vert du Brésil
Assiette plate du service « à fond pointillé vert, oiseaux Buffon et têtes antiques »
Manufacture de Sèvres, vers 1784
Inv. CAM 293.024
© Les Arts Décoratifs

Né en 1707 à Montbard en Bourgogne, Georges-Louis Leclerc reçut une éducation bourgeoise. S’il s’initia dans un premier temps au droit dans un collège jésuite de Dijon, pour répondre aux attentes familiales, il décida cependant en 1728 de se consacrer à l’étude des mathématiques et de la botanique. Après quelques années ponctuées de séjours à travers la France, la Suisse et l’Italie, il s’établit à Paris en 1732. Il résida alors chez Simon Boulduc, membre de l’Académie des Sciences et professeur au Jardin royal des plantes médicinales, l’actuel Jardin des Plantes. Par l’entremise de ce dernier, Buffon fut introduit dans un cercle de relations qui lui assura une ascension fulgurante. À seulement 26 ans, il entra l’Académie des Sciences. En 1739, il devint intendant du Jardin royal qu’il transforma en véritable centre de recherches. Parallèlement, il fut chargé du Cabinet d’histoire naturelle du roi, l’ancêtre du Museum d’histoire naturelle. Ce sont là les origines du grand œuvre de Buffon : L’Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du cabinet du roi, une encyclopédie des règnes animal et minéral, publiée à partir de 1749 et laissée inachevée à sa mort.

Grâce à ses relations, Buffon fit entrer au Cabinet de nombreuses pièces provenant des collections de grands voyageurs tels Bougainville ou Sonnerat, de mécènes comme la marquise de Pompadour, ou de monarques européens tels Frédéric II de Prusse ou Catherine II de Russie. Sa renommée grandissante et ses amitiés, tant érudites que politiques, lui permirent d’entrer à l’Académie française en 1753 et d’obtenir le titre de comte de Buffon vingt ans plus tard. Il s’éteignit en 1788. Une statue réalisée par Augustin Pajou et commandée en 1776 par Louis XVI pour l’escalier du Museum, proclamait son génie, égal à la majesté de la nature : « Majestati Naturæ par ingenium ».

L’Histoire naturelle des oiseaux (1770-1783)

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Faisan des Indes
Assiette plate du service « à fond pointillé vert, oiseaux Buffon et têtes antiques »
Manufacture de Sèvres, vers 1784
Inv. CAM 293.016
© Les Arts Décoratifs

Neuf des trente-six tomes de L’Histoire naturelle sont consacrés aux oiseaux. Publiés entre 1770 et 1783 par l’Imprimerie royale, ces volumes auraient demandé à Buffon plus de trente années de recherches, notamment pour rassembler de nouvelles espèces. Grâce à ce travail, le Cabinet du roi devint l’un des plus riches d’Europe. Buffon fonda sa méthode et sa classification sur des critères anatomiques, et non climatiques ou géographiques. Pour chaque espèce, il proposait une description, une illustration et un développement sur la localisation et le mode de vie. Le goût de l’anecdote et du pittoresque, en particulier dans l’évocation des « mœurs » des espèces, conférait à l’ensemble un style littéraire, rare dans le domaine de l’ornithologie. Ces spécificités suscitèrent autant l’intérêt du public que le rejet par une partie de la communauté scientifique. Voltaire, Réaumur, Condorcet ou d’Alembert furent ses détracteurs. Classé parmi les vulgarisateurs, Buffon fit pourtant appel à de nombreux collaborateurs spécialisés tels Daubenton, Guéneau de Montbeillard ou l’abbé Bexon. Il croisa et commenta également de nombreuses sources, des récits de voyages de naturalistes (Georg Marcgrave, William Dampier, Pierre Sonnerat), aux traités d’ornithologie (Ulisse Aldrovandi, George Edwards, Pierre Barrère, Mathurin-Jacques Brisson) en passant par des recueils de planches illustrées (Eleazar Albin). Buffon accorda aussi une grande importance à l’iconographie de son texte, constituée de planches gravées par le dessinateur François-Nicolas Martinet, puis peintes à la main par une équipe d’illustrateurs anonymes. Certains ouvrages ornithologiques antérieurs possédaient déjà des représentations des oiseaux étudiés, mais Buffon prétendit proposer des planches plus variées et plus fidèles à la nature, parce qu’exécutées à partir d’espèces vivantes ou conservées au sein du Cabinet ; il n’hésita d’ailleurs pas à parler de « portraits d’oiseaux ».

