Nécessaire à par­fums, ano­nyme, Paris, vers 1755-56. Papier mâché, laque noire, décor en léger relief de laque avec pou­dre d’or, mon­ture en or. Paris, musée des Arts déco­ra­tifs © Les Arts Décoratifs / photo : Jean Tholance

Présentation

Les Arts Décoratifs mettent le XVIIIe siècle à l’honneur. En consacrant une grande exposition aux secrets de la laque française, le musée révèle l’engouement pour une technique qui incarne le luxe et le raffinement. Du plus imposant au plus discret, du plus somptueux au plus modeste : meubles, panneaux de boiserie, objets d’ameublement, boîtes et étuis, carrosses et traîneaux dessinent l’histoire d’une passion largement partagée par une clientèle parisienne et européenne, qui dépassa celle de la chinoiserie à laquelle cette production sacrifia. La question particulière du Vernis Martin, expression que seuls les Français utilisent, pour parler de la laque, soulève de nombreuses interrogations qui trouvent ici, pour la première fois, des réponses étayées par de nombreuses études et exemples. Réalisée en collaboration avec le Lackkunst Museum de Münster en Allemagne, l’exposition, mise en scène par Philippe Pumain, réunit près de 300 objets.

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Traîneau aux patineurs, anonyme, Paris, vers 1770
Bois sculpté, préparation, feuille d’argent, décor de laques polychromes, toile marouflée, peinture à l’huile vernie polie, laque transparente, cuir, métal, velours de soie.
Versailles. Musée national du château de Versailles et des Trianons.
Photo © Château de Versailles / DIST. RMN - Grand Palais / Gérard Blot

Vers la fin du XVIIe siècle, le coût de plus en plus élevé de la production de laque japonais et la qualité moindre des laques d’importation chinois, amènent les européens à vouloir s’approprier la maîtrise de cette matière. L’étude de la laque conduit ainsi d’habiles artisans, tant en Allemagne, en Angleterre et en Hollande, qu’en France à retrouver cet aspect velouté et profond et à imiter avec talent les productions orientales. A Paris, de nombreux ateliers de peintres doreurs -vernisseurs voient ainsi le jour faubourg Saint-Antoine à proximité des ébénistes – menuisiers, les liant ainsi dès le départ au domaine du meuble. Parmi les plus célèbres, ceux des frères Martin, rues des faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin, dont la renommée associa le nom à leur technique, puis à l’ensemble des laques produites en France. Ces vernis, travaillés selon le même principe de couches superposées que la laque d’Extême Orient, n’ont pourtant rien en commun avec celle-ci du point de vue de la composition chimique. Ils sont différents selon les ateliers et leur recette est gardée secrète.

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Fragment de décor de berline ou de clavecin, anonyme, Paris, vers 1745
Bois, préparation, fond or, décor peint à l’huile vernie polie, laque transparente.
Paris, musée des Arts décoratifs
© Les Arts Décoratifs / photo : Jean Tholance

C’est l’introduction de la couleur qui fait l’une des spécificités de la laque française. Les compositions de vernis permettent une plus large gamme. Désormais, se substituent aux fonds noirs et rouges, des fonds jaune, bleu, vert, blanc ou or. En faisant ainsi évoluer la technique, les peintres vernisseurs, sous l’impulsion des marchands merciers répondent aux goûts des clients. L’iconographie s’éloigne peu à peu des scènes et paysages asiatiques pour intégrer, assimiler l’art des peintres d’alors. Les œuvres de Greuze, Boucher, Oudry ou Vernet sont les principales sources d’inspiration et recouvrent une typologie extrêmement variée d’objets. Le vernis Martin sublime ainsi tout type de supports (bois, métal, argent, céramique, tôle…) et s’applique à toutes les formes, du plus petit objet au plus grand, de la navette ou bobine de fil aux pièces imposantes de mobilier, du panneau à la théière en passant par les horloges, boîtes ou étuis. Les intérieurs des grandes demeures s’en remplissent, faisant du vernis Martin un témoin de l’art de vivre du XVIIIe siècle français. Ce siècle des lumières qui aime autant l’art que les sciences, produit de nombreux instruments de mesure et de musique qui passent également entre les mains des vernisseurs. Mais la production atteint les sommets du raffinement à travers les décors qui parent les carrosses et les berlines, recherchés par toutes les cours d’Europe. Paris dénombre pas moins de 200 ateliers spécialisés dans la production d’attelages.

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Commode de Madame Adélaïde, Gilles Joubert et Etienne-Simon Martin, Paris, 1755
Bâti en chêne et résineux, préparation, laque blanche, décor peint à l’huile, laque transparente, bronze argenté, marbre Sarancolin.
Versailles. Musée national du château de Versailles et des Trianons.
Photo © Château de Versailles / DIST. RMN - Grand Palais / Christophe Fouin

L’exposition présente les différentes étapes qui ont conduit les frères Martin et leurs confrères parisiens à élaborer les techniques. Quelques œuvres introduisent le visiteur dans l’univers des laques asiatiques afin d’évoquer leur exportation vers l’Europe et la fascination qu’elles ont suscité. Les autres constituent les jalons de cette étonnante quête, partie de l’imitation jusqu’à son émancipation.

Curieux paradoxe que cette technique, célébrée par Voltaire, vilipendée par Mirabeau, pour laquelle, si l’on en connaît bien les protagonistes, les quatre frères Martin, on ne peut attribuer avec certitude les œuvres produites par leurs ateliers !

En effet, les Martin, tout comme leurs confrères peintres doreurs-vernisseurs, ne signaient ni ne marquaient leur production. C’est donc un défi que se lancent le Lackkunst Museum de Münster et le musée des Arts décoratifs à Paris en rassemblant pour la première fois un choix d’œuvres significatives et représentatives de ce qui fut la production des peintres vernisseurs parisiens.

L’exposition s’accompagne de la publication d’un catalogue auquel participent différents spécialistes. Il est l’occasion de préciser ce terme de « vernis Martin » qui, s’il s’avère familier de quelques professionnels, l’est beaucoup moins du grand public. Quand et comment il s’est imposé pour désigner une production dont l’exposition s’emploie à définir les contours. Mais surtout, le catalogue propose pour la première fois un regard scientifique sur cette technique et les matériaux employés. En effet une collaboration avec le Laboratoire de Recherche des Musées de France a permis d’étudier dans le cadre d’une recherche interdisciplinaire associant physico-chimistes, historiens et restaurateurs la matérialité et les pratiques artistiques de ces objets vernis afin de comprendre leurs procédés de création et identifier d’éventuelles spécificités de pratiques en fonction des domaines.

Cette approche est corrélée à leur étude iconographique et historique.

2 COMMENTAIRES (PAR LES INTERNAUTES)

  • exceptionnel 18 mars 21:43, par claude-constance desgrippes

    plaisir de decouvrir cette technique qui a permis de produire de tels chefs d’oeuvre .cette exposition est somptueuse ;c’est un moment à savourer ;merci

  • Une exposition merveilleuse 6 mars 23:33, par Anne

    J’ai eu la chance de découvrir cette exposition dès le 5 mars et j’ai passé un moment enchanteur devant le travail des Frères MARTIN. Ils ont œuvré sur de multiples supports pour réaliser des objets parfois si petits et ravissants qu’on a du mal à concevoir qu’ils étaient utilisés quotidiennement ; puis sur des formats plus impressionnants mais de résultats aussi parfaits. Il faut savoir prendre son temps pour se délecter de chacun des objets présentés.

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Un parcours autour du vernis Martin est proposé au musée Nissim de Camondo pendant toute la durée de l’exposition.

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