Art déco

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Broche, vers 1930, Jean DESPRÉS, Argent, laque, verre gravé d’Étienne COURNAULT © Les Arts Décoratifs / Laurent Sully Jaulmes

Après l’Art nouveau, dans les premières années du XXe siècle les formes naturelles se simplifient et se synthétisent, annonçant les figures géométriques des années 1920. Les bijoutiers s’inspirent des styles Empire et Louis XVI pour réaliser des parures souvent composées de platine pour réaliser des montures plus fines et plus souples. Le noir et le blanc, l’onyx et le cristal introduisent des oppositions plus franches, tandis que l’utilisation du lapis-lazuli, du jade et du corail permet de créer une joaillerie haute en couleurs. Les créateurs aiment conjuguer le mat et le brillant, le transparent et l’opaque au service d’une bijouterie très contrastée par les couleurs, les matières, mais aussi les thèmes. Les formes géométriques, issues du mouvement cubiste, donnent des plans nets et tranchés que favorisent les nouvelles tailles des pierres : en baguette, trapézoïdale… Parallèlement à la rigueur du cubisme, les créateurs s’inspirent largement de l’Extrême-Orient, plus particulièrement de la Chine, lui empruntant des matières comme le jade et des thèmes comme les masques.

La veine naturaliste persiste avec des broches « pot de fleurs » ou « bouquet de fleurs » où le joaillier peut donner libre cours à son goût pour les mélanges de couleurs. À la polychromie des années 1920 succède la monochromie des bijoux des années 1930 représentés par des œuvres de Raymond Templier ou de Jean Després. À la fin des années 1920 et au début des années 1930, ce dernier réalise des parures en or blanc et en verre gravé par Étienne Cournault, ainsi que des bijoux qui s’inspirent du monde mécanique, de la machine, de la voiture et de la vitesse.

Les grandes familles de bijoutiers sont représentées dans les collections du musée : Georges Fouquet, qui crée dans son atelier les bijoux dessinés par son fils Jean mais aussi ceux du peintre André Léveillé, du sculpteur Jean Lambert Rucki, de l’affichiste Cassandre et de l’architecte Eric Bagge ; la maison Boucheron, qui fit don d’une grande broche en onyx et corail à la suite de l’Exposition internationale de 1925. De Raymond Templier, le musée possède trois broches dont deux achetées en 1937, une bague de 1930 et une collection de porte-cigarettes en argent, émail et aluminium. L’ensemble constitué pour cette période se clôt avec les deux parures commandées par l’État à Jean Fouquet à l’occasion de l’Exposition internationale de 1937, dans lesquelles apparaissent de nouveaux accords de couleurs qui annoncent les années 1940.

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