Période moderne

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Pendentif Soleil Lune, 1959-1960, Jean LURÇAT, Or © Les Arts Décoratifs / Laurent Sully Jaulmes

La confrontation des artistes à l’art du bijou prend dans les années 50 une importance nouvelle. Certains s’investissent dans ces créations grâce à la rencontre d’un orfèvre de talent ou, plus rarement, réalisent eux-mêmes leurs œuvres comme Alexandre Calder. Ce courant original est représenté au musée par des pièces de Georges Braque, Henri Laurens, Alexandre Calder et Jean Lurçat. Les bijoux de Calder frappent par la simplicité de leur conception, qui a surpris le public lors de leur première exposition à New York en 1940. Réalisés à partir de fines bandes de métal, ils évoquent souvent la légèreté de ses mobiles. Deux des broches du musée reproduisent les initiales de l’actrice Delphine Seyrig à qui ces bijoux ont appartenu. Les bijoux de Jean Lurçat, réalisés chez François Hugo puis chez Philippe Patek, s’inscrivent, quant à eux, dans le répertoire familier de l’artiste : soleil, lune, coq… Plus que les peintres, ce sont souvent les sculpteurs qui s’intéressent au bijou. Ceux d’Henri Laurens transcrivent bien ce goût pour les lignes affirmées et les formes pleines que l’on retrouve dans son œuvre sculpté.

Artiste indépendante, Line Vautrin s’est appliquée à bousculer les conventions d’une bijouterie « comme il faut ». Son collier Saute-mouton (1950-1955) ou sa broche Soleil enchaîné (1955-1960) relèvent d’une même conception facétieuse, entre humour et mythologie personnelle. Le travail de l’argent reste en revanche une des grandes constantes des pays scandinaves et les créations de Torun, mais aussi de Saara Hopea Untracht et de Henning Koppel, attestent de ce goût pour les métaux blancs et un style raffiné, souvent épuré. La Suédoise Torun, installée en France dans les années 50, a eu une influence très importante sur la création française. Parmi les pièces du musée, le collier Body Sculpture est particulièrement emblématique de son art : emploi de l’argent, lignes épurées, rapport au corps très original.

La collection compte également quelques grands noms de la joaillerie des années 1940-1960 : Suzanne Belperron, Georges Delrue, Pierre Sterlé, Jean Schlumberger. De ce dernier, le musée possède bijoux, boîtes et boutons. Jean Schlumberger débute sa carrière en réalisant dans les années 1930 des bijoux fantaisie pour la créatrice de mode Elsa Schiaparelli et conçoit pour elle des parures, des broches et des boutons ; il ouvre après guerre un atelier à New York et un magasin à Paris ; en 1956, à la tête d’un département indépendant de Tiffany, il est au faîte de sa gloire. Son style se caractérise par un mélange hardi de couleurs et une inspiration puisée dans la nature. Fleur, étoile de mer, cactus, poisson... exprimés en ronde-bosse, rejoignent la grande joaillerie dans un mélange de subtile extravagance et d’imagination fertile.

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