Présentation

Toute l’audace de la création d’une grande maison de joaillerie est mise en lumière dans la nef des Arts Décoratifs, à travers plus de 500 bijoux, qui font la renommée de Van Cleef & Arpels depuis 1906. Ces pièces prestigieuses sont exposées au regard de nombreux documents d’archives et dessins. L’histoire de Van Cleef & Arpels est jalonnée d’inventions techniques transmises de génération en génération par les Mains d’Or des ateliers. Ces savoir-faire, tenus secrets, alliés à une imagination et des sources d’inspiration très libres sont à l’origine de ce formidable foisonnement de formes et de modèles. Le Serti Mystérieux, les bijoux transformables, la Minaudière, ou encore les pièces inspirées par la Couture caractérisent le style hautement reconnaissable de la Maison. Parmi les créations les plus emblématiques figurent ainsi le collier Zip, suggéré par la Duchesse de Windsor et réalisé en 1951, ainsi que la collection Alhambra qui rencontre un vif succès depuis plus de quarante ans. À partir de 2000, année de l’acquisition de Van Cleef & Arpels par le groupe Richemont, la Maison connaît une période de grande créativité, s’exprimant notamment à travers ses collections de Haute Joaillerie, telles que L’Atlantide en 2007, Les Voyages Extraordinaires en 2010, Bals de Légende en 2011 et enfin Palais de la Chance en 2012. L’un des joyaux de cette collection, le collier Phénix Mystérieux, clôture l’exposition dont la scénographie onirique a été conçue par l’agence Jouin Manku.

En 1906, Alfred Van Cleef (fils de lapidaires) s’associe à son beau- frère Salomon dit Charles puis à son frère Julien Arpels, pour se lancer dans la joaillerie et ouvrir une première boutique au 22 place Vendôme. Leur réussite est immédiate. Les ouvertures des succursales se succèdent, Dinard, Nice, Deauville, Vichy… touchant une clientèle huppée, sensible au talent du joaillier. Après l’accalmie imposée par la première guerre mondiale, les salons de la place Vendôme sont agrandis et deux autres magasins ouverts, à Lyon et à Cannes.

Parmi les pièces les plus prestigieuses créées alors, la parure de 1925 composée notamment d’un bracelet et d’une broche, présentée à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris, est particulièrement remarquée et récompensée d’un grand prix. Ces bijoux ornés d’un motif de roses épanouies en diamants et rubis et aux feuilles d’émeraude sont l’incarnation du thème de la fleur que la maison déclinera sous toutes ses formes. A cette époque les sujets varient autour de la flore et la faune mais aussi du goût pour l’Egypte ancienne, la Chine, le Japon ainsi que la civilisation persane qui deviennent à leur tour prétexte pour initier de nouvelles combinaisons de couleurs : lapis-lazuli, turquoise, onyx, jade, corail, émail et laque sont associés aux pierres précieuses. Parallèlement, la joaillerie blanche utilisant le diamant et le platine – dont les formes abstraites et géométriques dessinent de légers reliefs – inscrit la maison dans le courant de l’Art déco.

Les années 1926 à 1939 sont marquées par une fructueuse collaboration entre Renée Puissant (fille d’Esther Arpels dite Estelle et Alfred Van Cleef) qui prend en charge la direction artistique et René Sim Lacaze, dessinateur. Durant cette période, sont élaborées des techniques qui contribuent à asseoir définitivement la notoriété et le style de Van Cleef & Arpels. De leur parfaite entente naît le nécessaire du soir Minaudière. Initié par Charles Arpels il remplace le sac du soir : cette boite oblongue et plate, conçue en or ou styptor, (alliage non précieux) ou laque est pourvue d’un dispositif aux combinaisons multiples qui permet à la femme moderne de ranger ses accessoires de beauté.

