Commode à deux rangs de tiroirs, Paris, estam­pillée de Jacques Dubois (1694-1764). Bâti : chêne et rési­neux ; pré­pa­ra­tion, laque bleue, décor à l’or, laques de dif­fé­rents tons de brun, rouge, pou­dres d’or, laque trans­lu­cide ; bronze doré ; mar­bre brè­che. H. 84 cm, L. 114 cm, Pr. 61 cm Paris, gale­rie Steinitz © DR

Naissance des laques français dans le contexte européen du XVII<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle : laques et vernis

Texte de Monika Kopplin

Ce texte est extrait du catalogue de l’exposition.

La laque est un produit connu en Europe depuis l’Antiquité : Pline l’Ancien en parle à plusieurs reprises et l’on sait que ses hautes propriétés esthétiques et protectrices étaient fort appréciées, en particulier sur les sculptures. Johann Joachim Winckelmann, pour sa part, fait état de la découverte de statues antiques en marbre agrémentées de laque. On sait également que des bronzes grecs ont été recouverts d’un mélange de bitume et d’huile d’olive afin de les patiner, que de la laque a été appliquée à cette même fin sur des bronzes italiens aux XVe et XVIe siècles et que, dans le domaine de la peinture, l’utilisation d’une couche brillante visant à renforcer les couleurs était elle aussi connue dès l’Antiquité et fréquente à Rome à l’époque d’Auguste.

L’étymologie du mot « laque » renvoie d’ailleurs directement à l’Antiquité, puisque les Romains parlaient déjà de gomma lacca, terme composé du nom « gomme » (une substance semblable à la résine mais soluble dans l’eau, produite par certains arbres et arbustes) et d’un complément dérivé du sanskrit, lākṣā, qui désigne une substance rouge. La gomme-laque est en effet produite par une cochenille (Coccus lacca) vivant en Inde et dans le Sud-Est asiatique : l’insecte absorbe la sève de divers feuillus et sécrète une résine rouge foncé sur les branches de l’arbre qu’elle parasite ; on récolte cette sécrétion lorsqu’elle est sèche ; on en extrait ensuite le colorant rouge hydrosoluble afin de produire avec le substrat de la gomme-laque commercialisable.

Quant au mot « vernis », il viendrait du nom de la ville grecque de Bérénice, en Cyrénaïque (l’actuelle Benghazi, en Libye). Ce port était très actif dans l’Antiquité, notamment pour le commerce de la résine « sandarak » extraite du thuya de Barbarie (Tetraclinis articulata), matériau de base des laques alors fabriquées en Europe. (…)

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