Histoire d'une collection

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Bracelet, 1883, Alphonse FOUQUET, Eugène CARRIER-BELLEUSE, Paul GRANDHOMME, Honoré BOURDONCLE, Or, dia­mants taille rose, émail peint © Les Arts Décoratifs / Laurent Sully Jaulmes

Le musée des Arts décoratifs possède le plus important ensemble de bijoux des collections nationales françaises. Constitué de quatre mille pièces allant de l’Antiquité à nos jours, il présente tous les types de bijoux, du diadème à la bague en passant par la boucle de ceinture. Depuis 1878, la collection s’est enrichie par des achats auprès de marchands, de collectionneurs ou de créateurs et grâce à de nombreux dons et legs. Offerts, portés ou transmis en héritage, ces bijoux sont le témoignage d’amateurs passionnés et de ceux qui ont voulu préserver des marques d’amour ou d’attachement familial.

La bijouterie, qui est le travail de l’or (les autres matières viennent en complément), est particulièrement bien représentée au sein de la collection. La joaillerie, qui est la mise en valeur des pierres précieuses ou fines sur une monture en métal, est illustrée par des pièces rares des XVIIe et XVIIIe siècles. Les pièces du XIXe siècle, en raison de la propension de chaque génération à réutiliser les pierres sur des montures remises au goût du jour, relèvent plus de la bijouterie que de la joaillerie.

À la fin du XIXe siècle, le musée complète ses collections de bijoux anciens auprès de marchands tels que Michel, Schutz et Mannheim. Grâce à ce dernier, le musée se porte acquéreur en 1883 de bijoux étrangers (bijoux indiens et bijoux populaires italiens) lors de la vente Castellani, grand bijoutier italien et marchand d’antiquités. L’orfèvre Boin-Taburet se prend de passion pour les bijoux du XVIIIe siècle qui sont alors voués à la destruction et qu’il s’attache à préserver. Dans les années 1890, des collectionneurs vendent ou donnent au musée un ensemble important de bijoux du XVIIIe siècle que viendra compléter en 1916 le don de la marquise Arconati-Visconti.

Dès 1878, des pièces contemporaines entrent dans les collections comme « la parure égyptienne » d’Émile Philippe présentée à l’Exposition universelle. Pendant plus d’un siècle, de nombreux achats sont réalisés par le musée auprès des artistes eux-mêmes alors que certains font des dons pour sauvegarder leur travail. Le chaîniste du second Empire, Auguste Lion, offre au musée les six cent quarante-huit modèles de chaînes qu’il avait créés, dont le fameux bracelet Impératrice.

Jean Eugène Chevalier-Hill, mécène des père et fils Wièse, donne en 1924 la collection de bijoux de ces artistes qui appartenait à son épouse. C’est ainsi qu’entre au Musée des Arts Décoratifs le fonds le plus important de ce bijoutier historiciste de la seconde moitié du XIXe siècle. Édouard Monod-Herzen, en 1948, et Jean Després, en 1977, offrent au musée une sélection importante de leur travail.

Récemment, des expositions consacrées aux bijoutiers ont permis d’enrichir les collections de façon significative, faisant entrer des œuvres de Fouquet, René Lalique, Jean Schlumberger, Henri Gargat, Gilles Jonneman, Torun, Jacques Gautier et Line Vautrin. Une politique d’acquisition internationale, notamment par l’intermédiaire du Fonds national d’art contemporain, permet aujourd’hui aux créateurs les plus novateurs de trouver ici une juste reconnaissance de leur œuvre.

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