Autre innovation, la fameuse technique du Serti Mystérieux, brevetée en 1933 est une véritable révolution : les pierres sont montées bord à bord sans griffes ni chatons, la monture disparaît à l’œil, donnant lieu à toute une série de bijoux. Bague boule, clip pivoine, plumes et chrysanthèmes sont élaborés ainsi. En 1934, les premiers bracelets Ludo, dont le ruban est constitué d’un tissu d’or souple d’abord à motif de briquettes puis hexagonaux, font leur apparition. Quelques années plus tard, la maison prépare l’Exposition internationale de New York en 1939 avec des ensembles exceptionnels comme le Passe-partout, dont le principe repose sur l’utilisation d’une chaîne serpent sur laquelle se fixent des clips fleurs en or et saphirs de Ceylan. Dans la lignée des bijoux transformables, le collier enroulé autour du poignet peut se porter en bracelet.

Après le succès de l’exposition de New York, s’ouvre une période sombre pour la maison Van Cleef & Arpels. Alors que les frères et neveux Arpels demeurent à New York ou s’y réfugient, Renée Puissant, restée en France, poursuit malgré tout l’activité de la maison. Paradoxalement quelques-uns des modèles les plus beaux voient le jour dont l’extraordinaire Oiseau de paradis en or, aux plumes serties de rubis et saphirs calibrés de 1942 ou encore, la Fourragère, brevetée en 1943 qui peut être considérée comme un bijou de résistance.

Après la guerre, la deuxième génération accède à son tour à la direction avec Claude (1911-1990), Jacques (1914-2008) et Pierre Arpels (1919-1980). La mise au point du collier Zip, breveté en 1939, se concrétise enfin en 1951. Inspiré à Renée Puissant par la duchesse de Windsor, cet audacieux bijou se transforme une fois fermé, en bracelet avec pompon et tirette en or ou platine ; il devient l’un des modèles phare de la maison. D’autres inventions vont jalonner les décennies suivantes : la bague Philippine en 1968, est un jonc de pierre dures – corail, calcédoine, lapis lazuli – incrusté de brillant en son centre.

Les grands colliers sautoirs des années 1970 allient boules de pierres dures et boules ajourées réalisées en fils d’or torsadés. Le sautoir Alhambra composé de médaillons quadrilobés pouvant alterner l’or perlé et les pierres dures connaît un succès jamais démenti, puisqu’il est aujourd’hui encore l’une des icônes de la maison. Le retour aux colliers courts, éléments d’une parure complète, dont les pierres somptueuses atteignent une qualité et des grosseurs chaque fois surpassées, marque les années 1980 et 1990.

A la fin des années 1990, la maison intègre le groupe Richemont : il lui insuffle un nouveau dynamisme en diversifiant les gammes de la Haute joaillerie et en imaginant à l’instar de la haute couture des collections annuelles. Parmi celles-ci on peut citer : « L’Atlantide » en 2007, « Les jardins » en 2008, « California Rêverie » en 2009, « Les Voyages Extraordinaires » en 2010 ou encore « Bals de Légende » en 2011.

Les bijoux incarnent les histoires les plus intimes et personnelles. Certains clients ou clientes ont nourri pour les créations de Van Cleef & Arpels une véritable passion. Certaines commandes sont ainsi liées aux destins de personnalités parmi lesquelles des reines et des princesses : la cour d’Iran et les princesses Fawzia, Soraya, l’impératrice Farah Diba, la maharané de Baroda, la duchesse de Windsor ou encore la princesse Grace de Monaco… L’art de Van Cleef & Arpels a séduit de nombreuses stars telles Elizabeth Taylor et Maria Callas… Les évoquer, c’est aussi illustrer l’histoire de la haute société des années folles aux années 50, de la naissance de la jet-set des années 1970 aux célébrités de notre ère médiatique.

L’originalité de la création, la recherche de la perfection et le goût de l’innovation technique caractérisent le style Van Cleef & Arpels. Le soin apporté aux volumes, aux reliefs, aux proportions, au choix des pierres précieuses et fines et à leur éclat confèrent à la joaillerie Van Cleef & Arpels élégance et sophistication.

1 COMMENTAIRE (PAR LES INTERNAUTES)

  • Accueil 14 décembre 2012 21:29, par Danielle LAMBERT

    J’ai eu l’occasion de visiter cette merveilleuse exposition ce jour.

    J’ai été impressionnée par l’accueil chaleureux d’une jeune femme à l’entrée de l’exposition. Elle était à l’écoute et particulièrement attentive durant toute la visite.

    Tous mes remerciements.

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