« Acrylic Stool »

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« Acrylic Stool », Shiro Kuramata (1934-1991), Japon, 1990 © Les Arts Décoratifs

Shiro Kuramata a conçu ce tabouret en acrylique pour la boutique Spiral, située dans le complexe commercial Axis, à Tokyo. Le designer insère dans la masse transparente de ce siège quelques plumes qui suggèrent l’idée d’un mouvement et font naître une autre dimension du temps. La chute des plumes est stoppée à l’instant T où elles sont figées dans l’acrylique : le temps s’arrête. À l’opposé du poids très lourd de ce bloc de résine, l’incroyable légèreté des plumes en apesanteur contribue à donner une impression de fragilité et d’incertitude. Leur couleur jaune capte la lumière et crée un repère concret au cœur de ce siège entièrement transparent et presque invisible. Acrylic Stool, dont l’édition est limitée à quarante exemplaires, appartient à la famille d’objets et de meubles réalisés en acrylique – tels Miss Blanche, Blue Champagne ou encore les Flowers Vase – qui semblent flotter dans l’espace et dont la présence invisible est uniquement signalée par une ligne de couleur. Impalpables, immatérielles, en lévitation, ces pièces sont la représentation allégorique d’un état spirituel. L’œuvre de Kuramata résulte de la confrontation et de la synthèse entre l’art occidental et la culture japonaise – ce qu’Issey Miyake résume très bien par la formule « East meets West ». Au Japon, le meuble tel qu’on le connaît en Occident depuis la fin du Moyen Âge n’existe pas. Les intérieurs japonais consistent en des espaces vides, séparés par des cloisons légères et amovibles, où l’on s’assoit à même le sol, sur des tatamis. Pas de meuble, hormis le tansu, un système de coffre à tiroirs, généralement intégré à l’architecture, combinant plusieurs fonctions, comme celle d’escalier ou bien de banc. Cette absence de tradition laisse la place à une réelle liberté d’invention. Bien que fonctionnelles, les pièces de Kuramata n’ont pas le statut définitif de meuble et donc évoluent entre le meuble et l’œuvre d’art. L’ensemble de son travail témoigne d’une quête spirituelle de l’immatérialité. Au Japon, après la Seconde Guerre mondiale, le climat de reconstruction s’est accompagné d’un redressement économique et d’une forte émergence du design. La plupart des grandes firmes créèrent des bureaux de design intégrés. C’est ainsi que Kuramata débuta, avant d’ouvrir en 1965 sa propre agence, le Kuramata Design Office, à l’âge de trente et un ans. Il réalisa d’abord surtout des aménagements intérieurs, restaurants ou boutiques. Puis en 1967, il dessina les Furniture with drawers, en 1968, la célèbre Pyramid Furniture et dès lors créa régulièrement de nouveaux modèles de meubles, imprégnés par son obsession du carré, de la lumière, de la transparence. En 1981, il rejoignit les designers italiens du groupe Memphis et noua une amitié étroite avec Ettore Sottsass qui réalisera la mise en scène de l’exposition « Shiro Kuramata » au musée des Arts décoratifs en 1998.

C. R.

« Acrylic Stool »

Shiro Kuramata (1934-1991)
Japon, 1990
Acrylique, aluminium, plumes, finitions en alumine coloré
H. 54 ; l. 33 ; D. 33 cm
Acquis grâce au mécénat de Fabergé, 1998
Inv. 998.262.1
© Les Arts Décoratifs

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