Lieutenant Nissim de Camondo en 1917 © Les Arts Décoratifs

Nissim de Camondo et la Grande Guerre 1914-1917

Journal de campagne du maréchal des logis N. de Camondo du 3e Hussards, 4e Escadron

Du 18 au 24 août

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Bataille de la Marne : Nos « 75 » détruisent les ponts ennemis !

Les hommes poursuivent leurs déplacements à pied ou à cheval selon les circonstances. Nissim de Camondo signale d’ailleurs par lettre avoir « usé déjà deux chevaux ». Les hommes des différents corps avancent à tour de rôle et quand la cavalerie cesse, ce sont les fantassins et l’artillerie qui prennent les avant-postes. La différence entre l’armement allemand et le canon français de 75 est notée par les combattants. Première pièce d’artillerie à compenser le mouvement de recul occasionné lors du tir, le « 75 », précis, mobile et doté d’une cadence de tir élevée, est particulièrement efficace en cette guerre de mouvement et les obus tirés atteignent leurs cibles avec une grande régularité.
Si le terme d’« escarmouche » est passé dans le langage courant, il est effectivement dans son sens premier un « combat entre des corps détachés ou entre des tirailleurs » (dictionnaire Littré) et c’est un mot que l’on retrouve souvent dans les récits de la Grande Guerre.

Mardi 18 août
3 heures du matin départ pour Sar, St Laurent. Incendie des chevaux de Mr de Metz.

Mercredi 19 août
Repos.

Jeudi 20 août
Traversée de Charleroi, Courcelles ; arrivée à 9h. soir Pont-à-Celles. Fusillade ; on se retranche dans une ferme.

Vendredi 21 août
Escadron de découvertes : uhlans, patrouilles, félicitations, obus, fusillade, ponts coupés, galopade. Ct Carrière ; Lieutt d’Argenlieu escarmouche premier blessé, cuisse cassée coup de feu. Légère retraite ; nous canardons notre ancienne ferme.
En route : Piéton, Carnières. Halte de 10h à 12h. sur la route. Arrivée à 7h. du matin à Merbes-Sainte-Marie. Premiers Anglais.
Repos.

Dimanche 23 août
Garde d’un pont ; tir sur aéroplane. (Rencontre de Colnard). A 4 heures on quitte le terrain. Maubeuge ; cantonnement à Hargnies.

Lundi 24 août
Départ à 3 h. après midi ; arrivée à Berlainmont à 6 heures. (Plantain).

Du 11 au 17 août

Nissim de Camondo en costume de hussard
Nissim de Camondo en costume de hussard
© Paris, Les Arts Décoratifs

Dans les lettres qu’il adresse à son père, Nissim de Camondo évoque avec ardeur, l’accueil « inimaginable » du peuple belge. Alors que des centaines de milliers de civils prennent le chemin de l’exil, les combats s’intensifient aux frontières franco-belge et franco-allemande. Les attaques éclair allemandes se multiplient, forçant la 3e division de cavalerie à cantonner de ville en ville. Les troupes sont épuisées mais le moral est sauf. Le 15 août, lors de la bataille de Dinant survenue à l’aube, Charles de Gaulle, un jeune lieutenant de l’infanterie de 24 ans, est blessé. Nissim signale la mort d’un de ces cavaliers lanciers qui pouvaient être originaires de Prusse, de Saxe, du Wurtemberg ou de Bavière. Le Gaulois du 17 août 1914 relève : « Cette attaque, menée avec un brio magnifique, a bientôt amené les Allemands à reculer […]. L’élan admirable de nos troupes a enthousiasmé les Belges. »

Mardi 11 Août
Départ à 5 heures, escorte train de combat. Haut-Fays. Capitaine Esnault-Pelterie. Cantonnement ignoble à Naomé.
Omelette 18 frs ; dodo corps de garde.

Mercredi 12 août
Grande ballade ; recherche division ennemie ; chaleur torride ; abandon cheval de troupe. (Bernard, Paul Murat).
Cantonné à Vonêche ; soupe prête.

Jeudi 13 et vendredi 14 août
Repos ; de garde au château.

Samedi 15 août
A 2 heures du matin départ. Beauraing. Soutien d’infanterie ; patrouille.
Bataille de Dinant. Enterrement d’un Uhlan comme un chien.
Passage de la Meuse à Hastière.
Cantonnement à 1 heure du matin. (12 kilom. de trop). Bon lit.

Dimanche 16 août
On rejoint le régiment. Orage diluvien ; cheval déferré. Cantonnement à Novechamps.

Lundi 17 août
Repas froid ; 12 h. à Leroux.
Cantonnement à Fosse.