Les services à décor ornithologique, dits services « Buffon », de la manufacture de Sèvres

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Grèbe cornu
Assiette plate du service « à fond pointillé vert et oiseaux Buffon »
Manufacture de Sèvres, vers 1787
Inv. CAM 292.092
© Les Arts Décoratifs

Publiée en dix volumes entre 1771 et 1786, les illustrations de François-Nicolas Martinet pour L’Histoire naturelle des oiseaux du comte de Buffon fournirent une source inépuisable de modèles aux peintres de la manufacture de Sèvres, dont témoigne le succès des nombreux services à décor ornithologique, dits services « Buffon ». Apparu dans les années 1780, le « fond pointillé à œils-de-perdrix bleu et or sur fond vert », était d’exécution particulièrement délicate. Au revers de chaque pièce, était écrit le nom des différentes espèces oiseaux, fidèlement reproduites. En 1784, la manufacture livra un service « à fond pointillé vert, oiseaux Buffon et têtes antiques » au marchand Le Fevre (ou Lefebure) à Amsterdam. Il se caractérise par un décor raffiné mêlant au thème ornithologique des bustes en médaillon traités à la manière de camées. Ce service a été complété par Madame Le Fevre jusqu’à l’époque impériale. Moïse de Camondo put l’acquérir presque complet auprès de Jacques Seligmann qui l’avait lui-même acheté à la vente du baron Léopold Double en 1881.

En 1787, William Eden, ministre plénipotentiaire de Grande-Bretagne, reçut en cadeau diplomatique un service « à fond pointillé vert et oiseaux Buffon » qu’il compléta avant la Révolution. Le décor ressemble à celui du service Le Fevre, mais les marlis - ou bords intérieurs - ne présentent ni médaillons en camaïeu, ni oiseaux dans des réserves. Moïse de Camondo put réunir cinquante-quatre pièces de ce service.

Citations

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Héron bleuâtre
Assiette plate du service « à fond pointillé vert et oiseaux Buffon »
Manufacture de Sèvres, vers 1787
Inv. CAM 292.095
© Les Arts Décoratifs

Georges-Louis Leclerc, Comte de Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, Paris, Imprimerie royale, 1770, t. I, p. 10 :
(introduction)« Après la vue, l’ouïe me paroît être le second sens de l’oiseau, c’est-à-dire, le second pour la perfection ; l’ouïe est non-seulement plus parfaite que l’odorat, le goût et le toucher dans l’oiseau, mais même plus parfaite que l’ouïe des quadrupèdes ; on le voit par la facilité avec laquelle la plupart des oiseaux retiennent et répètent des sons et des suites de sons, et même la parole ; on le voit par le plaisir qu’ils trouvent à chanter continuellement, à gazouiller sans cesse, sur-tout lorsqu’ils sont le plus heureux, c’est-à-dire, dans le temps de leurs amours… »

Georges-Louis Leclerc, Comte de Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, Paris, Imprimerie royale, référence à chercher si cette citation est choisie
(le rossignol) « Le chant des autres oiseaux, le son des instrumens, les accens d’une voix douce et sonore les excitent aussi beaucoup ; ils accourent, ils s’approchent attirés par les beaux sons, mais les duos semblent les attirer encore plus puissamment, ce qui prouveroit qu’ils ne sont pas insensibles aux effets de l’harmonie ; ce ne sont point des auditeurs muets, ils se mettent à l’unisson et font tous leurs efforts pour éclipser leurs rivaux, pour couvrir toutes les autres voix et même tous les autres bruits : on prétend qu’on en a vu tomber morts aux pieds de la personne qui chantoit ; on en a vu un autre qui s’agitoit, gonfloit sa gorge et faisoit entendre un gazouillement de colère, toutes les fois qu’un serin qui étoit près de lui, se disposoit à chanter, et il étoit venu à bout par ses menaces de lui imposer silence ; tant il est vrai que la supériorité n’est pas toujours exempte de jalousie ! Seroit-ce par une suite de cette passion de primer, que ces oiseaux sont si attentifs à prendre leurs avantages, et qu’ils se plaisent à chanter dans un lieu résonnant ou bien à portée d’un écho ? »

Jacques Delamain, Pourquoi les oiseaux chantent, Sainte-Marguerite-sur-Mer, Éditions des Équateurs, 2011 [ed. orig. 1928]
« L’art musical est né de la satisfaction qu’éprouve l’être à traduire sa vie par un son. La mouche dorée qui bourdonne, aime le bruissement de ses ailes ; la cigale, dans l’extase de sa vibration, oublie l’ennemi qui la guette. L’oiseau jouit de la note que son propre gosier module. Mais s’il atteint, lui, jusqu’à l’art, c’est que, doué du sens de la beauté, il a su parmi ses notes choisir les plus claires, les plus pures ou les plus pleines, les relier les unes aux autres, trouver le rythme, composer la phrase, transposer les tons, parvenir ainsi à la pure musique et du cri faire jaillir un chant. Et c’est par la recherche de la beauté que l’art de l’oiseau nous touche. »

[1] Cette application résulte d’une collaboration entre Les Arts Décoratifs et ARimagine, dans le cadre de l’édition 2013 de la Nuit européenne des musées.

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