Le mauvais goût

Presse-papier, Cristallerie de Clichy, 1845-1855 © Les Arts Décoratifs

À chaque époque sa définition du mauvais goût. L’âge classique qualifiait de gothique l’art médiéval jugé barbare. « Ce qui a paru délicieux à l’élite de la bonne compagnie d’un siècle, semble le comble du ridicule à la bonne compagnie qui la remplace cent ans plus tard », écrit Stendhal.

Au XIXe siècle, l’accélération des modes et l’industrialisation croissante infléchissent l’histoire du goût. Les manufactures mettent à la portée de classes modestes des créations jadis réservées à une élite arbitre du goût : marqueteries sciées mécaniquement, objets moulés en série, matériaux de substitution : papier mâché, ébonite, tissus enduits imitant le cuir repoussé, fonte de fer se parant de gracieux rinceaux Renaissance, alliages métalliques singeant le bronze doré.

Dans les années 1850, le goût du bibelot submerge les intérieurs. C’est pour combattre cette perversion du goût que naît alors le courant qui aboutira en 1864 à la création de l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie, future Union centrale des arts décoratifs.

Dans son roman À rebours (1884), Huysmans met en scène un esthète luttant désespérément contre la laideur. Comble du raffinement, celui-ci collectionne les fleurs naturelles imitant le mieux les fleurs artificielles.

J. C.

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