Commode à deux rangs de tiroirs, Paris, estam­pillée de Jacques Dubois (1694-1764). Bâti : chêne et rési­neux ; pré­pa­ra­tion, laque bleue, décor à l’or, laques de dif­fé­rents tons de brun, rouge, pou­dres d’or, laque trans­lu­cide ; bronze doré ; mar­bre brè­che. H. 84 cm, L. 114 cm, Pr. 61 cm Paris, gale­rie Steinitz © DR

L'engouement pour le vernis Martin : décor intérieur et ameublement

Texte d’Anne Forray-Carlier

Ce texte est extrait du catalogue de l’exposition.

Mais peut-on encore considérer aujourd’hui qu’il y ait eu véritablement secret ? Par rapport aux travaux des autres vernisseurs, l’Académie des sciences en avait tranché autrement. Cependant, du vivant même des Martin, certains s’accordèrent à trouver à leurs ouvrages un mérite supérieur. Sans doute est-ce dans leur savoir-faire que réside cette différence ?
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Commode à deux rangs de tiroirs, attribuée à Jean Demoulin, Paris, vers 1745
Bâti de chêne, préparation laque noire, décor en relief de laques polychromes, bronzes ciselés et dorés, marbre brèche d’Alep.
Paris, musée des Arts décoratifs
© Les Arts Décoratifs / photo : Jean Tholance

Lorsqu’il tente d’obtenir l’enregistrement de son privilège, Guillaume se dit détenteur d’un vernis de sa composition et, dans la convention qu’il passe avec son frère Étienne-Simon, le fabricant de toutes sortes d’ouvrages en relief. Ce procédé repose-t-il sur une recette particulière mise au point par Martin dans le choix et le dosage des matières premières employées, ou seulement sur la mise en œuvre ? C’est Watin qui nous en apprend le plus tout en étant assez évasif. Dans sa partie consacrée à l’Art de faire le vernis, il souligne que la réputation « du fameux Martin » s’est établie sur ses vernis blancs faits au copal . De cette mention, tous les auteurs se sont emparés, or le recensement des matières premières présentes dans les ateliers lors des inventaires rédigés après les décès des Martin ne mentionne jamais de copal ! Diverses gommes (« carabé », « goutte », « sandaraque », « lacque ») voisinent avec les autres matières premières décrites par Watin, indispensables à la réalisation des laques, mais point de copal. Les stocks comprennent aussi plusieurs bouteilles de vernis tout préparé dont les composants ne sont pas énoncés, probablement pour les garder secrets ! Le copal en faisait-il partie ? Watin précise que plus un vernis au copal a reposé, meilleur il est. Il est évident qu’à partir d’une base générale décrite par Watin chaque atelier disposait de ses propres mixtures et dosages. Les analyses conduites par le Laboratoire de recherche des musées de France ne concluent pas systématiquement à la présence de copal. Quelle conclusion en tirer ? Car il est tout de même surprenant que le copal n’apparaisse pas au même titre que les autres résines dans les stocks des vernisseurs !

C’est encore Watin qui écrit, à propos de l’imitation des laques asiatiques, que « le fameux Martin a trompé à cet égard plus d’une fois les plus habiles connoisseurs ; ces chefs-d’œuvre sont encore recherchés avec le même empressement que les anciens laques ». Est-ce ce talent de Guillaume Martin qui fit de lui le vernisseur désigné pour intervenir dans un domaine qui constitue une spécificité toute française : l’emploi de panneaux de laque asiatiques tant dans le décor intérieur que dans le mobilier ?

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