Cabinet « L'Enfer »

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Cabinet « L’Enfer », Mattia Bonetti (né en 1952) et Élisabeth Garouste (née en 1949), Édition Neotu, France, 1998 © ADAGP, Paris, 2012. Photo : Les Arts Décoratifs

Le tandem formé par Élisabeth Garouste et Mattia Bonetti joue ici avec l’idée du cabinet d’amateur, qui renvoie à un meuble-armoire sensé protéger des regards extérieurs les objets précieux d’un collectionneur. Réalisé en 1998, édité par la galerie Neotu en huit exemplaires, ce cabinet contemporain rompt avec la vision qu’on pourrait attendre d’un meuble clos comme un coffre-fort. L’Enfer est composé de vingt-huit plaques de terre cuite émaillées, fixées par des cabochons à une structure en fer forgé peint, évoquant des piquants ou des ronces rougeoyants. Le rouge vif et l’expressivité « emprisonnante » des fers forgés ont inspiré aux deux créateurs le titre du cabinet. Ornemental et constitué d’entrelacs ouverts, il semble modelé directement dans les matières brutes qui le composent : le fer et la terre. Des interstices entre les plaques de céramique et leur sertissage de fer ajoutent à la curiosité et au mystère. L’esprit d’un meuble de théâtre se met en place avec des moyens simples : le jeu sur les couleurs fortes et les rapports de matières inattendus. L’idée de la cage de métal n’est pas nouvelle dans les créations de Garouste et Bonetti : ils avaient déjà appliqué des rhizomes en fer forgé sur le corps en bois d’une commode exécutée en 1990. Les découpes libres et la juxtaposition des plaques sont à rapprocher d’autres projets antérieurs, où l’idée de mosaïque prédominait, comme dans la collection de mobilier réalisée en 1989 et intitulée Patchwork. Au début de leur carrière, dans les années 1980, Garouste et Bonetti ont été à l’initiative d’une réinterprétation des formules décoratives baroques, qui n’avaient pas été revisitées en France depuis les grands décorateurs des années 1940. Toutes leurs créations sont chargées de références littéraires ou plastiques : ils définissent leur travail comme un rapport d’images ou comme un « puzzle », et recherchent dans les meubles et les objets une capacité à « raconter des histoires ». La liberté avec laquelle ils imaginent leur mobilier peut se concrétiser grâce à l’excellence des nombreux artisans qui collaborent à leur exécution, notamment l’atelier de céramiques Jakubec et les forges de Coligny, qui ont réalisé ce cabinet spectaculaire.

F. B.

Cabinet « L’Enfer »

Mattia Bonetti (né en 1952) et Élisabeth Garouste (née en 1949)
Édition Neotu
France, 1998
Fer forgé et terre cuite émaillée, plaque de verre
H. 103 ; l. 135 ; pr. 48 cm
Dépôt du Fonds national d’art contemporain, 1999
Inv. FNAC 980709-1 à 130
© ADAGP, Paris, 2012. Photo : Les Arts Décoratifs

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