Chaise longue en bambou

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Chaise lon­gue en bam­bou, Charlotte Perriand (1903-1999), Japon, 1941. Adaptation de la Chaise lon­gue bas­cu­lante de 1928 de Le Corbusier / P. Jeanneret / Charlotte Perriand © ADAGP, Paris, 2012. Photo : Les Arts Décoratifs

Pendant son séjour au Japon (1940-1943), Charlotte Perriand utilisa le bambou, matériau très répandu localement, dont elle appréciait particulièrement les qualités d’élasticité. Plus de dix ans après la création de la chaise longue B 306 (1928) , elle se servit de ce matériau traditionnel pour réaliser une nouvelle version de ce symbole de la modernité. La chaise longue à réglage continu B 306 fait partie des premiers meubles réalisés conjointement par Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand. Imaginée avec l’objectif de créer « une machine à se reposer » (Le Corbusier), elle est constituée d’une structure tubulaire et d’un piètement indépendants l’un de l’autre, permettant ainsi au corps du meuble de se positionner de diverses manières. Rocking-chair lorsqu’elle est posée à même le sol, sans support, fauteuil ou chaise longue ordinaire lorsqu’elle est redressée, elle permet à l’horizontale une relaxation totale et, dans la position où les jambes sont relevées, apporte le confort d’un mobilier médical. Fabriquée en tube métallique, elle est légère et se manipule facilement. Sa production débuta en 1930 par une collaboration avec l’entreprise Thonet. Elle fut ensuite éditée sous licence par la société suisse Embrü, puis par Heidi Weber à Zurich. Ce n’est que beaucoup plus tard, en 1965, qu’elle a été éditée par l’entreprise italienne Cassina, dont les modèles sont diffusés dans le monde entier. Toujours en production, ce siège est devenu une icône du mobilier moderne. L’universalité de sa forme est explicitée par cet exemplaire unique et artisanal, réalisé au Japon. Pendant très longtemps, le Japon sut préserver une identité très forte, imperméable aux influences, pour des raisons géographiques – c’est une île – et politiques, puisqu’il a adopté une politique isolationniste pendant deux siècles. Son ouverture à l’étranger, sous l’ère Meiji (1868), lui permit de participer aux grandes expositions internationales comme celle de Vienne en 1873, de Chicago en 1893 ou de Paris en 1900. Des étudiants furent envoyés à l’étranger et des étrangers furent invités à séjourner au Japon, notamment des membres du Werkbund (Bruno Taut) et du Bauhaus (Walter Gropius). En février 1940, Charlotte Perriand reçut la proposition du ministère du Commerce et de l’Industrie japonais de venir travailler en tant que conseillère de l’art industriel. Ce fut une révélation pour elle de voir que de nombreux éléments de la modernité occidentale se retrouvaient dans la tradition japonaise : clarté, pureté, simplicité, oubli du décor au profit de la ligne droite, sobriété, harmonie des volumes et utilisation du module (le tatami) si cher à Le Corbusier… C’est dans ce contexte qu’elle se plut à créer des objets qui associent les deux cultures, japonaise et occidentale.

C. R.

Chaise longue en bambou

Charlotte Perriand (1903-1999)
Japon, 1941
Adaptation de la Chaise longue basculante de 1928 de Le Corbusier / P. Jeanneret / Charlotte Perriand
Modèle unique
H. 74 ; l. 140 ; pr. 52 cm
Don du musée Nihon Mingeikan, Tokyo, 1985
Inv. 55644
© ADAGP, Paris, 2012. Photo : Les Arts Décoratifs

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