Vase

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Vase, Jean Émile Puiforcat (1897-1945), Mexique, 1945 © ADAGP, Paris, 2012. Photo : Les Arts Décoratifs

Les recherches de Jean Puiforcat en direction de géométries nouvelles et de surfaces toujours plus unies définissent un style révolutionnaire dans le domaine de l’orfèvrerie civile et religieuse au XXe siècle. Ce style, particulièrement abouti au moment de l’Exposition internationale de 1925, suscita l’admiration des artistes et des critiques de l’époque : des surfaces souples aux galbes impeccables, sans surcharge, et des masses sobres aux mesures bien calculées selon la règle du nombre d’or. Pour le joaillier parisien Fouquet, le secret de Puiforcat « c’est la construction et l’accord raisonnable entre l’objet et la fonction, c’est l’harmonie des proportions » ; un autre de ses proches amis, le joaillier Templier, soulignait « son art marqué par une raison, une logique, une robustesse, une précision pleine de sensibilité ». Autour de Puiforcat, une jeune génération d’orfèvres et de joailliers (Raymond Templier, Jean Fouquet, Gérard Sandoz), auxquels se joignirent des décorateurs (Pierre Chareau, Pierre Legrain et Dominique), fondèrent le groupe des cinq, exposant collectivement en 1926 et 1927. Ils se rapprochèrent des décorateurs contemporains Charlotte Perriand et René Herbst, avec qui ils créèrent, en 1929, l’Union des artistes modernes (UAM), en opposition à la Société des artistes décorateurs (SAD), jugée par eux trop conservatrice. Le vase du musée des Arts décoratifs est une pièce tardive dans la production de Jean Puiforcat. À partir de 1932, l’artiste introduit des volumes cylindriques évasés dans ses formes, apportant plus de sensualité à son souci constant de rigueur géométrique. Hanté par le souvenir de la Première Guerre mondiale, il ne supportait pas l’approche d’un second conflit qui s’annonçait ni le fascisme qui commençait à gangrener l’Europe. Après un passage à Madrid puis à Lisbonne (ses enfants ayant été placés à l’abri en Suisse), il choisit de s’installer au Mexique avec sa femme Marta Estevez en 1940. Dès 1942, il fait réaliser sur place les pièces de ses dernières années de création, dont ce vase constitue une synthèse épurée : la forme tronconique, sur haut piédouche cylindrique, autour duquel s’enroulent deux ressorts placés tel un double feston, rappelle par sa construction imposante certaines des créations religieuses antérieures, exécutées autour de 1937. Ce type de décor à motif répétitif revient régulièrement au cours de cette brève période mexicaine, en prenant différentes formulations, mais avec ce même sens aigu du volume en ronde bosse.

F. B.

Vase

Jean Émile Puiforcat (1897-1945)
Mexique, 1945
Argent
H. 16 ; D. 15,5 cm
Achat, 1948
Inv. 36047
© ADAGP, Paris, 2012. Photo : Les Arts Décoratifs

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