Cassette en cabinet

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Cassette en cabi­net, attri­bué à Pierre Gole (v. 1620-1684), Paris, vers 1655 © Les Arts Décoratifs

Conçue pour être mobile, cette cassette repose sur quatre petits pieds toupies en ivoire ; son décor de marqueterie se développe sur le couvercle et les quatre côtés. Le piètement qui la reçoit n’est pas marqueté à l’arrière et présente sur son plateau, à l’emplacement de la cassette, un simple placage. De légères différences dans l’ornementation laissent supposer que le piètement fut réalisé dans un second temps. Cet ensemble est un rare témoin d’un type de meuble qui connut une certaine faveur au milieu du XVIIe siècle. Ainsi, l’inventaire après décès du cardinal Mazarin, dressé en 1661, comporte sous les numéros 718 et 719 « une cassette d’écaille de tortue, profilée d’ivoire, toute couverte de marqueterie de fleurs et oiseaux de bois de diverses couleurs, posée sur quatre boules d’ivoire façon d’écailles de tortue longue d’un pied sept pouces [51 cm], large d’un pied un pouce [35 cm], haute de dix pouces [27 cm] » et « une autre petite table et une cassette pareille à celle ci-dessus ». L’usage de la marqueterie sur fond d’écaille et d’ivoire, ainsi que la particularité du dessin de certains éléments tels que les six colonnes toscanes du piètement, interrompues au tiers inférieur du fût par une astragale, permettent de rapprocher cette cassette et sa table de l’œuvre de Pierre Gole. Originaire de Hollande et venu très jeune à Paris comme apprenti dans l’atelier d’Antoine Garbrant, l’un des menuisiers les plus en vue à l’époque, Pierre Gole se distingua par la qualité de ses meubles plaqués d’ébène et de ses marqueteries, et fut nommé menuisier en ébène ordinaire du Roi en 1651. Il employait les matériaux les plus précieux et se fit une spécialité des placages d’ivoire, allant jusqu’à recouvrir entièrement les surfaces, comme sur un cabinet, livré au début des années 1660 à Monsieur, frère du roi, pour le Cabinet blanc du prince au Palais-Royal (aujourd’hui conservé au Victoria and Albert Museum, à Londres). La fabrication de cette cassette toutefois doit se situer plus tôt dans la carrière de l’ébéniste. Les rinceaux ornementaux sur fond d’ivoire des cartouches d’encadrement de la marqueterie sont encore proches des gravures d’ornements diffusées à Paris pendant le règne de Louis XIII. Le terme de « cassette en cabinet » correspond vraisemblablement à un tel meuble. Cette appellation figure dans l’inventaire après décès de l’ébéniste, dressé le 10 janvier 1685 ; il s’agit d’une pièce isolée, prisée alors, avec d’autres meubles, pour la somme modique de 33 livres. Cette mention prouverait qu’au milieu des années 1680 leur faveur était passée.

B. R.

Theodoor Herman Lunsingh-Scheurleer, Pierre Gole, Dijon, Éditions Faton, 2005, p. 88-89, repr. 48-49, p. 244 et repr.

Cassette en cabinet

Attribué à Pierre Gole (v. 1620-1684)
Paris, vers 1655
Résineux, placage d’écaille, ivoire, ivoire teinté, ébène, amarante, noyer, poirier, if, épine vinette, bois de rapport
Cassette : H. 23,8 ; L. 47,7 ; pr. 34 cm
Piètement : H. 63,2 ; L. 60 ; pr. 40 cm
Acquis grâce au mécénat de Michel et Hélène David-Weill, 2002
Inv. 2002.56.1.1-2
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