Vitrail « Le Printemps »

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Vitrail « Le Printemps », Eugène Grasset (1845-1917), car­ton, et Félix Gaudin (1851-1930), exé­cu­tion, Paris, 1894 © Les Arts Décoratifs

Le Printemps et son pendant, Après-midi d’automne, furent exposés dans la section architecture du Salon du Champ-de-Mars en 1894. Ce vitrail aux riches coloris présente une composition simplifiée qui demeure cependant naturaliste. Il est représentatif de cette fin du XIXe siècle, où peinture et arts décoratifs sont étroitement liés, à l’exemple des nabis et de Paul Gauguin. Toutefois, la parenté stylistique la plus évidente vient de l’affiche : exaltation de la couleur posée en aplat, simplification de la forme, cernes noirs qui confèrent un aspect cloisonné au dessin, et que l’on retrouve transcrit dans le vitrail lorsque le verre est enchâssé dans le plomb. Eugène Grasset s’est fait connaître des milieux artistiques en illustrant la couverture de l’Histoire des quatre fils Aymon (1883) qui fit date dans l’histoire du graphisme et de l’Art nouveau par la nouveauté de sa composition : le texte et l’image s’interpénètrent et le cadrage s’inspire de l’art japonais. C’est toutefois grâce à son dessin La Semeuse, accompagné de la formule : Je sème à tout vent, réalisé en 1890 pour Larousse, qu’il acquit la notoriété. Il dessina de nombreux projets destinés aux arts appliqués (affiches, illustrations, bijoux…) Théoricien, il aimait transmettre ses connaissances ; il enseigna et donna des conférences, livrant sa réflexion sous forme de préceptes qui régissent l’ensemble de son travail : « La forme des objets ornés doit être adaptée à l’usage… La matière oppose une limite à la représentation exacte des objets naturels… » En 1896, il publia La Plante et ses applications ornementales, source d’inspiration pour de nombreux créateurs. À partir de 1897, il collabora aux revues Art et Décoration et L’Estampe et l’Affiche. Il enseigna l’« histoire et le dessin de la lettre » à l’école Estienne jusqu’à sa mort. Pour la réalisation de ses projets, Grasset s’entourait de professionnels reconnus : la maison Vever pour le bijou, le peintre, verrier et mosaïste Félix Gaudin pour le vitrail. Ce dernier avait repris en 1879 à Clermont-Ferrand un atelier verrier réputé, l’un des premiers fondés en France, et qui produisait des vitraux civils et religieux, ainsi que des mosaïques. La rencontre des deux hommes fut à l’origine d’une collaboration et d’une amitié indéfectible qui furent marquées par la réalisation de vitraux pour la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans et de verrières pour la Chambre de commerce de Paris.

H. A.

Jean-Paul Bouillon, Journal de l’Art nouveau, Genève, Skira, 1986.
Jean-François Luneau, « Félix Gaudin (1851-1930). Peintre verrier et mosaïste », mémoire de D.E.A. en histoire de l’art, Université Clermont-Ferrand II, Blaise-Pascal, 1992.

Vitrail « Le Printemps »

Eugène Grasset (1845-1917), carton
Félix Gaudin (1851-1930), exécution
Paris, 1894
Verre et plomb
Signé et daté en bas à gauche : E . GRASSET del / F . GAUDIN pinx / Paris 1894
H. 294 ; l. 132 cm
Achat, 1894
Inv. 8003
© Les Arts Décoratifs

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