L’ensemble, qui s’inspire des châteaux aménagés par François Ier, reste sans équivalent, d’un luxe inhabituel pour une chambre masculine. Une ronde des personnages évoquant la vie de cour à la Renaissance est traitée sur fonds or dans les arcades supérieures. Les panneaux muraux sont garnis d’une tenture damas blanc et jaune, retissée d’après la commande originale passée en 1840 à la manufacture lyonnaise Grand Frères. Un nouveau vocabulaire ornemental apparaît : les pilastres corinthiens, les arabesques et entrelacs, les riches couronnes de fleurs au centre desquelles sont assises deux jeunes femmes troubadour, les nymphes nues reflétant l’art de la Renaissance de Jean Goujon qui ornent les vantaux de porte de la boiserie, tout concourt à une érotisation du décor en opposition radicale avec la retenue de l’époque Charles X.
On ne sait rien de l’ameublement d’origine qui a disparu. Le lit placé ici est un exemple rare de mobilier en fonte richement orné, qui s’est développé en France vers 1840 dans le goût Renaissance sous l’impulsion d’Aimé Chenavard et d’Henri de Triqueti. Il participe au nouveau courant qui introduit des thèmes de séduction dans le décor de l’ameublement : la naïade dénudée et les petits amours de la façade sont particulièrement proches des portes de la boiserie. A l’exubérance du décor s’ajoute le vernis faux-bois rehaussé d’or, qui fait croire à un meuble de grand luxe, alors que, comme toute fonte, ce lit est un produit de série.
France, 1840
Bois sculpté, peint et doré, stuc, soieries
Don Ville de Paris, 1935
Inv. 32425
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