Six objets en cristal opale d'Epoque Restauration

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Pendule aux dau­phins, époque Restauration (1814-1830), Opaline « bleu de lin », côtes et poin­tes de dia­mant taillées, mon­ture en bronze doré. Pendule : H. 0,38 m ; l. 0,18 m ; balan­cier : H. : 0,23 m, Inv. 2006.23.7, Don de Mme Edmée Indig-Guérin © Les Arts Décoratifs

Le musée des Arts décoratifs a reçu le don de six objets en cristal opale d’Epoque Restauration, pour la plupart ornés de bronze doré : une pendule aux dauphins, une aiguière et un vase à anses col de cygne, deux flacons boule, ainsi qu’un élégant panier à anse serpents. Complétant son important don de l’année 2000 (inv. 2000.75.1-28), Mme Indig-Guérin enrichit ainsi les collections du musée d’un nouvel ensemble de pièces de très grande qualité.

Exceptionnel, ce don l’est à plusieurs titres : originalité formelle, qualité des bronzes dorés et surtout très grande rareté et variété des couleurs. Rappelons que les principaux composants de l’opacification du cristal sont à cette époque la cendre d’os, l’étain ou l’arsenic et que les « couleurs d’opale » s’obtiennent par addition de sels ou d’oxydes métalliques. Dès 1827, la gamme des coloris est déjà très étendue. La maîtrise progressive des différents colorants permet d’obtenir des nuances nouvelles.

La spectaculaire pendule ornée de deux dauphins en bronze doré est le premier objet de teinte dénommée à l’époque « bleu de lin » à entrer dans les collections. Développé vers 1825, ce coloris, obtenu par addition d’oxyde de cobalt, est également appelé « bleu empois », en référence au bleu d’empois servant à l’azurage du linge. De couleur dite « jade », le petit vase est une autre rareté, de par sa teinte difficile à obtenir par addition d’oxyde de cuivre et d’oxyde de fer, mais aussi en raison de sa belle translucidité. Avant d’intégrer celle du donateur, il appartenait à la prestigieuse collection Castille, dispersée à Versailles en 1991, tout comme la fausse paire de flacons boule, roses gorge de pigeon, portant un décor de guirlandes de fleurs typiques de l’atelier de J. B. Desvignes. Débutée en 1932 auprès de marchands parisiens dont l’antiquaire Roger Imbert, cette collection comprenait également l’imposante aiguière à anse « col de cygne », aux proportions massives et au beau décor taillé. Enfin, le petit panier savamment modelé est un des rares exemples d’opaline réunissant quatre couleurs assemblées à chaud. Cas unique, cette technique, qui n’est connue que sur de rares coupes données en 1828 par la manufacture de Bercy (1827-1867) au musée de Sèvres, est ici complétée par un décor peint non vitrifié, exécuté avec des couleurs végétales, spécificité de l’atelier de J.B. Desvignes.

Avec ce nouveau don, les deux vitrines du musée, déjà très riches, grâce au legs de Mme Mathilde Sée, au don de M. William Odom et au legs de Mme King, présentent un ensemble de cristaux opales français sans aucun équivalent, tant par la qualité des formes et des montures que par la variété des couleurs et des décors, taillés ou peints.

Véronique Ayroles, assistante de conservation au département du verre du musée des Arts décoratifs

Six objets en cristal opale d’Epoque Restauration
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