Bonbonnière, ano­nyme, Paris, vers 1780. Papier mâché, laque noire, blan­che, ban­des argen­tées à la feuille avec laque trans­lu­cide verte et paillons de cui­vre doré alter­nant avec laque trans­lu­cide rouge avec incrus­ta­tions de cui­vre doré, minia­ture peinte à la goua­che sur ivoire, mon­ture en or ciselé. Paris, musée des Arts déco­ra­tifs © Les Arts Décoratifs

Grisaille et rayures : évolution des « bijoux » en laque dans les années 1770 et 1780

Texte de Monika Kopplin

Ce texte est extrait du catalogue de l’exposition.

Les vernisseurs ont toujours porté une attention particulière à la décoration du couvercle des boîtes. Alors que, dans les années 1760, ils composaient directement sur toute la surface un décor peint, ils ont ensuite privilégié les miniatures en gouache sur plaque d’ivoire maintenue par un cadre en or finement ciselé. La miniature pouvait soit représenter une femme idéalisée, soit – comme c’est le cas sur de nombreuses tabatières en or – être le portrait d’une dame ou d’un gentilhomme aujourd’hui difficile à identifier. Il s’agissait en général du portrait en buste de la personne ayant offert la boîte : on sait en effet que les boîtes agrémentées d’un portrait de roi ou de haut dignitaire s’étaient imposées comme cadeaux diplomatiques, de sorte qu’elles devinrent rapidement des présents personnalisés très appréciés dans les hautes couches de la société. Ici encore, tabatières et bonbonnières en laque constituaient une alternative beaucoup moins onéreuse que leurs équivalents en or agrémentés d’émaux.

On trouve une des premières traces des boîtes à portrait dans le registre de Lazare Duvaux pour l’année 1752, qui mentionne, parmi les objets livrés à la marquise de Pompadour, « un fond d’or gravé dans un dessus de boëte en lacq, où est encadré un portrait d’émail de Petitot ». La formulation utilisant le terme « lacq » semblerait toutefois indiquer que cette pièce était partiellement de fabrication orientale (sans doute japonaise) et que le décor du couvercle avait été complété par un artisan français. Toujours est-il que la demande et la production de boîtes à portrait explosèrent ensuite – de nombreux exemplaires en vernis Martin sont parvenus jusqu’à nous.

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