Lit avec baldaquin

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Lit avec bal­da­quin, Charles Percier (1764-1838) et Pierre François Léonard Fontaine (1762-1853), Paris, 1812 © Les Arts Décoratifs

Il s’agit ici du premier modèle de lit « bateau ». Posé sur une estrade, surmonté d’un couronnement, il est composé de deux dossiers à crosse. La ligne courbe, plaquée de bois figuré, est soulignée par un riche décor de médaillons historiés sur fond bleu, réunis par des motifs d’enroulement de palmettes et de branches de pavot en bronze doré. La gravure du Recueil de décorations intérieures de Percier et Fontaine, édité en 1801, diffère peu du lit en acajou réalisé par Jacob Frères vers 1800, et conservé aujourd’hui au château de Fontainebleau. Le décor de la chambre, somptueux, puise aux sources de l’Antiquité. Une athénienne, ou lavabo, dont la cuvette repose sur un trépied s’épanouissant par des cols de cygnes, est placée devant le lit. Le mur est garni d’une tenture drapée en avant de laquelle sont suspendus deux médaillons. Au-dessus, une frise à plusieurs registres – bande de palmettes et de fleurs, alternance de cygnes et de figures allégoriques réunis par des guirlandes – est déclinée sur deux tons. La symbolique participe à l’atmosphère d’harmonie qui se dégage de cet espace voué au sommeil et à l’amour. Parmi les cinq chambres à coucher proposées par le Recueil de Percier et Fontaine, celle de Louise Hulot, épouse du général Moreau, a été réalisée. Elle gardait des traces de l’agencement des chambres au XVIIIe siècle. Selon les descriptions, le lit était couvert d’une courtepointe chamois brodée de soie violette, alors que la gravure aquarellée de Benjamin Schlick offre une gamme chromatique différente, plus proche des années 1825. Quand Percier et Fontaine, de retour d’Italie, dessinèrent un ameublement moderne pour la nouvelle clientèle apparue avec la Convention, ils offrirent une production emblématique, avant de devenir les architectes du Louvre et des Tuileries. La fortune de ce répertoire de formes ornementales mis à la disposition des dessinateurs suscita une recherche de matériaux et de techniques, et perdura au-delà de l’époque Empire. Le travail de l’architecte danois Benjamin Schlick, qui créa des décors de théâtre en France et en Europe et fit des relevés de monuments antiques en Italie, en est un bel exemple. Le Recueil de Percier et Fontaine de 1801, réédité en 1812, fut recomposé en un album factice constitué de cinquante-sept planches. Recouvert d’une reliure mosaïquée de maroquin rouge et chagrin vert, bordée de filets dorés, avec en son centre une plaque gaufrante et, aux écoinçons, des cuivres dorés représentant des sphinx affrontés, l’ensemble conservé dans un coffret en acajou à filets de cuivre resta la propriété de l’artiste.

C. B.

Jean-Pierre Samoyault et Colombe Samoyaut-Verlet, Le Mobilier du général Moreau, catalogue d’exposition, Fontainebleau, Musée national du château, Paris, Réunion des musées nationaux, 1992, p. 46-51, 67.
Odile Nouvel-Kammerer, « La création de la chambre conjugale », Rêves d’alcôves, catalogue d’exposition, Paris, musée des Arts décoratifs, Paris, Union centrale des Arts décoratifs-Réunion des musées nationaux, 1995, p. 105-110.

Lit avec baldaquin

Charles Percier (1764-1838) et Pierre François Léonard Fontaine (1762-1853), auteurs de la composition
Benjamin Gotthold, comte de Schlick (1796-1872), aquarelliste
Joseph Touvenin (mort en 1854), relieur
Paris, 1812 date d’édition, vers 1825 date de la mise en aquarelle
Gravure aquarellée
Don David David-Weill, 1937
Inv. 33761.33
© Les Arts Décoratifs

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