
Enfin, les collections du musée comportent les buffets, dressoirs (inv. 41689 et 41690) et chaises (inv. 41694 à 41699) provenant de la salle à manger que Madame Seure, fille de Charles Gillot, avait commandés à Grasset en 1905 et qui ont été réalisés dans le même esprit que celles conçues pour son père (don de Madame Richard,1968).
L’ensemble du mobilier qu’Eugène Grasset a créé pour Charles Gillot révèle la grande originalité de sa démarche. Comme pour les autres meubles, chaque détail de la structure des chaises est sculpté d’un foisonnement de motifs historicistes, qui voisinent avec des thèmes plus étranges d’inspiration symboliste. Griffes de lions vigoureuses, colonnettes torses, rangs de perles décroissantes, rosaces mouvementées traduisent le souci qu’a eu Grasset de renouveler le vocabulaire ornemental.
La construction de ces sièges révèle l’intérêt que l’auteur a porté aux leçons de Viollet-le-Duc. S’inspirant de l’arc-boutant, il prolonge le montant du dossier en une audacieuse diagonale qui sert de pied avant, sur laquelle il pose une petite béquille en appui pour soutenir l’assise. Les chaises de 1881 annoncent la version modifiée de 1905 que Grasset a créée pour Madame Seure. Elles constituent un maillon intéressant et peu connu dans les recherches qui aboutiront au porte-à-faux moderne.
Odile Nouvel-Kammerer, conservatrice en chef au musée des Arts décoratifs, département XIXe
Eugène Grasset (1845-1917) (dessin)
Fulgraff (ébénisterie et sculpture)
Chêne sculpté, textile, métal
H. 1,06 m ; L. 0,46 m ; P. 0,41 m.
Inv. 2004.24.1-2
Don de Madame Gabrielle Richard, Paris
Les Arts Décoratifs 107, rue de Rivoli 75001 Paris
- tél. : 01 44 55 57 50