Du 4 au 10 août

Carte de la concentration des armées belge, britannique et françaises en août 1914
Carte de la concentration des armées belge, britannique et françaises en août 1914

Alors que la mobilisation générale se poursuit dans « l’enthousiasme » rapporte Le Temps, les Allemands entrent en Belgique pour atteindre la France. L’état de siège est déclaré, l’ennemi avance. Pour autant, le moral des Alliés est bon. Les assauts réguliers des troupes françaises mettent l’adversaire en déroute et l’oblige en partie à reculer jusqu’à Aix-la-Chapelle ; à Liège, les pertes sont importantes du côté allemand ; le 9 août, Altkirch et Mulhouse sont reprises par les Alliés ; en outre, et comme Nissim de Camondo en fait l’expérience, les escarmouches victorieuses se multiplient et passent pour « un symptôme […] de l’avantage que nous avons pris » explique la presse française. En Belgique, on célèbre donc les soldats alliés et on salue la situation comme une première victoire. Cependant, autour de Liège et dans la région de l’Eifel où cantonne la compagnie de Nissim, les « troupes allemandes semblent se refaire et se réapprovisionner », le vent s’apprête à tourner.

Mercredi 5 août
Départ pour Le Daincourt (Charleville et Mézières)

Jeudi 6 août
Par Floing et Bouillon, entrée en Belgique (femmes, drapeaux, ovations). Cantonnement à Ucimont.

Vendredi 7 août
Autobus, premier contact, pluie battante. Cantonnement à Gozin près de Beauraing.

Samedi 8 août
Randonnée vers Liège, par Ciney. Premiers prisonniers ; escarmouches.
9 heures soir : 3 hommes perdus. Passage triomphal à Ciney. Bivouac à Modave, près Ciney.

Dimanche 9 août
Retour à Gozin. Chaleur torride. 160 kilom. En 30 heures.

Lundi 10 août
Repos.

Du 1er au 2 août 1914

Ordre de Mobilisation générale
Ordre de Mobilisation générale

Après avoir engagé le conflit contre l’Autriche-Hongrie et la Serbie le 28 juillet, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie le 1er août ,et, le lendemain, à la France et à la Belgique. Avant même la mobilisation générale, Nissim de Camondo rejoint son régiment de hussards à Senlis. Cavalier confirmé, il fait partie du corps de cavalerie du général Sordet et part vers l’est à avec le 4e escadron dont le capitaine Gabarrot assure le commandement : 165 kilomètres jusqu’à Auvillers-les-Forges, puis 2 kilomètres jusqu’à Foulzy dans les Ardennes.

C’en est fini de la paix, même si ces premiers jours sont étonnamment calmes. Le 3 août, Nissim écrit une première lettre à son père « […] Je ne peux pas me figurer que je suis à la guerre. Tout se passe comme en manœuvre et le moral est merveilleux. […] »

A l’arrière, en ce début du mois d’août, nombre de particuliers inscrits dans les colonnes « patriotisme et charité » du Gaulois, dont le baron Henri de Rothschild ou la danseuse Isadora Duncan, transforment demeures privées et hôtels particuliers en hôpitaux militaires.

Samedi 1er Août
Départ du régiment (4e escadron).

Dimanche 2 Août
2e échelon ; débarquement à Auvillers ; Cantonnement à Foulzy jusqu’au 5.

Présentation du projet

Afin de rendre hommage au lieutenant pilote aviateur Nissim de Camondo (1892-1917), fils du comte Moïse de Camondo et héros de la Première guerre mondiale, nous vous convions à suivre ce jeune homme attachant, cet officier engagé dès la première heure au sein du 3e régiment de hussards, à travers la lecture de son journal de campagne.

Celui-ci retrace de façon presque quotidienne, ou plus espacée dans le temps, les événements et faits qu’il a eu à cœur de rapporter dans des conditions souvent difficiles, au fil de ses trois années de guerre.

Pour que perdure la volonté de Moïse de Camondo de « (…) perpétuer la mémoire de mon père le comte Nissim de Camondo et celle de mon malheureux fils, le lieutenant pilote aviateur Nissim de Camondo, tombé en combat », lisez et partagez ces lignes. Découvrez ces mots « écrits au crayon parce que les plumes du caboulot sont exécrables » dans un petit carnet désormais jauni, mais aux lettres encore lisibles, qui éclairent la nature d’un engagement héroïque.

Si vous disposez d’informations ou photographies concernant Nissim de Camondo, ses camarades de combat ou les événements qu’il relate, nous vous invitons à les partager : nous nous en ferons l’écho.

100 APRÈS, RETROUVEZ SUR TWITTER AU JOUR LE JOUR LES LIGNES ÉCRITES PAR NISSIM DE CAMONDO DANS SON JOURNAL : @NDECAMONDO

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