Au XIX<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle

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Milieu de bra­ce­let, après 1838, Paris, Or, topa­zes, per­les, émail © Les Arts Décoratifs / Laurent Sully Jaulmes

Tous les types de bijoux sont présents au XIXe siècle, mais les femmes se plaisent tout particulièrement à porter des ensembles harmonieux où dominent les mêmes pierres et les mêmes ornements. Ainsi apparaissent les parures avec collier et les demi-parures comprenant uniquement une broche et une paire de boucles d’oreilles. Ces pièces suivent la mode vestimentaire : sous la Restauration apparaît la boucle de ceinture, qui correspond à la mode des tailles hautes très marquées et des manches gigot. Les bracelets vont quelquefois par paire pour être mis sur chaque bras.

Le XIXe siècle voit la mise au point de la monture « à jour », sans fond de métal, technique qui renforce la réfraction de la lumière sur les facettes des pierres taillées. Sous l’Empire et la Restauration apparaissent le graineti (petits grains d’or serrés les uns contre les autres) et la cannetille (fil de métal enroulé), utilisés conjointement dans des parures comprenant collier, boucles d’oreilles, paire de bracelets et boucle de ceinture. Au bijou Empire, caractérisé par la référence à l’Antiquité qui s’exprime par l’utilisation de camées ou d’intailles entourées d’un cercle d’émail noir ou de petites perles enfilées dans des montures légères en or, succède le bijou Restauration dont la diversité des matériaux et des techniques annonce la richesse et l’originalité des créations des décennies suivantes.

À travers l’historicisme et la redécouverte des œuvres du passé national ou de civilisations lointaines, les artisans retrouvent des techniques oubliées, et tout particulièrement celles de l’émail, qu’il soit peint, champlevé, cloisonné, de ronde-bosse ou de basse-taille. La diversité des formes est plus remarquable encore que celle des techniques et des matériaux employés.

De même que les peintres et les écrivains, les créateurs de bijoux redécouvrent vers 1825 le Moyen Âge et la Renaissance, et s’en inspirent pour donner naissance à des bijoux composites d’une très grande virtuosité. Le goût pour la Renaissance est toujours manifeste dans les pièces présentées à l’Exposition universelle de 1878. Les bijoux d’Alphonse Fouquet, de taille imposante, présentent ainsi des portraits en émail peint encadrés de figures sculptées, femmes ou animaux fantastiques affrontés à la façon des ornemanistes du XVIe siècle.

Les civilisations du pourtour méditerranéen inspirent aux bijoutiers des pièces qui empruntent au Maghreb les nœuds algériens, les boules de lapis-lazuli et les motifs de coloquintes en pendants. Le second Empire et la troisième République voient la création des bijoux néo-antiques d’Eugène Fontenay ou de Fortunato Pio Castellani.

Le japonisme, en vogue à la fin du XIXe siècle, influence les bijoux en émail cloisonné d’Alexis et Lucien Falize, tandis que le naturalisme demeure, avec la flore, le courant dominant de la joaillerie d’Oscar Massin.

La joaillerie au XIXe siècle

Après la Révolution, la prospérité et l’enrichissement de certaines classes de la société entraînent une augmentation sensible de l’offre et de la demande pour les produits de luxe. Pour la bijouterie, le phénomène atteint son point culminant avec la découverte en 1867 des mines de diamants du Cap, en Afrique du Sud, qui apporte sur le marché une quantité de diamants jamais atteinte jusqu’alors. La joaillerie n’est plus l’exclusivité des classes supérieures et son rôle prend une autre signification. Comme l’écrit le bijoutier Eugène Fontenay : « Le diamant ne fait réellement bien qu’aux lumières, tandis que la beauté de l’or et des émaux est encore augmentée par l’éclat du jour. » C’est alors que naît la distinction entre joaillerie (bijoux du soir), et bijouterie (bijoux de jour), sur laquelle notre époque continue de fonder son rapport à la parure.

Au XIXe siècle
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