Au XVIII<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle

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Broche « nœud », XVIIIe siè­cle, France, Argent, chry­so­bé­ryls © Les Arts Décoratifs / Laurent Sully Jaulmes

Le XVIIIe siècle voit le triomphe de la joaillerie. Le diamant provient des mines de Golconde en Inde jusqu’à ce que l’on découvre vers 1726-1729 les mines d’Amérique du Sud. Matériau rare, il avait été réservé pendant des siècles aux rois, aux princes et aux trésors de l’Église. Cependant, avec la prospérité qui s’installe en Europe au Siècle des Lumières, la vogue des bijoux se répand au-delà du cercle restreint des nobles et des richissimes dignitaires.

À l’époque rocaille, les pierres fines – rubis, saphirs, topazes, grenats – sont largement employées, dans des compositions multicolores. Au milieu du siècle, les riches parures sont réalisées en diamants, souvent remplacés par des topazes blanches. À la fin du siècle, les chrysobéryls jaunes envahissent toute la joaillerie.

L’invention du strass, verre au plomb très brillant, ouvre le marché du bijou à une clientèle moins fortunée. Les pierres transparentes sont alors montées sur fond d’argent : la culasse – partie pointue des pierres – est sertie dans une petite cuvette de métal, quelquefois tapissée de paillons d’argent. Cette technique renforce le pouvoir de réfraction de la lumière à travers les facettes de la pierre.

L’iconographie du bijou est dominée par la flore : bouquets de fleurs en pierres multicolores et émail, bouquets d’œillets inspirés de l’art islamique, tels que les Européens les avaient découverts sur les tissus provenant d’Orient. Le nœud de ruban constitue depuis la seconde moitié du XVIIe siècle un thème récurrent de la joaillerie. Le nœud à la Sévigné, qui dessine un enroulement d’or, de diamants, d’émeraudes ou de saphirs, en est le plus fameux exemple.

La pièce la plus spectaculaire de la collection date de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle. C’est un ornement de corsage de forme triangulaire, destiné à l’origine à être cousu, puis qui sera fixé sur un crochet au XVIIIe siècle. Il est constitué de trois éléments dont deux sont arrondis pour épouser la forme du buste tandis que le troisième se termine en pointe vers la taille. Ces éléments sont composés de plusieurs superpositions de plaques ajourées, formées de rinceaux feuillagés en argent semés de diamants et de fleurs en émeraudes serties d’or. Le tout est surmonté d’un aigle en argent doré, fixé sur une tige à ressort qui lui permet d’être mobile au-dessus de la poitrine.

Au XVIIIe siècle
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