Flacon « Le per­ro­quet doré », Maurice Marinot (1882-1960), France, 1928, inv. 32229 © Les Arts Décoratifs

Le XX<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle : les nouveaux rapports de l'art à l'industrie

En 1904, année de la mort de Gallé, se tient à Paris le premier Salon annuel de la Société des Artistes-décorateurs qui devient le lieu de rencontre et de diffusion des nouvelles générations de créateurs et qui sera à l’origine du projet de l’Exposition Internationale, plusieurs fois repoussée et finalement organisée à Paris en 1925.

Pour Lalique, la métamorphose qui transforme ce génial artisan bijoutier en industriel verrier, débute par ses interventions dans le flaconnage de parfumerie. La mutation de ce nouveau marché est marquée par sa rencontre avec le parfumeur François Coty dont les commandes vont lui permettre de devenir maître d’une petite manufacture verrière en région parisienne avant de concevoir sa nouvelle usine à Wingen-sur-Moder, dans ces pays de tradition verrière récupérés par la France après la victoire de 1918.

Tout en conservant la poésie et la richesse de l’esprit Art nouveau, il amène un souffle de clarté et de simplicité dans les formes et les couleurs du verre et va donner ses lettres de noblesse aux techniques industrielles du verre soufflé-moulé et du verre pressé.

Ces choix techniques et économiques iront de pair avec une évolution stylistique qui n’abandonne pas le registre végétal et où les figures, même antiquisantes, ainsi que l’ornement géométrique ou géométrisé se déclinent sur des rythmes nouveaux, à des cadences syncopées, associées à ces « années folles » fascinées par la vitesse.

François Décorchemont reste beaucoup moins connu du grand public car il choisit la création artisanale en petit atelier, donc rare et chère. Après quelques années dans la lignée des verreries fines comme des pétales de fleur et fragiles comme des coquilles d’œuf d’Albert Dammouse, il réinterprète, vers 1910, les principes de la pâte de verre d’Henry Cros. Ses « poteries » translucides aux allures de gemmes s’intègrent dans la famille des productions les plus précieuses de l’époque Art Déco, celle du groupe des « Artisans français contemporains » réunis, à partir de 1914, par la galerie parisienne de Geo Rouard, où Décorchemont côtoie le céramiste Emile Lenoble, l’orfèvre Jean Puiforcat et le tabletier Georges Bastard, et parmi les verriers, Marcel Goupy et Henri Navarre.

Le souffleur de verre Jean Sala, dont l’atelier est le premier installé au cœur d’une ville, dans le quartier de Montparnasse, exposera également au Salon des Artistes Décorateurs et sa collaboration dans les années trente avec la cristallerie de Saint-Louis marquera l’originalité de sa double identité d’artisan et de designer.

Maurice Marinot, qui ne reçoit pas sa formation dans le milieu des arts décoratifs puisqu’il était peintre, exposant avec les « Fauves », découvre le verre par hasard en 1911. Fasciné par le travail artisanal du verre à chaud, il va consacrer plus de vingt ans de sa vie à la création en verre s’astreignant au long et difficile apprentissage de la technique millénaire du soufflage. Avant de pouvoir réaliser ce désir d’un corps à corps avec le verre en fusion, il commencera par renouveler la technique de l’émail peint et inventera un nouvel usage de la gravure chimique à l’acide, l’utilisant comme un outil de gravure en profondeur, de sculpture dans le verre épais et translucide.

Mais sa démarche, refusant toute autre possibilité que l’œuvre unique et artisanale, trouvera son aboutissement, véritable synthèse de la maîtrise du geste et de la pensée, avec ses objets soufflés et modelés à chaud à partir de 1922. La nouveauté de son esthétique du verre épais, lourd et « charnu » animant la transparence de toutes les possibilités d’inclusions d’oxydes colorants ou de bulles est un des apports du XXe siècle à l’histoire mondiale de la verrerie. Le statut d’artiste qu’il revendique marque, après Gallé et Cros, un jalon fondamental dans l’histoire des « arts du feu » et de leurs relations souvent conflictuelles et mal comprises avec ce qu’il reste malheureusement toujours entendu d’appeler les « Beaux-Arts » ou les arts majeurs.

Si de nombreux autres artistes décorateurs de grandes qualités, présents dans cette exposition, enrichissent la verrerie française de très beaux objets, les oeuvres de Gallé, Cros et Marinot proposent effectivement, au-delà de la beauté, de la sensualité, de la poésie de leurs verres, des statuts nouveaux et différents au créateur verrier dans la culture occidentale de l’époque industrielle.

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