Les années 1920

Ce texte est extrait du catalogue de l’exposition.

Parenthèse insouciante de l’entre-deux-guerres, les Années folles font de Paris la capitale des arts, du luxe et du divertissement. Les innovations apportées dans les arts dits majeurs, comme le suprématisme ou le néoplasticisme, gagnent les arts appliqués et exercent une profonde influence sur les créateurs de bijoux. L’Art nouveau cède la place aux lignes épurées de l’Art déco. Dans la joaillerie, la flore et la faune s’éclipsent au profit de jeux et d’imbrications géométriques. Les civilisations lointaines – l’Orient et plus particulièrement l’Égypte, la Chine et le Japon – sont également une source d’inspiration pour les dessinateurs de bijoux. Les créations Van Cleef & Arpels mêlent toutes ces influences, parallèlement aux thèmes naturalistes qui perdurent. Le sautoir devient l’un des principaux attributs de la femme, ainsi que le bracelet souple ou le bracelet manchette ; les oreilles se parent de longs pendants, tandis que les broches aux multiples usages font la célébrité de la maison.

Joaillerie blanche et colorée

Après guerre, les harmonies de blanc et de noir dominent la haute joaillerie, notamment dans des montres châtelaines ornées de diamants, de pierres précieuses et d’onyx. À l’aube des années 1920, Sonia Delaunay dans les arts plastiques ou André Vera dans les arts décoratifs prônent un retour à la couleur. Chez Van Cleef & Arpels, les parures de diamants s’enrichissent dès 1924 de rubis, d’émeraudes et de saphirs. L’atelier utilise la technique de la taille suiffée qui confère aux pierres et aux couleurs une sensualité particulière : visible sur certains bijoux de style égyptien, elle s’épanouit sur des clips Panier fleuri, Oiseau de paradis ou sur des bracelets Indiens mêlant motifs figuratifs et naturalistes.

Après 1925, la joaillerie blanche est dominante. Van Cleef & Arpels se distingue avec des modèles de broches qui offrent de multiples possibilités : les clips oiseaux, plumes ou châtelaines se déclinent en ornements vestimentaires (col, manteau, chapeau, ceinture…), ou ornements de cheveux. De longs sautoirs sertis de diamants, typiques de la maison, font leur apparition assortis à de larges bracelets manchette. Cercles, losanges, carrés dessinent ces parures de diamants, serties sur différents niveaux et alliant des tailles diverses – baguette, brillant, navette, poire, carrée –, montées sur du platine, plus ductile et plus discret que l’or jaune.

L’égyptomanie

En 1922, l’attrait pour la civilisation égyptienne est relancé par la découverte du tombeau de Toutankhamon. Les scènes peintes trouvées dans les tombeaux servent de source d’inspiration pour la maison Van Cleef & Arpels dès 1923. Les figures pharaoniques représentées de profil et agenouillées s’agrémentent de symboles égyptiens tels l’ibis, le scarabée, la fleur de lotus, le dieu Horus, le sphinx ; des scènes d’offrande ou de pêche se déroulent sur des bracelets rubans souples ou sur des broches en forme de boucles carrées ou rectangulaires. L’ensemble est orné d’une palette de pierres précieuses à dominante rouge montées sur platine.

Les boîtes et les sacs

Van Cleef & Arpels est connu pour la réalisation d’objets en matière précieuse. Certains nécessaires sont de véritables chefs-d’œuvre, comme celui dessiné en 1926 par le peintre russe Vladimir Makowsky (1884-1966) qui réalise pour la maison plusieurs modèles, véritables tableaux miniatures en marqueterie de nacre d’inspiration médiévale. L’Orient, la Chine et le Japon offrent des sources d’inspiration pour de nouvelles combinaisons de pierres ornementales – cornaline, lapis-lazuli, turquoise, nacre – et pour des techniques comme l’émail ou la laque. L’influence japonaise est sensible dans les nécessaires et les boîtes façon inrôs : ornés de nuages stylisés, de dragons ou de paysages traditionnels, ils sont réalisés en nacre et en jaspe serti de pierres fines. Les lignes sinueuses de l’art ottoman s’épanouissent sur des boîtes à cigarettes et sur des poudriers gravés de cartouches polylobés à décor d’entrelacs et de somptueuses mosaïques de nacre évoquant les textiles et les tapis. Avec ses lignes géométriques, le courant moderniste apparaît enfin sur plusieurs vanity cases, certains célébrant la vitesse et la machine, thèmes partagés par des créateurs comme Jean Després, Gérard Sandoz ou Jean Fouquet.

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